04 octobre 2015

LE SENS CHRETIEN DE LA SOUFFRANCE

A partir de la lettre apostolique de Jean-Paul II, Salvifici doloris du 11/02/1984

 

Quatre manières d’aborder le sujet :

 

1 La souffrance est quasiment inséparable de l’existence terrestre de l’homme. Tout homme expérimente la souffrance. Personne ne peut se targuer d’y avoir échappé. Tous, nous avons déjà souffert, tous, nous aurons encore à souffrir. Et cela quelque soit le lieu, l’époque, l’âge ou la situation sociale. 

  Maintenant, il y a plusieurs sortes de souffrances. On peut toutefois faire une distinction entre la souffrance physique qui concerne le corps et la souffrance morale qui est une « douleur de l’âme » (SD, 5). C’est le cas par exemple de la peur, de l’angoisse ou de la tristesse. 

2 Une autre remarque s’impose : « la Rédemption s’est accomplie par la Croix du Christ, c’est-à-dire par sa souffrance » (SD, 3). Pourquoi le Christ a-t-il choisi ce chemin ? Quel sens a-t-il voulu donner à la souffrance ? 

3 On reproche souvent aux chrétiens d’exalter la souffrance, de subir la souffrance. C’est tout juste si on ne les considère pas comme des masochistes. Qu’en est-il vraiment ? 

4 Enfin, il y a tous ceux qui ne comprennent pas, et ils ont raison, que la souffrance fasse partie de la condition humaine. Si Dieu est Amour, pensent-ils, pourquoi permet-Il cela ? Le christianisme ne proclame-t-il pas que « l’existence est fondamentalement un bien » (SD, 7) que le Créateur est bon et que les créatures sont bonnes ? 

  En fait, explique Jean-Paul II, ce n’est pas la création qui entraîne la souffrance, « l’homme souffre à cause du mal qui est un certain manque, une limitation ou une altération du bien. L’homme souffre, pourrait-on dire, en raison du bien auquel il ne participe pas, dont il est, en un sens, dépossédé ou dont il s’est privé lui-même » (SD, 7).

  

Premier sens de la souffrance : 

Dans l’ordre de la justice, la souffrance peut être une punition. 

 

  Le Dieu de la Révélation est Législateur et Juge. Et cela parce qu’il est le Créateur.

  En conséquence, la violation consciente et libre de ce bien qu’est la création, de la part de l’homme, est non seulement une transgression de la loi, mais en même temps une offense au Créateur qui est le premier Législateur. La punition est alors ce qui garantit l’ordre moral établi par la volonté de Dieu. Il ne s’agit pas d’une action directe de Dieu, mais plutôt d’une conséquence naturelle de nos actes comme les désordres provoqués par la pollution. « De là découle aussi l’une des vérités fondamentales de la foi religieuse fondée également sur la Révélation : Dieu est un juge juste qui récompense le bien  et punit le mal » (SD, 10). A ce point de vue, la souffrance apparaît comme un mal justifié.

  Mais on ne peut s’arrêter à ce premier sens, surtout lorsqu’on voit le drame quotidien de tant de souffrances sans qu’il y ait eu faute, et de tant de fautes sans peines adéquates en retour.

 

Second sens de la souffrance : 

Dans l’ordre de la conversion, la souffrance est une épreuve.

 

  Il s’agit de la souffrance vécue par Job. Celui-ci n’est pas coupable. Sa souffrance est celle d’un innocent. Si le Seigneur consent à éprouver Job par la souffrance, c’est pour montrer la justice de ce dernier. Après avoir souffert, Job est plus fort dans sa fidélité à Dieu. Cela ne signifie pas forcément  que nos épreuves sont envoyées par Dieu pour nous convertir. Non, mais Celui-ci peut transformer en positif ce qui est négatif.

 

Troisième sens de la souffrance : 

Dans l’ordre de la conversion, la souffrance a une valeur éducative

 

  La souffrance nous introduit dans la pénitence qui a pour but de triompher du mal. Jean-Paul II y voit ici l’œuvre de la miséricorde divine. La souffrance, nous ouvre les yeux, nous éduque, nous amène à nous corriger. Ainsi, dans les souffrances infligées par Dieu au peuple élu est contenue une invitation de sa miséricorde qui châtie pour amener à la conversion : « Ces persécutions ont eu lieu non pour la ruine, mais pour la correction de notre peuple. » 2 Matthieu 6,12.

 

Quatrième sens de la souffrance : 

Dans l’ordre de la Rédemption, la souffrance elle-même est rédemptrice.

 

 La Rédemption s’est faite par la Passion et par la Croix du Christ. Le Christ est venu s’unir à ce qu’il y a de plus répugnant dans la condition humaine : la souffrance et la mort.

