24 août 2015

PETIT APERCU DE L'APPORT DE L'EGLISE A L'EUROPE ET A L'HUMANITE

  Notre société serait plus dure aujourd’hui et moins juste s’il fallait retirer d’un coup de baguette magique ce qu’elle doit au rôle civilisateur de l’Eglise qui a travaillé depuis 2000 ans à former les esprits et les cœurs. C’est elle qui est à l’origine des deux piliers de la civilisation : l’amour et le respect de la personne humaine, car Dieu-Trinité est « Amour » et l’homme a été créé « à son image ». Ces « vérités révélées » sont devenues le fondement de la dignité inviolable de la personne humaine.  C’est ici que les idées de fraternité, d’égalité et de liberté et des Droits de l’homme trouvent leur source.  Régis Debray, auteur non chrétien, rapporte dans un ouvrage récent que le mot fraternité est un mot latin apparu au IIe siècle chez les auteurs chrétiens par la grâce d’un « Dieu Un qui nous en a fait don en nous créant à son image » (Le Moment fraternité, Gallimard, 2009).  L’humanisme et la démocratie reposent à la fois sur la culture gréco-latine et sur l’héritage judéo-chrétien. A l’Eglise, on doit la lutte pour le respect de la vie. C’est elle qui recueillait à Rome les bébés qu’on abandonnait sur la place publique. Aujourd’hui encore, elle défend la vie à naître.

  Les moines ont défriché l’Europe. Ils ont fondé les écoles et les hôpitaux. On ne compte plus les congrégations religieuses qui se sont dévouées pour l’instruction, les soins aux malades, aux vieillards, aux orphelins et l’assistance aux plus pauvres, jusque dans les pays lointains.  La civilisation chrétienne a été la première civilisation non esclavagiste. L’esclavage, en effet, a disparu progressivement au cours du Moyen-Age pour réapparaître à la Renaissance.

  Au cours de la même période, l’Eglise a libéré la femme de sa condition d’infériorité, héritage de l’Antiquité, pour l’amener au rang d’une égale dignité avec l’homme, rang qu’elle perdra là aussi avec le phénomène de déchristianisation qui s’amorce à la Renaissance.  Le mariage chrétien, en impliquant  1°) l’égalité de dignité entre l’homme et la femme « Il n'y a plus ni homme ni femme ... » 2°) la monogamie 3°) le libre choix des partenaires 4°) leur consentement mutuel 5°) l’acceptation de la responsabilité conjugale et parentale dans la fidélité, a été source d’un grand progrès humain, mais il a fallu attendre plusieurs siècles pour que l’on puisse enfin se marier par amour. Si les décrets du Concile de Trente (1563) furent refusés en France, c’est précisément parce qu’ils réaffirmaient la liberté totale du consentement des époux et leur égalité.

  N’oublions pas l’institution de la Chevalerie et l’invention de la « Paix de Dieu » au début du XIe siècle, pour lutter contre les guerres privées, l’apport de l’Eglise dans les domaines de la spiritualité, de la culture et de l’art.  N’oublions pas également que les sciences expérimentales ont jailli et se sont développées exclusivement en Europe à partir du XVIe et du XVIIe siècle, ce qui a fait dire à Paul Valéry que « le christianisme a couvé la science ».  Terminons par l’image du roi Louis IX (St Louis) participant chaque jour à la messe et nourrissant lui-même les pauvres. 

  Aujourd’hui, dans le monde entier, l’Eglise est la principale institution non étatique à œuvrer en faveur des plus démunis. A titre d’exemple, en Afrique, elle fournit 42% des structures sanitaires et en Ethiopie 1% de catholiques fournit 90% de l’aide sociale du pays (N. Buttet, Fam. Chr. du 1/04/2017). Mentionnons également cette déclaration de Mgr Barragan à l’ONU du 27/06/2001 : « L’Eglise catholique assure 25% du total des soins donnés aux malades du sida dans le monde entier, ce qui l’accrédite comme le meilleur soutien des Etats dans la lutte contre cette maladie. »

  Notre propos est simplement de montrer que les fruits de la foi chrétienne peuvent être reconnus par la raison et susciter la sympathie et, pourquoi pas, l’admiration et la gratitude par les incroyants eux-mêmes.