Eglise, vérité et humanité

13 mars 2017

LE TABLEAU GUERNICA DE PICASSO ET LA GUERRE D’ESPAGNE

  Ce tableau de Picasso est commandé dès le mois de janvier 1937 par le gouvernement espagnol pour représenter l’Espagne à l’exposition universelle de Paris de 1937. L’intention est politique : il s’agit de dénoncer le général Franco qui a pris les armes contre le gouvernement socialiste de Caballero, surnommé le « Lénine espagnol ».

  Il a servi à produire la légende selon laquelle le bombardement du 26 avril 1937 de la petite ville de Guernica était une opération programmée de destruction de la population civile réalisée par l’aviation allemande, probablement à l’instigation de Franco et dont le résultat aurait été  de 800 à 3000 morts pour une population totale de 5000 habitants.

  En réalité, le nombre de morts s’élève à 126 et le bombardement a été décidé par le chef allemand de la Légion Condor sans l’autorisation de Franco. Celui-ci, au contraire, avait expressément interdit les bombardements sur les objectifs civils.

  Ce tableau fut une œuvre de propagande, exposée à travers le monde, pour lever des fonds. Picasso était lui-même engagé auprès du parti communiste. 

  C’est Staline qui a fondé les Brigades internationales. Il est à l’origine de l’envoi d’argent, de matériel militaire et de milliers de cadres et conseillers militaires. C’est pour cela que Franco accepte une aide au demeurant modeste des allemands et des italiens. Plus tard, il refuse à Hitler l’accès à Gibraltar et permet que l’Espagne soit une terre de refuge pour les juifs. Les USA lui fournissent du pétrole à crédit. Churchill, déclare le 24/05/1944 sa reconnaissance au régime de Franco d’avoir prêté « un immense service … à la cause des nations alliées ». 

  Le vrai début de la guerre civile n’est pas l’intervention de Franco et le soulèvement à Melilla du 17 juillet 1936, mais les violences socialistes, communistes et anarchistes qui ont commencé bien avant.

  La persécution religieuse par le gouvernement de gauche commence dès 1931, par exemple par la dissolution des jésuites. En août 1933, le PSOE (socialiste) se déclare en faveur de la dictature du prolétariat. La gauche perd les élections en 1933 et tente une insurrection qui fait 1335 morts. En 1936, Sotelo est assassiné et un attentat échoue contre l’autre grand représentant de la droite, Gil Roblès. On compte 330 assassinats politiques, 160 églises et couvents incendiés. La Constitution est violée et le Président de la République, un centriste, est destitué car jugé trop conservateur.

  En août 1936, six mois après le déclenchement des violences anti religieuses, 10 évêques et 2000 prêtres sont déjà assassinés par le Front Populaire. Au total, ce sera presque 7000 ecclésiastiques       (13 évêques, 4200 prêtres, 2500 religieux, 280 religieuses et 240 séminaristes) soit plus de 20% du clergé !

  A Paracuellos, en novembre 1936, cinq mois avant le drame de Guernica, un drame d’une autre ampleur a eu lieu, certainement le plus grand massacre de civils de cette guerre. 5000 étudiants, avocats et médecins sont fusillés et enterrés dans de gigantesques fosses communes. Santiago Carillo, futur secrétaire du Parti Communiste Espagnol, en fut l’un des responsables. 

  Présenter par conséquent la Guerre d’Espagne de façon manichéenne comme une guerre civile entre, d’un côté, les bons, les « républicains » - en fait, la gauche marxiste et anarchiste - et, de l’autre, les méchants, les « fascistes » - en fait, les défenseurs d’une Espagne libre du marxisme, relève de la désinformation. 

 Voici deux déclarations significatives de l’époque. Celle du délégué espagnol au Congrès des Athées, à Moscou : « L’Espagne a surpassé de loin l’œuvre des soviets, parce que l’Eglise a été totalement annihilée ». Et celle du communiste Hernandez, ministre de l’Instruction Publique du gouvernement Caballero : « Votre lutte contre la religion est aussi la nôtre. Nous avons le devoir de faire de l’Espagne une terre d’athées militants. La lutte sera difficile, parce que dans ce pays il y a beaucoup de réactionnaires qui refusent la culture soviétique. Mais toutes les écoles d’Espagne seront transformées en écoles communistes. » 

  Bien plus tard, le général de Gaulle, rapporte ainsi ses propres paroles à Franco : «  Je lui ai dit ceci : en définitive, vous avez été positif pour l’Espagne. Et c’est vrai, je le pense. Et que serait devenue l’Espagne si elle avait été la proie du communisme. »