  En faisant ce choix, le Christ a lié la souffrance à l’amour. Dès lors, la souffrance et la mort se trouvent revêtues d’une puissance surnaturelle. On peut dire qu’avec la Croix du Christ, toute souffrance humaine s’est trouvée dans une situation nouvelle. En opérant la Rédemption par la souffrance, le Christ a élevé en même temps la souffrance humaine jusqu’à lui donner valeur de Rédemption. Tout homme peut donc dans sa souffrance participer à la souffrance rédemptrice du Christ. La souffrance n’est plus quelque chose de vain, d’inutile. Nous pouvons l’offrir.

  Ce n’est pas que la Rédemption du Christ soit incomplète. Aucun homme ne peut lui ajouter quoi que ce soit. Mais cela signifie que le Christ a ouvert sa souffrance rédemptrice à toute souffrance de l’homme. Il a accompli la Rédemption totalement, mais Il l’ouvre constamment dans l’histoire de l’homme à toute souffrance humaine. D’où les paroles de l’apôtre : « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l’Eglise » 1 Co 6, 13.

 

Cinquième sens de la souffrance :  

Dans l’ordre du Royaume de Dieu, la souffrance est glorificatrice.

 

  St Luc écrit : « Il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu » Actes 14,88. Et St Paul : « Nous sommes cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. » Rm 8,17-18. Et dans une autre lettre : « Car la légère tribulation d’un instant nous prépare jusqu’à l’excès une masse éternelle de gloire. » 2 Co 4, 17-18. Enfin St Pierre : « Dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. » 1 P 4, 13. 

  Ainsi, la communion aux souffrances du Christ par nos propres souffrances est en même temps souffrance pour le Royaume de Dieu. Le Christ a choisi pour nous unir à Lui ce qui nous était le plus insupportable. Avec lui, mystérieusement, l’insupportable devient source de joie.

  

Sixième sens de la souffrance : 

Dans l’ordre de notre sanctification, la souffrance nous revêt de la présence et de la puissance du Christ.

 

  Le Christ meurt cloué sur la croix. Mais si en même temps dans cette faiblesse s’accomplit son élévation, cela signifie que les faiblesses de toutes les souffrances humaines peuvent être pénétrées de la puissance de Dieu qui s’est manifestée dans la Croix du Christ. Dieu a confirmé qu’il veut agir spécialement au moyen de cette souffrance que sont en eux-mêmes la faiblesse et le dépouillement de l’homme, et que c’est précisément dans cette faiblesse et dans ce dépouillement qu’il veut manifester sa puissance. C’est pour cela que l’apôtre Paul peut dire : « Je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ ». 2 Co 12,9 

  Notre faiblesse est ce qui nous amène à prendre conscience de nos limites et donc à renoncer à être seul à l’initiative de notre vie. 

  A travers les siècles et les générations humaines, on a constaté que dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l’homme du Christ, une grâce spéciale. C’est à elle que bien des saints doivent leur profonde conversion. Il faut aussi donner l’exemple des martyrs qui par leur sang ont bouleversé l’ordre du monde et des peuples qui ayant souffert témoignent d’une vitalité spirituelle particulière comme la Pologne ou l’Eglise de Corée. 

  Jean-Paul II le confirme ainsi : « le Christ, de par sa propre souffrance salvifique se trouve au plus profond de toute souffrance humaine et peut agir de l’intérieur par la puissance de son Esprit de Vérité, de son Esprit consolateur » (SD, 26). C’est pourquoi « la souffrance imprégnée de l’esprit de sacrifice du Christ est d’une manière irremplaçable la médiation et la source des bienfaits indispensables au salut du monde. Cette souffrance, plus que tout autre chose, ouvre le chemin à la grâce qui transforme les âmes. […] Les sources de la force divine jaillissent vraiment au cœur de la faiblesse humaine » (SD, 27). 

 

Conclusion  

  Si le chrétien ne craint pas la souffrance, s’il lui arrive d’être joyeux dans la souffrance, cela ne veut pas dire qu’il aime la souffrance. Sa joie vient seulement de ce qu’il sait que sa souffrance est communion à la Croix du Christ et qu’ainsi offerte, elle est source de bienfaits spirituels en ce monde et dans l’autre, pour lui-même et pour les autres, dans la communion des saints.

 


07 août 2015

L'EUTHANASIE

        

1/Qu’est-ce que l’euthanasie ?

 Sens étymologique : Mort douce sans cruelles souffrances, mort facile.

