17 septembre 2017

RETROUVER LE SENS ET LA PRATIQUE DU JEÛNE EUCHARISTIQUE

Qu’est-ce que le jeûne eucharistique ?

C’est le fait de s’abstenir de toute consommation d’aliment et de toute boisson autre que l’eau pendant une certaine durée avant la communion. Il s’agit d’une exigence spirituelle destinée à nous préparer à recevoir l’Eucharistie avec respect et en vérité en y associant notre corps. Aujourd’hui, cette pratique est oubliée ou négligée alors qu’elle demeure riche de sens et source de grâces. Nombreux sont les catholiques qui ignorent que l’Eglise demande encore de nos jours de la respecter.

Historique de la question de la durée.

Cette durée a varié selon les époques. Le Code de Droit canonique de 1917 prescrit de se priver de nourriture solide et de boisson y compris l’eau depuis minuit la veille jusqu’à la communion. En 1957, Pie XII, par le Motu proprio Sacram Communionem, fixe la durée du jeûne eucharistique à trois heures pour la nourriture et les boissons alcoolisées et à une heure pour les autres boissons excepté l’eau. Au cours du Concile Vatican II, Paul VI, réduit le jeûne à une heure. Enfin, le nouveau Code de Droit Canonique, publié en 1983 par Jean-Paul II, indique au canon 919 : « Qui va recevoir la très sainte Eucharistie s’abstiendra au moins une heure avant la sainte communion, de prendre tout aliment et boisson, à l’exception seulement de l’eau et des médicaments ». Un paragraphe précise que « les personnes âgées et les malades, ainsi que celles qui s’en occupent, peuvent recevoir la très sainte Eucharistie même si elles ont pris quelque chose moins d’une heure auparavant ». Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (1992) enseigne également ceci au n° 1387 : « Pour se préparer convenablement à recevoir ce sacrement, les fidèles observeront le jeûne prescrit dans leur Eglise. L’attitude corporelle (gestes, vêtement) traduira le respect, la solennité, la joie de ce moment où le Christ devient notre hôte ».

Quelle est la durée souhaitable ?

Une durée longue de ce jeûne peut être excessive mais une durée courte peut s’avérer insignifiante. Quiconque comprend l’esprit de la loi sur ce sujet aura à cœur de ne pas s’en tenir à un minimum chronométré. Est-on crédible, par exemple, lorsqu’on prétend pratiquer le jeûne eucharistique alors que l’on termine son petit déjeuner à 9h45, juste pour être à l’heure à la Messe qui débute à 10h, et que l’on communie ensuite vers 10h40 ? Dans cet exemple, où est l’effort de préparation, de respect et de délicatesse envers le Seigneur ? Même remarque pour celui qui termine un repas ou prend un café quelques minutes avant de se rendre à la chapelle ou de partir à l’église. Il n’est pas convenable de  passer ainsi brutalement de la table de la nourriture à la Table du Seigneur. L’esprit de la loi du jeûne eucharistique est qu’il y ait un temps significatif avant la Messe où on se détourne de certaines activités à commencer par celle de manger afin d’orienter son âme et son corps vers la Rencontre du Bien Aimé. Et puisque le texte ne dit pas « une heure avant la communion » mais « au moins une heure », donnons un véritable sens à notre jeûne en le rendant digne de ce nom en nous imposant de le respecter non pas une heure juste avant la communion mais une heure avant le début de la Messe. Cette durée d’une heure avant le début de la Messe permet également de rendre visible  cette discipline qui doit être joyeuse, de la vivre ensemble, et d’apporter communautairement le témoignage que ce qui se prépare est particulièrement grand et mérite la plus grande prévenance à l’égard du Christ.

Le jeûne eucharistique ne concerne pas que la nourriture et la boisson.

L’abstinence de nourriture et de boisson permet de faire participer son corps à l’attente du Seigneur, mais il va de soi que cela perd de son sens si l’âme ne se prive pas en même temps des biens qui pourraient nuire à cette préparation. C’est dans le silence du cœur que Dieu parle. Aussi est-il nécessaire d’éviter les activités qui provoquent un tumulte intérieur ou qui sont trop désinvoltes par rapport à la rencontre que nous nous apprêtons à vivre. Aller à la Messe, c’est comme recevoir un ami dans sa maison : il s’agit d’être le plus accueillant possible et cela passe par un certain « ménage » à l’intérieur de soi. A titre d’exemple, cela demande des choix comme celui de laisser la radio éteinte dans cette heure qui précède le début de la Messe notamment dans la voiture lorsque nous nous rendons à l’église.

