28 mars 2018

A QUOI CELA SERT-IL DE CROIRE ?

Croire, au sens chrétien, c’est avoir la foi. Mais qu’est-ce que la foi ?

1 La foi est d’abord un don de Dieu. C’est Dieu qui vient toucher notre cœur et éclairer notre intelligence pour que nous puissions prendre conscience qu’Il est là et qu’Il nous aime. Ce n’est pas l’homme qui se donne la foi. Celle-ci est d’abord une initiative de Dieu. On emploie le mot grâce pour désigner cette initiative. La foi est le fruit d’une action progressive, patiente et aimante de Dieu dans notre âme. « Votre foi repose non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » dit saint Paul (1Co 2,5). « La foi est un don de Dieu à demander dans une prière ardente » dit également Jean-Paul II (Bénin, 1982).

2 La foi n’est pas une simple opinion que je me fais au sujet de Dieu. C’est une certitude qui s’impose à moi suite à une expérience intérieure. Lorsque j’ai fait l’expérience de la présence et de l’amour de Dieu, je ne doute plus de son existence.

3 Croire au sens chrétien, ce n’est pas simplement croire en l’existence de Dieu. C’est croire aussi que Dieu est Père, qu’Il est créateur du ciel et de la terre, qu’Il a envoyé son Fils, Jésus-Christ, parmi nous, pour prendre notre condition humaine et pour nous sauver du péché et de la mort éternelle. C’est croire qu’Il nous donne son Esprit par sa Parole dans l’Ecriture Sainte et par les sacrements, notamment celui de l’Eucharistie. C’est croire qu’Il peut changer notre vie pour la rendre plus belle. C’est croire qu’Il a fondé l’Eglise pour nous rassembler en une grande famille et pour nous guider vers la Vérité. C’est croire que nous sommes appelés à ressusciter avec notre propre corps et à vivre éternellement en intimité avec Lui.

4 La foi nous ouvre ainsi au don de Dieu. Ce don est infini. Il dépasse tous les biens matériels que nous pouvons acquérir au cours de notre vie terrestre. La foi nous ouvre sur une vie d’une grande intensité et d’une grande richesse qui nous saisit tout entier : « Nous savons et nous soulignons que, lorsqu’on reçoit le Christ par la foi, lorsqu’on fait l’expérience de sa présence dans la communauté et dans la vie personnelle, des fruits sont produits dans tous les domaines de l’existence humaine, écrit Jean-Paul II dans Euntes in mundum (1988).

5 La foi authentique est active et transforme notre vie quotidienne en nous communiquant une vie nouvelle qui engendre l’amour, le don de soi, le sens du pardon, la paix, la joie et le témoignage. La foi ne se sépare pas de la charité, comme le dit saint Paul : « Ce qui importe, c’est la foi agissant par la charité » (Galates 5,6). Saint Jacques (2,17) est encore plus précis en disant : « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte ».

6 La foi nous engage donc à servir ardemment notre prochain et à nous tourner vers Dieu : « La vie de foi se manifeste surtout par la participation à la vie sacramentelle et liturgique, ainsi que par une vie de prière constante » (Jean-Paul II aux évêques hollandais, 1983). Il faut en effet être nourri de Dieu pour pouvoir aimer à la manière de Dieu. Il faut boire à la source.

7 Pour mieux comprendre le sens de la foi, nous devons saisir le sens de la création. Pourquoi Dieu nous a-t-il crée ? Dieu est Amour. Il a créé l’homme par amour. Il a créé l’homme « à son image et à sa ressemblance » (Genèse 1,27), c’est-à-dire avec un esprit d’intelligence et de liberté, capable de le connaître, de recevoir son amour, de l’aimer et d’être uni à Lui. Plus encore, Il veut faire de nous ses fils. Il veut nous communiquer le bien le plus grand qui soit, sa propre vie divine, vie éternelle d’amour, de joie, de lumière, de sagesse. Ce don dépasse ce que nous pouvons imaginer. « Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4,10) dit Jésus à la Samaritaine. En fait, nous avons été créés pour ce qu’il y a de plus grand pour une créature : vivre éternellement en intimité avec le Créateur.

8 Il y a cependant un obstacle à cette vocation : le péché. Il est entré dans le monde par la désobéissance et la prétention de l’homme. Le péché a instauré une séparation et une coupure entre l’homme et Dieu. Il empêche la réalisation du projet d’amour de Dieu sur les hommes. Pourtant, Dieu n’abandonne pas l’humanité à son péché. Il envoie un sauveur, Jésus-Christ, son Fils unique.  En souffrant et en mourant sur la croix, Jésus a voulu nous faire comprendre qu’il n’y avait pas de limites à l’amour de Dieu, qu’il prenait sur Lui le poids de nos fautes et qu’il venait pour réparer le mal de l’humanité toute entière.

9 Ainsi, grâce au sacrifice d’amour de Jésus-Christ, l’homme peut retrouver le chemin de la justice et de la sainteté. Par Jésus-Christ, l’homme est libéré du péché et retrouve sa véritable relation avec Dieu.

10 La foi nous permet de découvrir et d’accueillir tous ces mystères. En ce sens, elle nous permet de recevoir le salut qui vient ce Dieu. Dans l’Evangile, Jésus-Christ nous montre très souvent le lien qu’il y a entre le salut et la foi par cette petite phrase : « Ta foi t’a sauvé » (Luc 18,42 ; Marc 5,34 et 10,52). Les apôtres ont enseigné la même chose : « Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en Lui (Jésus-Christ), car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devons tous être sauvés ». (Actes des Apôtres 4,12). Et Jean-Paul II montre bien l’importance de ce qui est en jeu, en disant : « Ne pas croire veut dire exactement : refuser le salut offert à l’homme par le Christ ». Il ne s’agit pas d’une menace, ni d’un chantage, mais bien plutôt d’un cri d’amour, le cri d’un père qui veut donner le bonheur, un bonheur sans fin, à ses enfants.

11 Voilà à quoi sert la foi ! Cela dépasse infiniment l’aspect utilitaire à court terme. C’est notre bonheur éternel qui est en jeu, c’est notre bien le plus élevé. C’est aussi notre attitude par rapport à Dieu. La foi est un juste retour à notre Créateur et Père. Imaginons que nous refusions de reconnaître que notre père soit notre père et que notre mère soit notre mère. Quelle injustice ! Quelle violence faite au cœur de ceux qui nous ont aimé et nous ont donné la vie !

12 L’homme peut-il vraiment se passer de Dieu ? Ne peut-il pas découvrir au fond de lui-même une présence et dire comme saint Augustin : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi » (Les Confessions, Livre I, Ch. 1)