 XIXème siècle : Action qui tue une personne pour des raisons de «  pitié » ; meurtre « par pitié »

 Actuellement : Action  ou omission dont l’intention est de donner la mort afin de supprimer toute douleur ou d’empêcher une vie de souffrances ou une vie que l’on juge d’avance inhumaine. L’euthanasie fait partie de la catégorie de l’homicide, avec la particularité qu’elle dit s’accomplir « par pitié » et sans faire souffrir.

2/Il y a plusieurs situations d’euthanasie

 1) Mettre fin à la vie d’un malade pour lui éviter des souffrances. Le plus souvent, il s’agit d’une maladie mortelle. Trois cas peuvent alors se présenter :   a/ la demande vient du malade à suicide.   b/ la demande vient de la famille à homicide.   c/ la demande vient du médecin à homicide.  Le moyen utilisé peut être soit une intervention (ex. en pratiquant sur lui une injection mortelle), soit l’omission des soins nécessaires (ex. en ne l’alimentant pas).

 2) Eliminer un nouveau-né gravement handicapé pour lui éviter, à lui et à ses parents de graves souffrances : a) à la demande des parents.  b) à la demande du corps médical. En le tuant directement ou en le faisant mourir par privation  de soin ou de nourriture. à homicide, eugénisme.

3/Euthanasie et acharnement thérapeutique

 Attention à ne pas confondre ces deux problèmes. La solution de l’euthanasie est souvent présentée comme le moyen de lutter contre l’acharnement thérapeutique. La décision de stopper l’acharnement thérapeutique n’est pas un acte d’euthanasie. L’acharnement thérapeutique consiste à imposer au malade avec des moyens souvent coûteux et très sophistiqués, une lutte interminable et inutile contre la mort en prolongeant son agonie au-delà de toute limite raisonnable et supportable. Ainsi, il n’y a pas euthanasie lorsqu’on cesse de maintenir artificiellement en vie quelqu’un qui se trouve en état de mort  cérébrale irréversible et dont la vie est purement végétative, par exemple en interrompant le traitement de réanimation.

 Certains parlent dans ce cas d’euthanasie passive, mais l’expression n’est pas satisfaisante. Autre chose est d’accepter la mort (refus de l’acharnement thérapeutique), autre chose est de provoquer la mort (euthanasie).

 Cardinal Villot (1970) : « Dans nombre de cas, ne serait-ce pas une torture inutile d’imposer la réanimation végétative dans la phase dernière d’une maladie incurable ? Le devoir du médecin consiste plutôt à s’employer à calmer la souffrance, au lieu de prolonger le plus longtemps possible, par tous les moyens et à tout prix, une vie qui va naturellement vers sa conclusion. »

4/Les soins palliatifs

 En s’appuyant sur les techniques pointues en matière  de lutte contre la douleur et d’aide psychologique, ils visent à accompagner avec respect la vie jusqu’à la mort. Les spécialistes de l’anesthésiologie font observer qu’il n’existe aujourd’hui aucune douleur qui ne puisse partiellement du moins, profiter de la thérapie antalgique, de médicaments analgésiques de puissance exceptionnelle et qu’on peut employer contre la douleur des techniques hautement sélectives, avec des résultats bons, et parfois excellents. On peut prévoir que l’on fera dans l’avenir de nouveaux progrès dans la lutte contre la douleur, de façon à la rendre supportable dans ces rares cas où aujourd’hui les techniques analgésiques sont insuffisantes.

 Attention, il n’y a pas euthanasie lorsqu’on cherche à soulager les souffrances d’une personne arrivée au stade ultime de la maladie, en lui administrant des remèdes qui peuvent accélérer, comme effet secondaire, le processus mortel. En effet, encore une fois, l’intention ici n’est pas de faire mourir, mais de soulager les souffrances.

 Sur ce point, cependant, les dérives existent. Il est possible d’utiliser ces médicaments non pour soulager, mais pour provoquer la mort.

5/La demande d’euthanasie par un grand malade n’est pas un choix libre

 Les demandes sérieuses d’euthanasie sont extrêmement rares. Les professionnels des soins palliatifs assurent qu’un malade bien accompagné ne demande jamais l’euthanasie. La supplication d’un malade demandant la mort est ordinairement une demande angoissée d’aide et d’affection, un appel au secours. Il est courant de voir des gens proclamer à distance leur volonté de recourir à l’euthanasie et y renoncer au moment opportun ou de voir des malades en proie à un paroxysme de souffrance physique ou morale, réclamer à grands cris la mort et se féliciter de ne pas avoir été exaucés une fois la crise passée.

 C’est la souffrance qu’il faut vaincre. L’attitude vraiment humaine est d’aider, de soulager, de diminuer la souffrance et non d’ôter la vie. Le problème, c’est l’accueil du malade, son accompagnement, l’environnement humain. Les soins palliatifs suffisent souvent à chasser les demandes d’euthanasie.