La raison fondamentale du jeûne eucharistique

Le temps de la rencontre avec le Seigneur tout au long de la Messe, et spécialement au moment de l’Eucharistie, n’est pas un temps comme un autre. Pour être vécu pleinement il demande une préparation et certaines dispositions d’amour et de respect. On ne va pas à la Messe comme on va faire ses courses ou comme on participe à des activités de loisir. Entrer dans le jeûne eucharistique, c’est en quelque sorte se mettre en marche vers le Seigneur. C’est déjà lui donner la première place et l’honorer. Jeûner, c’est avoir faim de Dieu. C’est orienter son cœur pour accueillir et recevoir les dons de celui qui est la Vie. Marthe Robin disait qu’ « une communion sans préparation et sans action de grâces est de bien peu d’utilité ». L’Eucharistie devrait nous transformer davantage. Pour que Dieu agisse en profondeur et avec puissance, le cœur doit être grand ouvert. Avant le temps de la communion, il y a le temps du désir. Notre conversion et notre sanctification sont à ce prix. D’où la nécessité de retrouver aussi (ou de découvrir) le temps du recueillement avant le commencement de la célébration et le temps de l’action de grâces après l’envoi. Tout cela suppose un certain silence qui, le plus souvent, a malheureusement disparu dans nos pratiques paroissiales. N’ayons pas peur du silence et osons apporter ce témoignage de foi et d’amour du Christ dont le monde a tant besoin.

Qu’est-ce que l’Eucharistie ?

Pour se persuader de l’importance de cette préparation, nous devons nous remettre en présence de la signification profonde de l’Eucharistie et de l’enjeu de la Messe. Jean-Paul II nous y aide dans l’encyclique Ecclesia de Eucharistia (L’Eglise vit de l’Eucharistie) de 2003.

Il s’agit avant tout, explique-t-il, d’un événement surnaturel dans lequel on fait une rencontre personnelle avec Dieu. C’est « un coin du ciel qui s’ouvre sur la terre » (n°19). L’Eucharistie est « la source et le sommet » de la vie chrétienne, l’ « œuvre de notre rédemption », « le trésor le plus grand ». L’Eucharistie étant ce que nous pouvons recevoir de plus grand, nous devons l’aborder comme le moment le plus sublime, et le plus sacré.

Dans le même document, Jean-Paul II prend grand soin de rappeler que « la Messe rend présent le sacrifice de la croix » que c’est « le sacrifice du Seigneur », « un sacrifice au sens propre » (n°12 et 13). Recevoir le Corps du Christ, c’est recevoir le Christ Lui-même et communier à sa croix et à son sacrifice, à sa résurrection et à sa gloire.

La pratique ferme et régulière du jeûne eucharistique permet précisément de ne pas réduire en le banalisant ce moment inouï. S’unir au Christ de tout notre cœur, revivre ce sacrifice, recevoir la Vie qui nous sauve justifie que nous prenions conscience de l’importance de ce jeûne et que nous le pratiquions avec joie.


09 septembre 2017

EVENEMENTS MARQUANTS DE L'HISTOIRE DE LA POLOGNE

966 : Naissance de la Pologne chrétienne par le baptême de Mieszko 1er, prince du peuple des Polanes, après avoir épousé en 965 la princesse Dobrava,  la sœur du duc de Bohême, elle-même catholique. Mieszko est à l’origine de la dynastie des Piast (960-1370).

956-997 : St Adalbert, évêque de Prague, mort martyr en Prusse païenne. Evangélisateur et Patron de la Pologne.

Début du XIème siècle : « Sous le règne de Boleslas, premier roi de Pologne en 1025, la femme était considérée comme un instrument, et ne jouissait guère des droits d’une personne humaine. Son rôle se ramenait fréquemment à celui d’esclave. Et les mauvais traitements, allant parfois jusqu’à la mort, n’étaient pas rares. Dans certains endroits, l’on pratiquait la mort rituelle de l’épouse, après le décès de son mari. Et voilà, que le christianisme, avec le culte particulier de Marie, élevait la femme à la dignité de l’homme. »  Léon Kolodziej, Il y a mille ans naissait la Pologne, 1965

1030-1079 : St Stanislas, évêque de Cracovie en 1072, est tué par le roi Boleslas II au cours d’une messe pour avoir dénoncé sa conduite et pour l’avoir excommunié. Patron de la Pologne.

1241 : Bataille de Legnica. « La Pologne arrête l’invasion des Mongols en Europe. L’entreprise eut un prix très élevé. La ville de Legnica fut totalement détruite par les Mongols, qui décidèrent toutefois ensuite de se retirer. »  Jean-Paul II, Mémoire et identité, p.166

1386 : La reine de Pologne, Hedwige d’Anjou et le grand-duc de Lituanie, Ladislas II Jagellon, signent un accord qui unit la Pologne et la Lituanie sous la dynastie des Jagellon jusqu’en 1572. L’ensemble constitue l’un des plus grands pays d’Europe jusqu’à plus d’1 million de km2 et une puissance politique, militaire et économique. Cette union facilita l’issue victorieuse des guerres avec l’Ordre des chevaliers teutoniques.

