09 août 2015

AVORTEMENT : J'AI ETE UN EMBRYON

                                                                                    

 A quoi reconnaître qu’un être est un être humain ?

  De nombreuses réponses ont été avancées : la taille : un fœtus serait trop petit ; l’âge : dix, douze, vingt semaines, ou plus, avant la naissance, selon les avis ; le fait d’être désiré ; la reconnaissance par autrui ; le fait d’être conscient ; l’autonomie ; la possibilité d’une relation avec autrui. Mais alors, dans ces conditions, un bébé de quelques semaines, un autiste, un malade mental, un grabataire, un exclu pour tel motif social, racial, médical, ne méritent plus d’être traités comme des êtres humains ! Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose d’extrêmement scandaleux à décider par soi-même, en fonction de ses vues qui est humain et qui ne l’est pas ? Tous les critères énumérées précédemment sont arbitraires, discriminatoires et sans fondement. Il n’y a qu’une seule réponse objective qui puisse s’imposer à la raison, nous semble-t-il, de façon logique et irréfutable : 

                   Tout être vivant qui appartient à l’espèce humaine possède la nature humaine et est un être humain

  Il n’y a aucune exception. Tout membre de notre espèce possède la nature humaine et doit donc être traité comme une personne. Cette nature humaine est fondée biologiquement sur le caryotype commun à toute l’espèce. A cet individu unique de notre espèce s’applique la dignité attachée à la nature humaine et on doit dès lors lui reconnaître les droits de l’homme qui en découlent avec en premier lieu le droit à la vie.

 

Quand commence un être humain ?

  L’homme débute au moment où toute l’information nécessaire et suffisante se trouve rassemblée. Ce moment est la fécondation. 

  Lorsque l’ovule est fécondé par le spermatozoïde, un nouveau vivant existe et ce nouveau vivant est un individu appartenant à l’espèce humaine. Cette première cellule appelée zygote a été le point de départ dans la vie de chacun d’entre nous. Le moment de la conception est vraiment le moment de notre venue à l’existence. Tout ce que nous deviendrons ultérieurement physiquement trouve son origine ici. La génétique et la biologie moléculaire nous ont démontré que, dès la fécondation, l’œuf contient toute l’information nécessaire à son plein développement. Son information constitutive est complète. Plus rien ne sera ajouté à son programme. La science a révélé qu’il y a continuité de développement de la conception jusqu’à la naissance.

   A la conception, une vie nouvelle et unique est là avec la totalité de son patrimoine génétique. C’est le même être de la conception  à la mort. Professeur Jean-François Mattei : « Comme avant lui l’œuf fécondé et, après le fœtus, le nouveau-né, l’enfant, l’adolescent, l’adulte et la personne âgée, l’embryon n’est qu’à un moment donné l’expression morphologique d’une seule et même vie. » -Le Monde, 12/10/1993-

 

L’embryon est-il est un être humain ? 

1 : Tout être possédant la nature humaine est un être humain.

2 : Or, l’embryon humain possède la nature humaine. La nature humaine est communiquée au moment de la conception.

3 : Donc, l’embryon humain est un être humain. C’est un être vivant et unique appartenant à l’espèce humaine.

 

Peut-on ôter la vie à un embryon humain ?

1 : Tout être humain a droit à la vie et doit être respecté.

2 : Or, l’embryon humain est un être humain puisqu’il possède la nature humaine.

3 : Donc, l’embryon humain a droit à la vie et doit être respecté.

 


07 août 2015

L'EUTHANASIE

        

1/Qu’est-ce que l’euthanasie ?

 Sens étymologique : Mort douce sans cruelles souffrances, mort facile.

 XIXème siècle : Action qui tue une personne pour des raisons de «  pitié » ; meurtre « par pitié »

 Actuellement : Action  ou omission dont l’intention est de donner la mort afin de supprimer toute douleur ou d’empêcher une vie de souffrances ou une vie que l’on juge d’avance inhumaine. L’euthanasie fait partie de la catégorie de l’homicide, avec la particularité qu’elle dit s’accomplir « par pitié » et sans faire souffrir.

2/Il y a plusieurs situations d’euthanasie

 1) Mettre fin à la vie d’un malade pour lui éviter des souffrances. Le plus souvent, il s’agit d’une maladie mortelle. Trois cas peuvent alors se présenter :   a/ la demande vient du malade à suicide.   b/ la demande vient de la famille à homicide.   c/ la demande vient du médecin à homicide.  Le moyen utilisé peut être soit une intervention (ex. en pratiquant sur lui une injection mortelle), soit l’omission des soins nécessaires (ex. en ne l’alimentant pas).

