28 mars 2018

A QUOI CELA SERT-IL DE CROIRE ?

Croire, au sens chrétien, c’est avoir la foi. Mais qu’est-ce que la foi ?

1 La foi est d’abord un don de Dieu. C’est Dieu qui vient toucher notre cœur et éclairer notre intelligence pour que nous puissions prendre conscience qu’Il est là et qu’Il nous aime. Ce n’est pas l’homme qui se donne la foi. Celle-ci est d’abord une initiative de Dieu. On emploie le mot grâce pour désigner cette initiative. La foi est le fruit d’une action progressive, patiente et aimante de Dieu dans notre âme. « Votre foi repose non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » dit saint Paul (1Co 2,5). « La foi est un don de Dieu à demander dans une prière ardente » dit également Jean-Paul II (Bénin, 1982).

2 La foi n’est pas une simple opinion que je me fais au sujet de Dieu. C’est une certitude qui s’impose à moi suite à une expérience intérieure. Lorsque j’ai fait l’expérience de la présence et de l’amour de Dieu, je ne doute plus de son existence.

3 Croire au sens chrétien, ce n’est pas simplement croire en l’existence de Dieu. C’est croire aussi que Dieu est Père, qu’Il est créateur du ciel et de la terre, qu’Il a envoyé son Fils, Jésus-Christ, parmi nous, pour prendre notre condition humaine et pour nous sauver du péché et de la mort éternelle. C’est croire qu’Il nous donne son Esprit par sa Parole dans l’Ecriture Sainte et par les sacrements, notamment celui de l’Eucharistie. C’est croire qu’Il peut changer notre vie pour la rendre plus belle. C’est croire qu’Il a fondé l’Eglise pour nous rassembler en une grande famille et pour nous guider vers la Vérité. C’est croire que nous sommes appelés à ressusciter avec notre propre corps et à vivre éternellement en intimité avec Lui.

4 La foi nous ouvre ainsi au don de Dieu. Ce don est infini. Il dépasse tous les biens matériels que nous pouvons acquérir au cours de notre vie terrestre. La foi nous ouvre sur une vie d’une grande intensité et d’une grande richesse qui nous saisit tout entier : « Nous savons et nous soulignons que, lorsqu’on reçoit le Christ par la foi, lorsqu’on fait l’expérience de sa présence dans la communauté et dans la vie personnelle, des fruits sont produits dans tous les domaines de l’existence humaine, écrit Jean-Paul II dans Euntes in mundum (1988).

5 La foi authentique est active et transforme notre vie quotidienne en nous communiquant une vie nouvelle qui engendre l’amour, le don de soi, le sens du pardon, la paix, la joie et le témoignage. La foi ne se sépare pas de la charité, comme le dit saint Paul : « Ce qui importe, c’est la foi agissant par la charité » (Galates 5,6). Saint Jacques (2,17) est encore plus précis en disant : « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte ».

6 La foi nous engage donc à servir ardemment notre prochain et à nous tourner vers Dieu : « La vie de foi se manifeste surtout par la participation à la vie sacramentelle et liturgique, ainsi que par une vie de prière constante » (Jean-Paul II aux évêques hollandais, 1983). Il faut en effet être nourri de Dieu pour pouvoir aimer à la manière de Dieu. Il faut boire à la source.

7 Pour mieux comprendre le sens de la foi, nous devons saisir le sens de la création. Pourquoi Dieu nous a-t-il crée ? Dieu est Amour. Il a créé l’homme par amour. Il a créé l’homme « à son image et à sa ressemblance » (Genèse 1,27), c’est-à-dire avec un esprit d’intelligence et de liberté, capable de le connaître, de recevoir son amour, de l’aimer et d’être uni à Lui. Plus encore, Il veut faire de nous ses fils. Il veut nous communiquer le bien le plus grand qui soit, sa propre vie divine, vie éternelle d’amour, de joie, de lumière, de sagesse. Ce don dépasse ce que nous pouvons imaginer. « Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4,10) dit Jésus à la Samaritaine. En fait, nous avons été créés pour ce qu’il y a de plus grand pour une créature : vivre éternellement en intimité avec le Créateur.