1572 : Passage de la monarchie héréditaire à la monarchie élective. Une partie des nobles qui constituent 15% de la population choisissent le roi parmi des candidats polonais ou étrangers. Le premier roi est Henri, futur Henri III, roi de France. Ensuite, le pouvoir des nobles prit une telle importance qu’aucune loi ne pouvait plus être acceptée si elle n’était pas votée à l’unanimité. Cette situation eut pour conséquence d’affaiblir de plus en plus la Pologne.

1655 : Invasion suédoise stoppée à Czestochowa devant le sanctuaire marial de Jasna Gora.

1656 : Le roi Jan Kazimierz consacre le royaume, l’Eglise et le peuple polonais à la Vierge de Czestochowa qui demeure depuis ce temps la Reine de la Pologne. Extrait : « Nous supplions Marie de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, qu’il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. »

1683 : Jean III Sobieski, à 1 contre 10, sauve l’Europe du danger ottoman à Vienne.

La Pologne est un pays de tolérance religieuse où il n’y a pas eu de guerres de religion. Fin XVIIème,  plus des ¾ des Juifs du monde entier vivent en Pologne.

1772, 1793, 1795 : Trois partages successifs de la Pologne entre la Prusse, l’Autriche et la Russie. Au terme, la Pologne disparaît entièrement de la carte de l’Europe. L’occupation dure jusqu’en 1918, soit 123 ans d’inexistence politique ! Les polonais maintiennent et transmettent cependant leur culture, leur langue, leurs valeurs traditionnelles, le sens de leur patrie, en un mot leur identité.

1830, 1863 : Deux grands soulèvements qui ne débouchent pas.

1848 : Julius Slowacki, poète polonais annonce un pape slave. « Au milieu des querelles le Seigneur frappe sur une cloche immense : Et voici qu’à un pape slave, Il a ouvert le trône … Son visage, irradié par la parole, sera la lampe des serviteurs. Les foules grossissantes le suivront vers la lumière où est Dieu … Sa puissance sera miracle … Il distribuera l’amour comme aujourd’hui les puissants les armes. Il montrera une force sacramentelle prenant le monde dans sa main …Il apportera la santé, attisera l’amour et sauvera le monde. Dans les églises, il nettoiera l’intérieur, balaiera le seuil. Et dans la créativité du monde révèlera Dieu aussi clair que le jour. »

A ce sujet, voici ce qu’écrivait André Frossard en 1988 : « De singuliers changements suivent toujours les déplacements du Saint Père : les Philippines, Haïti, Chili, Pologne … Ce Pape me fait l’effet d’une boule dans un jeu de quilles. »  Portrait de Jean-Paul II

1920 : La bataille de Varsovie ou « Le miracle de la Vistule », selon une expression très chère à Jean-Paul II. Le maréchal Pilsudski parvient à mettre en déroute une immense armée russe lancée par Lénine à la conquête de l’Europe.

1/09/1939 : Invasion par l’Allemagne et 1/17/1939 : Invasion par l’URSS. La Pologne disparaît de nouveau.

1939 : 2/3 des Juifs européens vivent en Pologne. 3000 polonais seront déclarés « justes parmi les Nations » par l’Etat d’Israël, soit plus d’1/3 du nombre total.

Pendant la guerre 1939-1945, les polonais luttent sur de nombreux fronts. Ils constituent, par leurs effectifs,  la 5ème armée alliée et même la 2ème (derrière la G.B.) après la défaite française de 1940 et avant l’entrée en guerre des américains.

Du 1/08/1944 au 2/10/1944 : Insurrection de Varsovie. Les soviétiques n’interviennent pas.

1953-1956 : Arrestation et emprisonnement du primat de Pologne, Mgr Wyszynski. Durant sa détention, il élabore un plan de renouveau et de conversion : La grande neuvaine de prière pour préparer la célébration du millénaire chrétien de la Pologne en 1966.

1956 : Plus d’un million de pèlerins à Czestochowa se consacrent à Notre-Dame par un texte que Mgr Wyszynski a réussi à leur faire parvenir de  sa prison. Les pèlerins font le serment que la Pologne devienne le royaume de Marie et de son Fils.

1956, 1970, 1976 : Manifestations des ouvriers, révoltes populaires.

1957-1966 : Neuvaine de prière. Année 1 : « Les Polonais feront cause commune pour conserver la foi, l’amour de la croix et de l’Evangile, et pour rester fidèles à la Sainte Eglise, à son Pasteur suprême et à la patrie chrétienne. » Année 3 : « Ils veilleront sur l’intégrité du foyer chrétien et sur la vie en formation. » Année 5 : « L’éducation de la jeunesse sera conforme à l’esprit de l’Evangile, aux mœurs chrétiennes et aux traditions séculaires. » Année 6 : « Un effort commun sera fait pour que tous les fils de la Pologne vivent unis dans un esprit de justice sociale et d’amour fraternel. » Année 9 : « On imitera les vertus de Marie en propageant la dévotion à la Mère de Dieu. »

1966 : Paul VI parlant de la Pologne : « la fille toujours fidèle de l’Eglise » ; « le rempart de la chrétienté ».