 2) Eliminer un nouveau-né gravement handicapé pour lui éviter, à lui et à ses parents de graves souffrances : a) à la demande des parents.  b) à la demande du corps médical. En le tuant directement ou en le faisant mourir par privation  de soin ou de nourriture. à homicide, eugénisme.

3/Euthanasie et acharnement thérapeutique

 Attention à ne pas confondre ces deux problèmes. La solution de l’euthanasie est souvent présentée comme le moyen de lutter contre l’acharnement thérapeutique. La décision de stopper l’acharnement thérapeutique n’est pas un acte d’euthanasie. L’acharnement thérapeutique consiste à imposer au malade avec des moyens souvent coûteux et très sophistiqués, une lutte interminable et inutile contre la mort en prolongeant son agonie au-delà de toute limite raisonnable et supportable. Ainsi, il n’y a pas euthanasie lorsqu’on cesse de maintenir artificiellement en vie quelqu’un qui se trouve en état de mort  cérébrale irréversible et dont la vie est purement végétative, par exemple en interrompant le traitement de réanimation.

 Certains parlent dans ce cas d’euthanasie passive, mais l’expression n’est pas satisfaisante. Autre chose est d’accepter la mort (refus de l’acharnement thérapeutique), autre chose est de provoquer la mort (euthanasie).

 Cardinal Villot (1970) : « Dans nombre de cas, ne serait-ce pas une torture inutile d’imposer la réanimation végétative dans la phase dernière d’une maladie incurable ? Le devoir du médecin consiste plutôt à s’employer à calmer la souffrance, au lieu de prolonger le plus longtemps possible, par tous les moyens et à tout prix, une vie qui va naturellement vers sa conclusion. »

4/Les soins palliatifs

 En s’appuyant sur les techniques pointues en matière  de lutte contre la douleur et d’aide psychologique, ils visent à accompagner avec respect la vie jusqu’à la mort. Les spécialistes de l’anesthésiologie font observer qu’il n’existe aujourd’hui aucune douleur qui ne puisse partiellement du moins, profiter de la thérapie antalgique, de médicaments analgésiques de puissance exceptionnelle et qu’on peut employer contre la douleur des techniques hautement sélectives, avec des résultats bons, et parfois excellents. On peut prévoir que l’on fera dans l’avenir de nouveaux progrès dans la lutte contre la douleur, de façon à la rendre supportable dans ces rares cas où aujourd’hui les techniques analgésiques sont insuffisantes.

 Attention, il n’y a pas euthanasie lorsqu’on cherche à soulager les souffrances d’une personne arrivée au stade ultime de la maladie, en lui administrant des remèdes qui peuvent accélérer, comme effet secondaire, le processus mortel. En effet, encore une fois, l’intention ici n’est pas de faire mourir, mais de soulager les souffrances.

 Sur ce point, cependant, les dérives existent. Il est possible d’utiliser ces médicaments non pour soulager, mais pour provoquer la mort.

5/La demande d’euthanasie par un grand malade n’est pas un choix libre

 Les demandes sérieuses d’euthanasie sont extrêmement rares. Les professionnels des soins palliatifs assurent qu’un malade bien accompagné ne demande jamais l’euthanasie. La supplication d’un malade demandant la mort est ordinairement une demande angoissée d’aide et d’affection, un appel au secours. Il est courant de voir des gens proclamer à distance leur volonté de recourir à l’euthanasie et y renoncer au moment opportun ou de voir des malades en proie à un paroxysme de souffrance physique ou morale, réclamer à grands cris la mort et se féliciter de ne pas avoir été exaucés une fois la crise passée.

 C’est la souffrance qu’il faut vaincre. L’attitude vraiment humaine est d’aider, de soulager, de diminuer la souffrance et non d’ôter la vie. Le problème, c’est l’accueil du malade, son accompagnement, l’environnement humain. Les soins palliatifs suffisent souvent à chasser les demandes d’euthanasie.

6/La légalisation de l’euthanasie serait une menace pour la vie des gens fragiles.

