01 août 2015

POURQUOI LE CELIBAT DES PRETRES ?

 Il est vrai que la discipline du célibat sacerdotal n'est pas exigée par la nature du sacerdoce, mais ses convenances avec celui-ci, pour des raisons à la fois théologiques et pastorales, sont tellement grandes que l'Eglise estime qu'elle ne peut y renoncer sans entraîner un grave appauvrissement de ce ministère et de sa fécondité. 

Quelles sont donc ces convenances qui justifient le maintien du célibat ? 

1) Le célibat permet au prêtre de ne faire qu'un avec le Christ

Il lui est plus facile de s'attacher ainsi à lui sans que son coeur soit partagé. Son offrande et sa configuration au Seigneur Christ n'en sont que plus parfaites. Le Christ est choisi comme Epoux exclusif. Le célibat devient alors un témoignage dans le monde, adressé à tous, que le Christ donne une plénitude et qu'il comble déjà totalement la vie.  

2) Le célibat permet au prêtre d'être comme le Christ

Le prêtre a pour vocation toute particulière de prolonger et de poursuivre dans le temps la mission du Christ qui est venu pour sauver tous les hommes. Dans la communauté des fidèles confiée à ses soins, il est le Christ présent. Il est un «autre Christ». Au moment de l'Eucharistie, il agit «in personna Christi». Par le célibat, le prêtre suit l'exemple du Christ et reproduit plus parfaitement en lui son image, rendant ainsi plus manifeste aux yeux des hommes l'offrande du Bon Pasteur.

  

3) Le célibat est un signe du Royaume de Dieu

La chasteté pour le Royaume des cieux est un signe particulier des biens célestes d'une grande valeur prophétique. Ce choix d'état de vie rend plus proche de la vie de tous les hommes le règne de Dieu à venir. Il porte au milieu du monde qui passe, l'annonce de la résurrection future, de la vie éternelle et de la vie d'union à Dieu.

  

4) Le célibat rend le prêtre conforme à Jésus-Christ, Epoux de l'Eglise

L'Eglise, comme Epouse du Christ doit être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus-Christ, Tête et Epoux l'a aimée. Le choix du célibat manifeste donc pleinement le don total et exclusif du Christ qui est l'Epoux à l'Eglise qui est l'Épouse.

  

5) Le célibat permet au prêtre d'être « père » pour tous

Le prêtre renonce à un amour personnel pour un amour universel. Son célibat est en vue de l'amour. Il est alors signe de l'amour de Dieu pour chacun. Quand on donne à Dieu, Dieu donne au centuple. En renonçant à une famille, le prêtre se voit recevoir par Dieu des familles, des enfants, des frères et sœurs au centuple. 

 

6) Le célibat donne au prêtre une plus grande efficacité pastorale

La vocation au sacerdoce ministériel exige de lui un don total, une consécration de sa vie entière. La vie conjugale et la vie familiale imposeraient au prêtre des exigences telles qu'il n'aurait plus la même liberté, la même disponibilité pour vivre en plénitude son sacerdoce et lui donner toute sa fécondité spirituelle. Il serait condamné à imposer des limites à sa vie sacerdotale en même temps qu'à sa vie d'époux et de père, ce qui entraînerait des insatisfactions pour tous.

  

7) La valeur du célibat sacerdotal est confirmée par la Tradition vivante  de l'Eglise

Certes, il y a eu des prêtres mariés durant les premiers siècles du Christianisme. A une époque où il était de coutume de se marier tôt, il n'était pas possible de faire autrement que de prendre des hommes mariés pour propager la Bonne Nouvelle. Il y avait nécessité. Les textes les plus anciens révèlent cependant que la continence était de rigueur après l'ordination. Par la suite, la discipline du célibat ne cessa d'être renforcée. La discipline de la continence des clercs, à l'origine de la discipline du célibat ecclésiastique, n'est donc pas le résultat d'une élaboration tardive, mais au contraire d'une tradition non-écrite d'origine apostolique.

  

8) Faire confiance à l'Esprit-Saint qui conduit l'Eglise

C'est l'Esprit-Saint qui conduit l'Eglise et qui l'a amenée à recevoir le charisme du célibat sacerdotal. Celle-ci a pu expérimenter au cours des siècles son importance inestimable. C'est pourquoi elle encourage chacun à y demeurer fidèle et à demander à Dieu de l'accorder toujours avec abondance. Les derniers papes, le Concile Vatican II et les Synodes des Evêques n'ont cessé d'exprimer avec clarté et force la ferme volonté de l'Eglise de rester fidèle à cet héritage malgré toutes les objections soulevées. Aussi ne contristons pas l'Esprit-Saint, ne participons pas à affaiblir l'unité et la mission de l'Eglise, en tombant dans le doute, mais sachons faire confiance et rendre grâce à Dieu pour un tel trésor, trésor dont l'Eglise a besoin pour le bien de sa mission dans l'avenir et pour tendre vers la civilisation de l'amour.