8 Il y a cependant un obstacle à cette vocation : le péché. Il est entré dans le monde par la désobéissance et la prétention de l’homme. Le péché a instauré une séparation et une coupure entre l’homme et Dieu. Il empêche la réalisation du projet d’amour de Dieu sur les hommes. Pourtant, Dieu n’abandonne pas l’humanité à son péché. Il envoie un sauveur, Jésus-Christ, son Fils unique.  En souffrant et en mourant sur la croix, Jésus a voulu nous faire comprendre qu’il n’y avait pas de limites à l’amour de Dieu, qu’il prenait sur Lui le poids de nos fautes et qu’il venait pour réparer le mal de l’humanité toute entière.

9 Ainsi, grâce au sacrifice d’amour de Jésus-Christ, l’homme peut retrouver le chemin de la justice et de la sainteté. Par Jésus-Christ, l’homme est libéré du péché et retrouve sa véritable relation avec Dieu.

10 La foi nous permet de découvrir et d’accueillir tous ces mystères. En ce sens, elle nous permet de recevoir le salut qui vient ce Dieu. Dans l’Evangile, Jésus-Christ nous montre très souvent le lien qu’il y a entre le salut et la foi par cette petite phrase : « Ta foi t’a sauvé » (Luc 18,42 ; Marc 5,34 et 10,52). Les apôtres ont enseigné la même chose : « Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en Lui (Jésus-Christ), car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devons tous être sauvés ». (Actes des Apôtres 4,12). Et Jean-Paul II montre bien l’importance de ce qui est en jeu, en disant : « Ne pas croire veut dire exactement : refuser le salut offert à l’homme par le Christ ». Il ne s’agit pas d’une menace, ni d’un chantage, mais bien plutôt d’un cri d’amour, le cri d’un père qui veut donner le bonheur, un bonheur sans fin, à ses enfants.

11 Voilà à quoi sert la foi ! Cela dépasse infiniment l’aspect utilitaire à court terme. C’est notre bonheur éternel qui est en jeu, c’est notre bien le plus élevé. C’est aussi notre attitude par rapport à Dieu. La foi est un juste retour à notre Créateur et Père. Imaginons que nous refusions de reconnaître que notre père soit notre père et que notre mère soit notre mère. Quelle injustice ! Quelle violence faite au cœur de ceux qui nous ont aimé et nous ont donné la vie !

12 L’homme peut-il vraiment se passer de Dieu ? Ne peut-il pas découvrir au fond de lui-même une présence et dire comme saint Augustin : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi » (Les Confessions, Livre I, Ch. 1)

 


15 janvier 2017

QU'EST-CE QUE LA FOI AU SENS CATHOLIQUE ?

Cohérence, plénitude, intégrité et unité de la foi 

1  St Paul, Ephésiens 4,5 : « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ». 

2  St Paul, 1 Corinthiens 1,10 : « Frères, au nom de J.C. soyez tous d’accord et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis dans un même esprit et une même pensée. » 

3  Jean-Paul II, A.G. du 10/04/1985 : « Il s’ensuit l’acceptation de tout le contenu de la Révélation. » 

4  Jean-Paul II, aux cardinaux, 21/12/1984 : « Le bien le plus grand que le chrétien possède est l’authenticité et l’intégrité de la foi … chacun doit avoir présent à l’esprit le devoir qu’il a envers la vérité, principalement celle que Dieu a révélée et dont l’Eglise est la  gardienne ». 

5  Jean-Paul II, aux évêques autrichiens, 24/06/1988 : « Il y a aujourd’hui des vérités de foi oubliées, des commandements de Dieu oubliés. Nous avons besoin d’une prédication de la foi radicale et dynamique ». 

6  Acte de foi : « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper ».

 

Comment reconnaître et discerner ce qui fait partie de la foi ? 

7  St Augustin : « Vous qui, dans l’Evangile, croyez ce qui vous plaît et rejetez ce qui ne vous plaît pas, c’est à vous que vous croyez et non à l’Evangile ». 

8  Jean-Paul II, allocution à la Com. Théol. Intern. , 6/10/1981 : « Cette foi chrétienne dépend du Nouveau Testament et de la Tradition vivante de l’Eglise, telle qu’elle se manifeste dans les conciles œcuméniques des premiers siècles ». 