16/10/1978 : Karol Wojtila, évêque de Cracovie, est élu Pape.

2-10/06/1979 : Premier voyage de Jean-Paul II en Pologne.   

1979 : 589 ordinations.

1980 : Naissance de Solidarnosc et grèves.

12-13/12/1981 : La loi martiale est proclamée. Un millier de dirigeants dont Lech Walesa sont arrêtés et emprisonnés.

19/10/1984 : Martyr du Père Popiéluszko.

1988 : 1149 ordinations.

1989 : Chute du gouvernement communiste.

1990 : La Pologne devient un pays démocratique. Lech Walesa est élu Président.

1991 : JMJ à Czestochowa.     

2016 : JMJ à Cracovie.

19/11/2016 : Acte solennel de réception de Jésus-Christ comme Roi et Seigneur de Pologne en présence des évêques, du Président de la République, du premier ministre, des présidents de la Diète et du Sénat.

 

 

08 septembre 2017

LES VIOLENCES PROTESTANTES ANTERIEURES AU MASSACRE DE LA SAINT-BARTHELEMY (1572)

  Cet article a pour but de réparer une injustice. Dans les médias et à l’école, en France, on ne retient des guerres de « religion » que  le massacre de la Saint-Barthélemy. De cette manière, il est suggéré que la violence est venue du catholicisme et qu’elle a été essentiellement catholique bien que cela ne corresponde pas à la réalité historique. La mémoire entretenue de ce triste et sordide événement ne doit pas faire oublier les violences protestantes qui l’ont précédé et préparé. La liste des destructions et des exécutions qui suit est loin d’être exhaustive et certains chiffres concernant les victimes varient selon les sources.

1550 : Un tiers de la noblesse française est calviniste.

  Selon François Bluche, historien protestant : « Du côté protestant, on espérait au début, convertir la France par le fait du prince ou par les armes. A cette époque, quasiment personne, ne penchait vers la tolérance dans le sens moderne du terme ». (Famille Chrétienne du 9/04/1998).

  Dans les années 1550-1570, les protestants s’en prennent au patrimoine religieux spécialement en 1561, 1562, 1563, 1567, 1570. Les vagues iconoclastes se succèdent. Les huguenots s’acharnent à détruire tout ce qui témoigne de la foi des ancêtres : cathédrales, églises, chapelles, presbytères, objets de culte, autels, statues de Marie et des saints, fresques, vitraux, mobilier, reliques, croix, calvaires, tombes. Une autre vague aura lieu sous Louis XIII dans la décennie 1620-1630. Bilan : 20 000 églises et monastères fortement endommagés, brulés ou rasés. Des destructions supérieures à celles pratiquées par les révolutionnaires de 1792-1794.

1557 : Tentative d’assassinat sur Henri II par un protestant.

1560 : Tentative d’enlèvement du jeune roi François II à Amboise par Condé et Coligny.

1561 : Catherine de Médicis autorise cependant la construction des temples.

1561 : A La Rochelle, les protestants enferment les catholiques dans l’église Saint-Barthélemy et y mettent le feu.

1561 : A Saintes, les calvinistes bombardent la cathédrale.

1561 : A Orange, 1500 huguenots profanent les églises, égorgent les opposants et massacrent un millier de paysans. La cathédrale est pillée. (Vincent Beurtheret, Frères réformés, si vous saviez... p.35)

1561 : Massacre à Cahors par les protestants.

1562 : Edit de Saint-Germain qui accorde aux protestants la liberté de conscience, la liberté de réunion, la liberté de culte en dehors des villes.

1er mars 1562 : Rixe de Wassy. Des centaines de protestants se trouvent illégalement dans une grange à l’intérieur d’une ville à chanter des psaumes. Voulant constater l’infraction, le duc de Guise, accueilli à coups de pierres, est blessé. Son escorte riposte et prend d’assaut la grange où se tiennent les huguenots. Résultat : plus d’une vingtaine de morts. Cet épisode ressemble à une provocation et à une mise en scène car le duc de Guise avait fait savoir qu’il se rendrait à Wassy pour écouter la messe. Ainsi, dénonçant le massacre, les huguenots lancent ensuite un appel général à la vengeance et mettent rapidement en action des milices déjà préparées. (VB, p.37)

  A partir de cette date, les protestants passent ouvertement des accords avec les puissances étrangères dont ils reçoivent des subsides et des soldats. Ils engagent aussi des mercenaires.

1562 : Montgommery saccage la cathédrale et le palais épiscopal d’Avranches. En Guyenne, il gagne le surnom d’ « Attila huguenot ».

1562 : François de Guise est assassiné sur les ordres de l’amiral Coligny.

1562 : Les protestants conquièrent Tours, Rouen, Blois, Angers, Le Havre, Bourges. A Sens une centaine de catholiques est massacrée dans la cathédrale. A Bayeux, Colombières, lieutenant de Coligny, fait accrocher aux chapeaux de ses hommes les oreilles des moines et des prêtres qu’ils ont assassinés. Agen est mise à sac. Le capitaine Mathieu Merle terrorise l’Auvergne et le Gévaudan.

