12 juin 2016

ANANIE ET SAPHIRE

  Ananie et Saphire    (Actes des Apôtres 5, 1-11)

   Le passage est troublant car il donne l’impression d’une grande sévérité et d’une absence totale de miséricorde. Comment comprendre et recevoir la mort subite d’Ananie et de Saphire ? 

  Il importe de voir qu’il ne s’agit pas d’un acte ordinaire, mais d’une situation exceptionnelle avec un enjeu d’une gravité extrême. Nous sommes au tout début de l’Eglise. Le mot apparaît d’ailleurs ici pour la première fois. L’acte qui nous est rapporté est un acte fondateur de l’Eglise. Il s’agit de préserver la communauté qui doit s’étendre sur toute la surface de la terre dans les siècles à venir pour apporter à tous les hommes le salut qui vient du Christ. Il y a en même temps au travers de cet évènement un message de portée universelle pour tous les hommes à venir. 

  Regardons de plus près la nature de la faute. Il ne s’agit pas d’un manque de générosité ni d’une désobéissance. Ananie restait libre de conserver une partie de ses biens. Sa faute consiste en un mensonge par lequel il veut s’assurer la gloire d’avoir tout donné et bénéficier de l’aide intégrale de la communauté. Mais, en trompant les apôtres, c’est l’Esprit Saint lui-même qu’il trompe. Il ment à Dieu. C’est bien en entendant la parole « tu as menti à Dieu » qu’Ananie expire. La mort exprime la gravité de ce mensonge. La gravité est liée aussi au fait que « Satan a rempli son cœur ». Alors que les croyants sont « remplis de l’Esprit Saint », Ananie et Saphire sont devenus les jouets de Satan. Il y a bien ici une rencontre entre l’Esprit Saint, l’esprit de vérité qui donne la vie et Satan, l’esprit du mensonge qui conduit à la mort. 

  La mort n’est pas donnée par Pierre qui est seulement averti par l’Esprit de Dieu de leur mensonge. Elle est donnée par Dieu comme signe pour manifester la gravité d’une faute qui tue. Ananie et Saphire étaient eux-mêmes devenus instruments de mort pour la communauté. Ainsi Dieu protège la communauté naissante tout en établissant la vérité sur ce qui tue. La crainte qui s’empare alors de l’Eglise entière et de tous ceux qui prirent connaissance de l’événement renforce l’attachement au Seigneur. Rappelons que la crainte ne consiste pas à avoir peur de Dieu. La crainte de Dieu signifie qu’il est la priorité de mon cœur. C’est la crainte de ne pas l’aimer comme il faut, de ne pas l’aimer assez. C’est une crainte qui stimule mon amour. Elle se manifeste par un ardent désir de connaître Sa Volonté et de mieux Le servir. 

  Qu’en est-il de la miséricorde ? L’intention de Dieu, ici, n’est pas de révéler sa miséricorde. Elle est cependant présente au travers de la lumière et de la préservation qui sont apportées ainsi à la communauté. En outre, même s’il n’en est pas question à l’égard d’Ananie et de Saphire dans ce passage, il n’est pas dit non plus qu’elle ne s’exerce pas pour eux sous une autre forme qui, bien sûr, demeure mystérieuse pour nous.

   Principaux ouvrages consultés :

-          Philippe BOSSUYT et Jean RADERMAKERS, s.j. Témoins de la Parole et de la Grâce  (Actes des apôtres),  I.E.T. de Bruxelles

-          Dom Paul DELATTE  Les épîtres de Saint Paul, tome1,  Solesmes

-          J. DUPONT, osb, La Sainte Bible-Les Actes des Apôtres,  Cerf

 

 

 

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