30 août 2015

L'HOMME DESCEND-IL DU SINGE ?

   A strictement parler, l’affirmation « l’homme descend du singe » n’est pas correcte. Elle induit facilement en erreur en faisant croire que l’ancêtre immédiat de l’homme est un singe, que le premier homme lui-même est très proche du singe, qu’il y a donc eu des singes plus ou moins hommes et des hommes pas entièrement hommes. De là à penser que certains parmi nous sont plus proches du singe et moins homme que d’autres, il n’y a qu’un pas. Pourtant, la science a bien montré l’unité de notre espèce malgré la diversité des races. 

  En outre, d’un point de vue chrétien, cette expression ne tient pas compte que l’homme est créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » par son âme spirituelle. Elle peut donc participer à faire perdre de vue la dignité attachée à l’être humain en tant que tel. 

  L’ancêtre immédiat de l’homme, selon l’hypothèse de l’évolution, n’est pas l’un des grands singes actuels (chimpanzé, gorille, orang-outan) car nous savons toujours selon la même hypothèse que leur lignée et celle qui a abouti à l’homme se sont séparées à partir d’un ancêtre commun il y a plusieurs millions d’années (entre 5 et 40 selon les versions extrêmes). 

  Depuis les années 1970, les généticiens ont établi qu’il fallait 12 à 15 remaniements chromosomiques pour passer d’un caryotype de singe actuel à un caryotype d’homme. Cela oblige donc à envisager toute une série d’espèces distinctes pour passer de l’ancêtre commun aux singes et aux hommes à l’homme lui-même. La paléontologie nous avait déjà révélé que plusieurs êtres différents s’étaient succédé : ramapithèque, australopithèque, habilis, erectus, sapiens. Il y a certainement beaucoup à découvrir sur cette succession et peut-être même quelques chaînons manquants. 

  Entre le singe et l’homme, selon l’hypothèse de l’évolution, plusieurs espèces distinctes se sont ainsi succédé, constituant comme des étapes, des intermédiaires, des ébauches avant que l’homme véritable n’apparaisse à son tour. L’ancêtre immédiat de l’homme est donc un être fort éloigné du singe actuel mais pas encore humain. Il peut s’agir de l’homo erectus. 

  A. Leroi-Gourhan, « Le Geste et la Parole » (1964), p. 166 :

« Les faits montrent que l’homme n’est pas […] une sorte de singe qui s’améliore […], mais, dès qu’on le saisit, autre chose qu’un singe. »

 

 

 


16 août 2015

CELIBAT DES PRETRES : REPONSE AUX OBJECTIONS

1)      Faut-il penser que l'ordination d'hommes mariés n'est qu'une question de temps et que l'Eglise attend parce que les chrétiens ne sont pas encore mûrs pour le changement ?

Rien dans l'enseignement de l'Eglise ne permet de penser qu'il y aura un jour un changement. Au contraire la Tradition Vivante de l'Eglise n'a cessé d'accentuer toujours davantage le lien entre sacerdoce et célibat. La Tradition, guidée par l'Esprit Saint aurait-elle fait fausse route ? Il n'est pas juste de faire croire que la loi du célibat sacerdotal repose sur des raisons liées à l'époque. Le choix de l'Eglise dépend de raisons fondamentales qu'il faut faire connaître.

 

2)       A notre époque, la notion de célibat n'est-elle pas dépassée ?

Le célibat sacerdotal n'est pas lié à une époque, mais à la signification profonde d'une vocation qui garde sa valeur et ses exigences en tous lieux et en tous temps.

 

3)       Le célibat n'est-il pas un handicap pour comprendre parfaitement les  problèmes des couples et des enfants

Le prêtre n'est pas coupé de la vie. Il est au contact des enfants et des couples et bénéficie d'une expérience peu commune en ces domaines par de nombreux témoignages.

Il est évident que le prêtre perd quelque chose par le célibat mais il gagne ainsi tellement plus qu'il n y a pas à avoir de regret mais plutôt à rendre grâce pour ce don. Et puis, s'il était nécessaire de passer par un état de vie pour le comprendre, le prêtre devrait aussi être célibataire pour les célibataires, chômeur pour les chômeurs, handicapé pour les handicapés... Au contraire, le célibat donne au prêtre un coeur libre et ouvert pour accueillir toutes les personnes avec leurs souffrances et avec leurs joies.