1562 : Le baron des Adrets enlève Valence, qui est ravagée, Grenoble, Vienne et Orange. A Lyon, les statues de la cathédrale sont décapitées et les cimetières catholiques saccagés. Le baron se signale par sa cruauté. A Mornas, en Provence, les femmes et les enfants sont massacrés et la garnison est précipitée du haut des remparts sur des poteaux hérissés en contrebas. A Montbrison, plus de 600 personnes sont massacrées. Les prisonniers catholiques sont jetés du haut d’une tour. «  Les réformés raffinent les supplices et les modes d’exécution : strangulation, lacération, crucifixion, empalement. » (Alain Decaux, Histoire de la France et des français au jour le jour, tome IV, p.140)

1562 : Aux environs du Mont Saint-Michel, «  des religieuses sont enfouies en terre jusqu’au cou, leur tête servant de cible à un jeu de boules, d’autres sont éventrées sur un chevalet. »

1562 : A Lauzerte, en fête, 567 catholiques sont tués dont 194 prêtres. (Alain Landurant, Montgommery le Régicide p.56 et 63). D’autres sources parlent de 200 morts.

1562 : Duras à Caylus tue 250 personnes dont une moitié de prêtres.

1563 : Jeanne d’Albret, convertie au calvinisme en 1559, proscrit le catholicisme et impose le culte réformé à ses sujets dans le  Bigorre, le Béarn et  à Foix.

1563 : Paix d’Amboise. Catherine de Médicis assure l’amnistie totale aux protestants  et leur laisse la liberté de conscience et la liberté de culte dans certaines limites territoriales.

1567 : Les protestants tentent d’enlever Charles IX et Catherine, sa mère, à Meaux.

1567 : Les protestants assiègent Paris. Siège particulièrement humiliant pour les parisiens.

1567 : Michelades de Nîmes. L’ordre est donné d’arrêter les principaux catholiques. Les portes de la ville sont fermées pour empêcher les fuites. A la cathédrale, les autels, les stalles, les croix, les ornements sont cassés et brûlés sur place ainsi que la bibliothèque. Les catholiques sont menés dans la cour de l’évêché pour y être égorgés en commençant par les prêtres. Les chiffres des exécutions varient entre 80 et plusieurs centaines.

1567 : Les calvinistes pillent l’abbaye de Cluny et emportent la bibliothèque.

1567 : A nouveau, Valence est mise à sac par les protestants qui détruisent par le feu et la poudre tous les édifices religieux de la ville. La plus grande partie du patrimoine artistique est anéantie.

1567 : Dans le Languedoc et le Roussillon, les massacres de prêtres et de religieuses se poursuivent. (Alain Decaux, Histoire de la France et des Français au Jour le Jour, tome IV, p.170) De nombreux jeunes catholiques fuient la sanglante domination huguenote et émigrent en Espagne jusqu’à constituer plus de la moitié de la population de la Catalogne. (Revue hispanique, 1909, p.29)

1568 : A Orléans, les protestants font sauter la cathédrale détruisant la façade occidentale.

1568 : Prise d’Angoulême.

1569 : Enorme massacre en Franche-Comté. 200 villages sont anéantis pas les mercenaires allemands du parti protestant. (Jean Dumont, La Croix et le Croissant, p.169)

1569 : A La Chapelle-Faucher, Coligny fait égorger un à un 260 paysans réfugiés au château.

1569 : A Orthez, terrible carnage. Habitants tués, maisons brûlées, moines et prêtre jetés du pont.

1569 : Après avoir mené le sac de Lourdes et incendié la cathédrale de Tarbes, Montgommery détruit 110 églises.

1570 : Interdiction du culte catholique dans le Béarn et en Basse-Navarre. Les prêtres doivent choisir entre apostasie ou exil. Tous les biens d’Eglise sont confisqués.

Tous ces faits et bien d'autres ont eu lieu dans les années qui ont précédé le massacre de la Saint-Barthélemy du 24/08/1572.

 

GUERRES DE RELIGION : LA CONDITION DES CATHOLIQUES DANS LES PAYS PROTESTANTS

Le fait pour les français de ne connaître des « guerres de religion » que le massacre de la Saint-Barthélemy et la Révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV, amène à penser qu’il y a eu d’un côté des « méchants », les catholiques et de l’autre, des victimes, les protestants. Cette idée est  fortement ancrée puisque les exemples historiques de violence et d’intolérance communiqués par les élèves de terminales dans leur copie de philosophie visent presque toujours le nazisme ou le catholicisme. Récemment, le 14/07/2017, Jean-Jacques Bourdin affirmait sur RMC : « Les catholiques pourchassaient la liberté de conscience ». Par quel enseignement de l’histoire en est-on arrivé là ?

