Eglise, vérité et humanité

01 décembre 2018

CREATION DE L'UNIVERS : SCIENCE ET FOI SE CONTREDISENT-ELLES ?

Question : La science et la foi s’opposent-elles sur le fait de savoir si l’univers a toujours existé, s’il est éternel ou s’il a un commencement, une création ? 

Ce que dit la science, l’histoire de la science

  Les savants, depuis l’Antiquité jusqu’au début du XXème siècle, affirment l’éternité du monde et de la matière : l’univers a toujours existé. Par exemple, Ernst HAECKEL (1834-1919), célèbre biologiste allemand, darwinien et spinoziste.  C’est l’idée aussi des philosophes comme SPINOZA, MARX ou NIETZSCHE. On est alors en contradiction avec l’idée de création ex nihilo révélée par la Bible et la foi chrétienne : l’univers a un commencement puisque créé par Dieu à partir de rien. Jusqu’à cette période, on pouvait parler d’une contradiction entre la science et la foi.

  De façon inattendue, la réponse de la science a radicalement changé au début du XXème siècle :

  - Alexander FRIEDMANN (russe), en 1922, présente la théorie d’un univers en explosion ou en expansion, d’un monde qui a commencé. En pleine révolution bolchévique, cette vision s’oppose totalement au matérialisme athée. Le monde n’est plus éternel. Il n’est plus statique. Il a une origine et court vers sa dégradation, explique-t-il. Aussitôt, Lénine sanctionne Friedmann comme traître à la Révolution. Il le radie des cadres de l’Université de Saint Pétersbourg au motif qu’il défend une théorie proche de la Bible. Le matérialisme, en effet, oblige à croire que la matière et le monde sont éternels.

  - Georges LEMAITRE (prêtre belge, 1894-1966), en 1927, à partir de la théorie de l’univers en expansion, explique qu’en remontant dans le temps, on atteint un instant initial où l’univers, l’ « atome primitif » tenait dans un grain de matière plus petit qu’une tête d’épingle. Ce « noyau primitif », un noyau d’hydrogène fantastiquement concentré et doué d’une énergie phénoménale se transforma en une formidable explosion initiale surnommée le « big-bang ». On estime la chaleur à 100 milliards de degrés au moment de l’explosion, puis à 6 milliards, une seconde après. La théorie a été injustement attribuée à Hubble.

  - L’idée invraisemblable du « big-bang » eût du mal à s’imposer par son caractère totalement révolutionnaire opposé à l’éternité du monde et de la matière et par le fait qu’elle était l’œuvre d’un prêtre belge, mathématicien de génie certes, mais notoirement méconnu. EINSTEIN (1879-1955) et HUBBLE (1889-1953) eux-mêmes prirent position contre dans un premier temps car ils ne pouvaient se détacher d’une vision statique et immuable de l’univers conforme à l’ancienne cosmologie grecque.

  - HUBBLE apporte cependant en 1929 le verdict de l’expérimentation en recueillant les premiers indices concrets d’une expansion de l’univers.

  - C’est Fred HOYLE (britannique né en 1915), un militant scientifique athée, qui inventa en 1960 l’expression « big-bang » qui signifie « grand boum » pour se moquer car il était partisan d’un univers immuable.

  - Paul DIRAC (britannique, 1902-1984, Prix Nobel 1933), l’un des pères de la physique quantique, vers la fin de sa vie, en 1972, estime : «  Il semble certain qu’il y eut un moment défini où se situe la création. » 

Conclusion

  Science et foi ne peuvent s’opposer pour la raison principale qu’elles ne traitent pas et ne se positionnent pas sur les mêmes sujets précis. Chacun a son domaine propre et il est sage ici de ne pas mélanger les genres. Néanmoins, la question de savoir si l’univers est éternel ou s’il a un commencement est bien une question commune et c’est peut-être d’ailleurs le seul cas, avec éventuellement la question du monogénisme et du polygénisme à propos de l’origine de l’humanité, où il en est ainsi. 

  Il se trouve que la Révélation biblique interprétée par le Magistère de l’Eglise enseigne que l’univers n’est pas éternel puisqu’il a été créé par Dieu. Cette vérité révélée, bien sûr, ne peut changer puisqu’elle a sa source en Dieu. Néanmoins, elle s’est trouvée en contradiction avec la science grecque, puis la science moderne et les philosophes matérialistes et athées. Cette opposition, si on met à part les savants et les philosophes chrétiens puisqu’ils admettent l’idée de création par leur foi, s’est perpétuée sur une durée de près de 2500 ans. Or, les choses ont soudainement changé en 1927 avec la découverte de LEMAITRE. La science admet aujourd’hui que l’univers dans lequel nous vivons avec ses milliards d’étoiles et ses millions de galaxies n’a pas toujours existé et qu’il y a bien un commencement exprimé par ce qu’on appelle vulgairement le « big-bang ». 

  Ainsi si la foi et la science ont été en totale contradiction pendant longtemps, cette dernière a ensuite évolué en modifiant complètement sa position. Résultat : la foi et la science ne s’opposent plus. Au contraire, ce que la science propose aujourd’hui comme hypothèse très probable, proche maintenant d’une certitude, à savoir que notre univers n’a pas toujours existé et qu’il  a un commencement,  est compatible avec l’idée de création, idée reçue par la Révélation biblique.