 On vient de voir que la liberté d’un grand malade est diminuée par sa souffrance. Il est facile de peser sur cette liberté fragile en diminuant les soins palliatifs, en adoptant aussi un comportement indifférent, désagréable ou même culpabilisant afin de l’amener à une « demande » d’euthanasie.

 La « pitié » de la famille peut cacher, même inconsciemment, un égoïsme et servir de prétexte pour échapper à des situations pénibles et onéreuses. Il y a aussi l’attente possible d’un héritage.

 La « pitié » des praticiens peut cacher une priorité économique. Les soins palliatifs demandent du temps, du personnel et de l’argent alors que l’euthanasie ne demande qu’une injection. Cela peut être un moyen de libérer un lit d’hôpital.

7/L’acceptation de l’euthanasie conduirait à un engrenage et à des dérives inacceptables.

 En s’attaquant au respect de la vie humaine, c’est une certaine société que l’on prépare pour demain.  Voici les propos tenus par Jacques Attali, conseiller personnel de François Mitterand, dans l’Avenir de la vie : « Dans la logique même du système dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du Pouvoir. Dès qu’on dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher alors à la société. En effet, du point de vue de la société, il est préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. » Au début, la procédure sera encadrée. Puis, l’euthanasie se banalisera et élargira son champ d’application. De dérive en dérive, et c’est déjà le cas aujourd’hui, on se passera de plus en plus de l’avis du patient. Ainsi l'European Journal of Cancer met en avant le chiffre suivant : 40% des demandes d’euthanasie enregistrées en France dans une étude de février 2011 étaient formulées par d’autres personnes que le malade lui-même. Selon Pierre-Olivier Arduin, « L’ensemble des publications scientifiques internationales que nous avons examinées sur le sujet montre qu’une fois l’euthanasie institutionnellement approuvée, cette pratique développe sa propre dynamique et résiste à toutes les procédures de surveillance censées l’encadrer… Les pratiques euthanasiques se banalisant et le sentiment de transgression s’estompant, plusieurs enquêtes ont montré que les tiers, famille et médecins, se concertent pour passer outre le consentement du malade. » Il faut rappeler ce qui s’est passé dans le cas de la légalisation de l’avortement. Une loi d’exception qui devait répondre aux seules situations de détresse est aujourd’hui devenue un droit, un acquis social revendiqué pour passer à l’acte par simple convenance personnelle. S’habituer maintenant  à l’euthanasie, c’est peut-être accepter demain l’élimination des vies humaines jugées inutiles et pénibles pour la société (vieillards, maladies chroniques irrécupérables, fous, personnes handicapées, bébés difformes…). C’est la porte ouverte à l’eugénisme et aux notions utilisées par les nazis de « vies sans valeur », « citoyens improductifs », « sous-hommes ». C’est précisément en souvenir de cette idéologie que les allemands sont aujourd’hui si opposés à l’euthanasie.

8/Toute vie humaine a une valeur.

 Nous ne devons pas nous limiter à juger l’intérêt d’une vie en fonction de critères purement productifs, utilitaires ou hédonistes. Il n’y a pas de malade indigne. Les dimensions relationnelle, spirituelle et religieuse sont aussi à prendre en compte. Le malade peut simplement être heureux d’être là, d’avoir du temps pour Dieu, pour la réflexion, de pouvoir côtoyer sa famille, ses amis, d’entendre une musique…

9/La confiance doit être protégée.

 Un patient va à l’hôpital pour se faire soigner. Il doit avoir une totale confiance en son médecin et en l’équipe soignante. Quel genre de rapport une personne âgée, affaiblie et seule pourra-telle entretenir avec un praticien qui peut prendre la décision de le supprimer ? Il est important que le public sache que le médecin ne peut en aucun cas arrêter la vie, car sinon, impulsifs, affectifs, comme le sont les grands malades, ils en viendraient à se demander si telle injection, tel comprimé qu’on leur donne, ne sont pas destinés à les achever.

10/L’euthanasie est une fausse pitié.     JEAN-PAUL II, L’Evangile de la vie, n°66, 25 mars 1995 :

« Alors même que le motif n’est pas le refus égoïste de porter la charge de l’existence de celui qui souffre, on doit dire de l’euthanasie qu’elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante perversion de la pitié : en effet, la vraie compassion rend solidaire de la souffrance d’autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l’euthanasie paraît d’autant plus une perversion qu’il est accompli par ceux qui -comme la famille- devraient assister leur proche avec patience et amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles. »