 Des vérités ignorées ou occultées

Plusieurs vérités que les faits permettent d’établir doivent être rappelées : 1) L’agression en France et dans le reste de l’Europe est venue du protestantisme et les catholiques ont eu à se défendre. 2) Partout en Europe, ce sont les rois, les princes et les seigneurs qui imposent le protestantisme et qui s’approprient en même temps les biens de l’Eglise. 3) Le massacre de la Saint-Barthélemy a été provoqué par des hommes politiques pour des motifs politiques et non pour des motifs religieux. 4) Même observation pour la Révocation de l’Edit de Nantes. 5) Les pays catholiques comme la France ou l’Allemagne ont fait preuve d’une plus grande tolérance à l’égard des protestants que les pays protestants à l’égard des catholiques.

La France catholique plus tolérante

Précisément, même si cela peut paraître paradoxal, la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685 prouve l’existence de cette tolérance catholique. En effet, l’Edit de Nantes de 1598 comme de nombreux autres qui l’ont précédé depuis 1562 (Saint-Germain, Amboise, Longjumeau, Boulogne, Beaulieu, Poitiers, Fleix …) accordait aux protestants l’amnistie totale après des périodes de guerre mais aussi la liberté de conscience, de réunion et de culte dans certaines limites territoriales. Ces territoires étaient proportionnellement importants et incluaient des villes et des places fortes, jusqu’ à 200, comme La Rochelle, Saumur, Montpellier, Montauban. Un quart du territoire français se trouvait sous contrôle huguenot alors qu’il représentait un million de fidèles dans un royaume de quinze millions d’habitants. (Jean Sévillia, Historiquement Correct, p.113 et 118)

Situation des catholiques dans les pays protestants

La situation des catholiques dans les pays protestants n’est pas du tout la même. Il n’y a pas eu d’Edit de paix pour leur assurer des territoires et la liberté de conscience et de culte comme en France. Ils sont bannis ou combattus et aucun prince protestant ne songe à les reconnaître. « Il n’y avait guère qu’en France qu’il y avait ce statut de tolérance civile. Cet Edit de Nantes est resté une exception à une époque où la religion des sujets est celle du prince. » (François Bluche, historien protestant, dans Famille Chrétienne du 9/04/1998) Dans les pays réformés allemands, nordiques, anglais ou en Suisse, les catholiques sont interdits de culte et d’enseignement, ils sont spoliés de leurs biens et de leurs églises et exclus de toutes fonctions publiques. Voici les faits pays par pays.

Pays germaniques

Dans un premier temps, dans les pays germaniques et en France, ce sont les réformés qui prennent les villes et les catholiques ne ripostent pas. Dans les localités qu’ils contrôlent, les bals, la musique, les déguisements du carnaval sont interdits. Très vite, la noblesse pauvre de haute Allemagne est attirée par la prédication de Luther. Elle voit dans sa Réforme la possibilité de s’enrichir à bon compte en s’emparant des biens d’Eglise. (Vincent Beurtheret, Frères réformés, si vous saviez …, p.11)

A la Pentecôte 1527 a lieu le sac de Rome par les lansquenets luthériens. Le massacre, le pillage et la destruction durent huit jours et font selon les auteurs de 20 à 40 000 tués parmi les catholiques. Les tombeaux des papes sont violés, leurs cadavres profanés, des écuries sont installées dans la basilique, des cardinaux, accoutrés en prostituées, doivent défiler dans les rues juchés sur des ânes, les couvents forcés et les religieuses violées. Ce crime est aujourd’hui  ignoré car passé sous silence dans les livres d’Histoire et les dictionnaires. Il n’entraînera aucune riposte catholique. Le sac est parfois attribué à tort à Charles-Quint. (VB, p.11-12)

1531 : Une première Ligue protestante dite de Smalkalde harcèle par ses armées celle de l’empereur.

1552 : La Diète de Passau donne droit aux princes allemands d’imposer leur religion à leurs sujets selon le principe « Cujus regio, ejus religio » qui signifie « Telle est la religion du roi, telle est la religion des sujets ». Suite à cela, les 2/3 de l’Allemagne passent au protestantisme.

Charles-Quint, catholique accepte que certains de ses vassaux soient réformés, alors que les seigneurs réformés n’admettent pas que certains de leurs sujets soient catholiques. (VB, p.29)

Prusse, 1821 : Le catholicisme reçoit enfin une existence légale. Néanmoins, les catholiques restent exclus de la fonction publique, du corps des officiers et des chaires de l’Université. Ils n’ont pas le droit de fonder des écoles. 1878 : Le Kulturkampf de Bismarck voue à l’exil ou à la prison évêques et prêtres. 1918 : Abolition très tardive des lois discriminatoires à l’égard des catholiques.

Suisse

1525 : Face à la montée de l’extrémisme, l’humaniste Erasme est obligé de quitter Bâle et se réfugie à Fribourg en terre catholique. (VB, p.9)

1529 : Les cantons luthériens déclarent la guerre aux paysans des cantons pauvres restés catholiques.