 

4)       Les apôtres n'étaient-ils pas mariés ?

Les Evangiles ne parlent jamais d'épouses ou d'enfants à propos des Douze, même s'ils nous apprennent que Pierre, avant d'être appelé par Jésus, était marié. Cependant les textes ne parlent jamais de son épouse. On peut penser qu'il était veuf, donc libre pour suivre Jésus. En outre, la réponse des disciples paraît immédiate pour suivre le Christ. On peut penser que s'ils avaient été mariés ils auraient dû obtenir au préalable l'accord de leur conjointe.

De toute façon, à partir du moment où les apôtres suivent Jésus, ils ne mènent pas une vie de famille. Ils s’engagent totalement et définitivement. Ils partiront par deux pour évangéliser. Ils n'ont donc pas assumé en même temps, d’après ce que nous savons, une vie familiale et leur mission d'apôtre.

  

5) Le manque de prêtres ne devrait-il pas amener l'Eglise à changer d'attitude ?

C'est une idée répandue que l'admission au sacerdoce d'hommes mariés pourrait résoudre le problème du manque de vocations. Pourtant là où le mariage des prêtres a été admis, comme c'est le cas dans les Eglises orthodoxes ou protestantes, ou encore chez les moines bouddhistes en Corée du Sud, la situation ne s'est pas améliorée. La réalité des faits est illustrée par quelques chiffres : l’Eglise anglicane d'Angleterre a des milliers de  postes vacants. L'Eglise luthérienne d'Oldenburg en Allemagne compte seulement 200 pasteurs pour 583 000 fidèles, Alors que l'Eglise catholique de la même région compte 362 prêtres pour 216 000 fidèles.

Le manque de prêtres n'est pas une fatalité. Cette situation n'est pas nouvelle dans l'histoire de l'Eglise. En fait, la reprise, est amorcée depuis l'année 1978 et s'amplifie sans cesse d'année en année à tel point que depuis 1986, le nombre d'ordinations des prêtres diocésains est supérieur à celui des décès. Le nombre d'ordinations est passé de 5 781 en 1980 à 7 251 en 1987 et le nombre de séminaristes de 62 670 en 1978 à 96 155 en 1990 et à 116 000 en 2009.

 

6) L'ancienne tradition de l'Orient qui ordonne des hommes mariés ne  met-elle pas en cause la tradition de l'Eglise latine ?

La discipline de la continence des clercs ne différa officiellement pour l'Orient qu'à partir du concile de Constantinople, dit in Trullo, en 692. Dans un clair esprit d'opposition à Rome, celui-ci relâchera l'antique tradition en acceptant que la continence exigée des clercs « qui touchent au saint Mystère » devienne seulement « quand ils touchent au saint Mystère ». Pourquoi cette nuance byzantine ? Parce que les prêtres d'Orient, à la différence de ceux d'Occident, n'avaient pas pour habitude de célébrer la messe tous les jours. Elle confirme aussi de manière implicite le fondement doctrinal de la continence des clercs : c'est au nom de la génération surnaturelle du Royaume éternel, et nullement par mépris du mariage, qu'ils s'abstiennent de toute oeuvre de génération selon la chair. Le prêtre engendre les hommes dans le Christ en vue du Royaume. Etre consacré pour une si grande génération, celle du Royaume, entraîne une exclusion de l’autre génération, celle selon la chair.

 

7) Certains évêques ne sont-ils pas favorables à l'ordination d'hommes  mariés ?

Il peut arriver que des évêques expriment cette position mais ils sont très minoritaires. Le Synode des évêques de 1990 sur la formation des prêtres a confirmé le maintien du célibat. Jean-Paul II le rappelle dans l’exhortation apostolique Pastores dabo vobis de 1992 au n°29 : « Le Synode ne veut laisser aucun doute dans l’esprit de tous sur la ferme volonté de l’Eglise de maintenir la loi qui exige le célibat librement choisi et perpétuel pour les candidats à l’ordination sacerdotale, dans le rite latin. »