6/La légalisation de l’euthanasie serait une menace pour la vie des gens fragiles.

 On vient de voir que la liberté d’un grand malade est diminuée par sa souffrance. Il est facile de peser sur cette liberté fragile en diminuant les soins palliatifs, en adoptant aussi un comportement indifférent, désagréable ou même culpabilisant afin de l’amener à une « demande » d’euthanasie.

 La « pitié » de la famille peut cacher, même inconsciemment, un égoïsme et servir de prétexte pour échapper à des situations pénibles et onéreuses. Il y a aussi l’attente possible d’un héritage.

 La « pitié » des praticiens peut cacher une priorité économique. Les soins palliatifs demandent du temps, du personnel et de l’argent alors que l’euthanasie ne demande qu’une injection. Cela peut être un moyen de libérer un lit d’hôpital.

7/L’acceptation de l’euthanasie conduirait à un engrenage et à des dérives inacceptables.

 En s’attaquant au respect de la vie humaine, c’est une certaine société que l’on prépare pour demain.  Voici les propos tenus par Jacques Attali, conseiller personnel de François Mitterand, dans l’Avenir de la vie : « Dans la logique même du système dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du Pouvoir. Dès qu’on dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher alors à la société. En effet, du point de vue de la société, il est préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. » Au début, la procédure sera encadrée. Puis, l’euthanasie se banalisera et élargira son champ d’application. De dérive en dérive, et c’est déjà le cas aujourd’hui, on se passera de plus en plus de l’avis du patient. Ainsi l'European Journal of Cancer met en avant le chiffre suivant : 40% des demandes d’euthanasie enregistrées en France dans une étude de février 2011 étaient formulées par d’autres personnes que le malade lui-même. Selon Pierre-Olivier Arduin, « L’ensemble des publications scientifiques internationales que nous avons examinées sur le sujet montre qu’une fois l’euthanasie institutionnellement approuvée, cette pratique développe sa propre dynamique et résiste à toutes les procédures de surveillance censées l’encadrer… Les pratiques euthanasiques se banalisant et le sentiment de transgression s’estompant, plusieurs enquêtes ont montré que les tiers, famille et médecins, se concertent pour passer outre le consentement du malade. » Il faut rappeler ce qui s’est passé dans le cas de la légalisation de l’avortement. Une loi d’exception qui devait répondre aux seules situations de détresse est aujourd’hui devenue un droit, un acquis social revendiqué pour passer à l’acte par simple convenance personnelle. S’habituer maintenant  à l’euthanasie, c’est peut-être accepter demain l’élimination des vies humaines jugées inutiles et pénibles pour la société (vieillards, maladies chroniques irrécupérables, fous, personnes handicapées, bébés difformes…). C’est la porte ouverte à l’eugénisme et aux notions utilisées par les nazis de « vies sans valeur », « citoyens improductifs », « sous-hommes ». C’est précisément en souvenir de cette idéologie que les allemands sont aujourd’hui si opposés à l’euthanasie.

8/Toute vie humaine a une valeur.

 Nous ne devons pas nous limiter à juger l’intérêt d’une vie en fonction de critères purement productifs, utilitaires ou hédonistes. Il n’y a pas de malade indigne. Les dimensions relationnelle, spirituelle et religieuse sont aussi à prendre en compte. Le malade peut simplement être heureux d’être là, d’avoir du temps pour Dieu, pour la réflexion, de pouvoir côtoyer sa famille, ses amis, d’entendre une musique…

9/La confiance doit être protégée.

 Un patient va à l’hôpital pour se faire soigner. Il doit avoir une totale confiance en son médecin et en l’équipe soignante. Quel genre de rapport une personne âgée, affaiblie et seule pourra-telle entretenir avec un praticien qui peut prendre la décision de le supprimer ? Il est important que le public sache que le médecin ne peut en aucun cas arrêter la vie, car sinon, impulsifs, affectifs, comme le sont les grands malades, ils en viendraient à se demander si telle injection, tel comprimé qu’on leur donne, ne sont pas destinés à les achever.

10/L’euthanasie est une fausse pitié.     JEAN-PAUL II, L’Evangile de la vie, n°66, 25 mars 1995 :

« Alors même que le motif n’est pas le refus égoïste de porter la charge de l’existence de celui qui souffre, on doit dire de l’euthanasie qu’elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante perversion de la pitié : en effet, la vraie compassion rend solidaire de la souffrance d’autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l’euthanasie paraît d’autant plus une perversion qu’il est accompli par ceux qui -comme la famille- devraient assister leur proche avec patience et amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles. »