1531 : Une nouvelle guerre est menée contre les cantons catholiques par Zwingli.

1535 : Calvin à Genève : La messe est interdite, l’évêque est chassé, les catholiques sont bannis et les couvents rasés.

1536 : Calvin publie L’Institution de la religion chrétienne. Il y développe l’un des points forts de sa doctrine : la soumission nécessaire du politique au religieux.

1537 : A Genève, la législation imposée par Calvin condamne à mort tout « hérétique » au même titre que les fauteurs de blasphème ou d’adultère.

1541 : Les tavernes sont fermées ; les jeux interdits ; vêtements, coiffures, bijoux, banquets, noces : tout est réglementé.

1541 à 1546 à Genève : On compte 56 condamnations à mort et 78 bannissements pour une population de 13 000 âmes.

1547 : Gruet, un théologien qui niait la divinité du Christ est décapité.

1553 : Bolsec, un ancien carme qui refuse le la doctrine de Calvin sur la prédestination est brûlé.

1553 : Michel Servet, médecin espagnol, est brûlé pour avoir nié le dogme de la Trinité. Calvin assiste à son supplice.

1554 : Calvin publie un traité qui justifie la peine de mort pour les « hérétiques »

1797 : Genève passe sous influence française. Abolition de la législation qui punit de mort la participation à la célébration de la messe. 

Suède

1527 : La Diète soutenue par Gustave Ier instaure le luthérianisme en religion d’Etat et annexe les terres de l’Eglise qui ne réagit pas. Le catholicisme est exclu. Jusqu’en 1815, tout prêtre catholique pris sur le territoire risque la peine de mort. Jusqu’en 1860, tout suédois abjurant la religion protestante encourt l’exil et la confiscation de ses biens.

Danemark

1536 : L’autorité des évêques est abolie dans tout le royaume et dans les territoires de Norvège et d’Islande qui lui sont soumis. Christian III oblige tous ses sujets à se convertir au luthérianisme. Il leur ment en affirmant : « Ces changements viennent d’une disposition du Pape étendue à toute la terre ». Emprisonnant les évêques et les prêtres, il confisque les biens de l’Eglise.  

1624 : Un édit royal condamne à mort tout prêtre catholique.

1683 : Les biens des danois convertis au catholicisme sont confisqués. Le droit de tester leur est retiré. Ces mesures resteront en vigueur jusqu’en 1849. 

Norvège

1891 : Abolition des lois discriminatoires à l’égard des catholiques.

Islande 

1550 : Le Danemark impose le luthérianisme par la violence. Le dernier évêque est décapité par les norvégiens. Le catholicisme sera interdit jusqu’au XIXème siècle. 

Angleterre

1534 : L’anglicanisme devient religion d’Etat. Henri VIII impose sa réforme au prix de milliers de victimes pendues ou éventrées : cardinaux, évêques, moines, prêtres et laïcs. 370 monastères sont supprimés. Les biens des 430 monastères restants sont confisqués.

1535 : Exécution de John Fisher, puis de Thomas More.

1558 : Elisabeth Ière accède au trône. Tous les évêques sont déposés et onze d’entre eux meurent en prison.Les prêtres sont condamnés à la clandestinité et les fidèles obligés d’assister aux offices anglicans.

1649 : Cromwell proclame la république et mène une politique violemment anticatholique.

1699 : Une loi déclare les catholiques inaptes à hériter, à acheter des terres et à occuper des emplois publics.

1755 : 10 000 Acadiens catholiques sont déportés du Canada jusqu’à la Louisiane.

Marguerite Clitherow (canonisée), est condamnée à mort par écrasement le Vendredi saint 1586. Née en 1555 de parents protestants, elle épouse un protestant et se convertit au catholicisme en 1574. La nouvelle religion ne lui apporte « aucune substance, vérité ou réconfort chrétien ». Elle est fortement impressionnée par l’exemple de « tant de prêtres et de laïcs qui ont souffert pour la défense de l’ancienne foi catholique ». On découvre qu’elle cache un prêtre chez elle. On l’accuse alors d’avoir donné le vivre et le couvert à des jésuites et à des prêtres venus de l’étranger, « traîtres à sa Majesté la reine et à ses lois ». On l’accuse aussi d’avoir ouï la Messe.

1778 : Les catholiques obtiennent la liberté du culte et le droit d’hériter.

1793 : Les catholiques obtiennent la plénitude des droits civils et en 1829 les droits politiques.

1850 : La hiérarchie catholique est rétablie en Grande-Bretagne. Les catholiques peuvent accéder à l’Université.

1919 : Abolition des dernières lois discriminatoires à l’égard des catholiques.

Ecosse

1559 : John Knox interdit le culte catholique

1584 : Les presbytériens interdisent la célébration de la Nativité. 

Irlande

A partir de 1541, les catholiques irlandais subissent des provocations de la part des colons protestants puis une répression cruelle exterminatrice.

A partir de 1649, avec Cromwell, des dizaines de milliers d’irlandais sont tués ou vendus comme esclaves pour le Nouveau Monde. En quelques années, la population passe de 1.500 000 à 600 000 habitants.

En 1695, des lois anticatholiques les excluent de l’administration, de l’armée, de l’enseignement dans les écoles, les empêchent d’être propriétaires terriens et leur interdisent d’exercer des professions libérales (sauf la médecine). Les colons anglais et écossais s’approprient les terres. Suppression de tout droit de vote.

Défense est faite aux évêques, aux prêtres et aux religieux de paraître dans le pays sous peine de mort. La célébration de la messe est interdite.

La famine de 1846 à 1848, favorisée par l’attitude passive des anglais, fait un million de morts. Beaucoup y échappent par l’émigration. La population ne cesse alors de baisser. De 1845 à 1950, plus de six millions d’irlandais émigrent.

1872 : Les catholiques recouvrent le droit à la propriété. 

Provinces-Unies

Flandres, 1544 : Des bandes armées luthériennes, regroupées à Tournai, ravagent et incendient la région, pillent les églises.

1581 : Guillaume d’Orange interdit l’exercice public du culte catholique.

1700 : Le catholicisme est pratiquement éliminé. De 1610 à 1700, les calvinistes passent de 20 à 85%. 

Bohême

1619 : Les protestants déposent le roi Ferdinand II et mettent à sa place le réformé Frédéric V ce qui déclenchera la Guerre de Trente Ans. L’année suivante, il attaque le nouvel empereur Ferdinand II.

Conclusion

On lit et on entend dire que l’Angleterre, les Pays-Bas ou les pays scandinaves, parce qu’ils sont de culture protestante, ont été depuis l’origine des foyers de tolérance et de liberté de pensée, contrairement au trop catholique royaume de France. Les faits révélés ci-dessus montrent que la vérité de l’histoire est différente. Ce que confirme l’historien protestant François Bluche : « Si les protestants l’avaient emporté (en France), ils ne se seraient pas gênés pour convertir les catholiques de force ». (Famille Chrétienne, 9/04/1998) En ces temps troublés, de manière générale, il était préférable d’être protestant en France que catholique dans les pays sous domination protestante.

 

07 septembre 2017

POUR QUE LE BENEDICITE SOIT VRAIMENT UNE PRIERE

  Un certain nombre de patrouilles dans le scoutisme ont pris l’habitude de dire le bénédicité à toute vitesse sans aucun recueillement. Tout d’abord, le signe de croix avant et après est tracé très rapidement. Ensuite, le chant fait penser à une cavalcade. Enfin, le signe de croix à peine achevé, c’est déjà la nourriture qui est en ligne de mire comme s’il fallait exécuter le plus vite possible la prière pour servir le premier plat sans perdre un instant.

  Pourtant, les scouts et les guides connaissent la devise de Jeanne d’Arc : « Messire Dieu, premier servi » et aussi celle-là : « A tout Seigneur, tout honneur ». Si c’est vraiment le Seigneur à qui on s’adresse, alors cela mérite que l’on prenne son temps.

  Il s’agit d’être cohérent avec le véritable sens du bénédicité : se mettre en présence du Seigneur pour que celui-ci soit présent parmi nous tout au long du repas et spécialement dans nos échanges. Le bénédicité ne doit pas être réduit à un simple rituel que l’on pratique mécaniquement. Nous devons y mettre tout notre cœur. Sinon à quoi bon … ?

  Pensons également au témoignage que l’on apporte s’il y a un invité à notre table. Prendre du temps pour dire un bénédicité est un signe de notre foi. Mais que va penser l’invité s’il nous voit expédier ce petit temps sans aucune intériorité ? S’il n’est pas croyant, il trouvera cela peut-être bien superficiel et il y a peu de chance que cela le touche. S’il est croyant et qu’il s’apprête à le vivre comme une prière, il sera brusqué par la rapidité et peut-être même un peu meurtri dans son cœur de ne pas avoir pu prier.

  Comment y parvenir ? Tout d’abord se recueillir  quelques secondes pour permettre à chacun de faire le vide en lui afin de se tourner réellement vers le Seigneur. Ensuite, prendre le temps de faire un beau signe de croix comme la Vierge l’a demandé aux enfants à l’île Bouchard. Le signe de croix est lui-même déjà une prière et non un simple geste mécanique. Chanter alors paisiblement et non au galop. Faire le deuxième signe de croix comme le premier. Enfin, ne pas se précipiter sur la nourriture, mais demeurer dans le Seigneur et ouvert aux frères et sœurs qui nous entourent. Un bénédicité digne de ce nom peut modifier l’esprit et le cours d’un repas. Essayons, cela en vaut la peine !

  Bien évidemment, tout cela concerne aussi les grâces à la fin du repas.

  Et maintenant bon appétit !