9  Jean-Paul II, Espagne, 1/11/1982 : « On ne peut croire au Christ sans croire à l’Eglise - Corps du Christ – On ne peut croire à l’Eglise dans la foi catholique sans croire en son magistère indispensable. La fidélité au Christ implique donc la fidélité à l’Eglise et la fidélité à l’Eglise comporte à son tour la fidélité à son Magistère ». 

 10  Jean-Paul II, A.G. du 24/04/1985 : « Croire de manière chrétienne signifie accepter la vérité révélée par Dieu comme l’enseigne l’Eglise ».

  11  Les évêques français : « Il est grand le mystère de la foi », oct. 1978 : « La foi n’est pas à inventer. Avec tous les fidèles, les évêques la reçoivent de la Tradition ».

  

La foi est un don de Dieu

  12  St Jean, 6,44 : « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». 

 13  St Paul, 1 Corinthiens 2,5 : « Votre foi repose non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu ». 

 14  Concile Vatican II, Dei Verbum 5 : « Pour exister, cette foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité ».

 

La foi est aussi une réponse de l’homme 

 15  Jean-Paul II, A.G. du 19/06/1985 : « La foi est la réponse consciente et libre de l’homme à l’auto- révélation de Dieu … La foi est une œuvre de la grâce qui agit dans l’intelligence et dans la volonté de l’homme et, en même temps, elle est un acte conscient et libre du sujet humain ».

 16  Jean-Paul II, Alaska, 26/02/1981 : « La réponse de la foi est toujours une réponse d’enfant qui reconnaît Dieu comme Père ».

   

La foi dépend d’une annonce 

 17  St Paul, Romains 10,14-17 : « Mais comment invoquer celui en qui on n’a pas encore la foi ? Comment croire en Celui dont on n’a pas entendu parler ? Comment en entendra-t-on parler, s’il n’y a personne pour prêcher ? … Ainsi la foi vient de la prédication et la prédication c’est l’annonce de la Parole du Christ ».

  18  St Paul, 1 Corinthiens 9,16 : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ».

 

 La foi dépend de notre désir 

 19  Sagesse 1, 1-2 : « Cherchez le Seigneur avec un cœur simple car Il se laisse trouver par ceux qui ne veulent pas le mettre à l’épreuve, Il se manifeste à ceux qui ne refusent pas de croire en Lui ». 

 20  Jean-Paul II, Bénin, 16/02/1982 : « La foi est un don de Dieu à demander dans une prière ardente ». 

 21  Blaise Pascal : « Voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur, Dieu tempère sa connaissance, en sorte qu’il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent, et non à ceux qui ne le cherchent pas ».

  

La foi sauve l’homme du péché et lui ouvre les portes de la vie éternelle 

 22  St Jean 8,24 : « Si vous ne croyez pas que Je suis, vous mourrez dans vos péchés ». 

 23  St Luc 18,42 et St Marc 5, 34 et 10,52 : « Ta foi t’a sauvé ». 

 24  Hébreux 10, 38 : « Mon juste vivra par la foi ». 

 25  Actes Apôtres 4,12 : « Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en Lui ; car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés ». 

 26  Concile Vatican II, Apostolicam Actuasitatem  6 : « La mission de l’Eglise concerne le salut des hommes qui s’obtient par la foi au Christ et par sa grâce ». 

 27  Jean-Paul II, A.G. du 30/03/1987 : « Ne pas croire veut dire exactement : refuser le salut offert à l’homme par Dieu ».

 

 Le salut est offert à tous

  28  St Paul, 1Timothée 11,4 : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». 

 29  St Paul, 2 Corinthiens 5,15 : « Jésus-Christ est mort pour tous ». 

 

L’orgueil, obstacle à la foi 

 30  St Pierre 5,5 et St Jacques 4,6 : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne sa grâce aux humbles ». 

 31  St Jean 5,44 : « Comment pouvez-vous croire, vous qui cherchez votre gloire les uns des autres et ne recherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ». 

 32  St Paul, 2 Thessaloniciens 3,2 : « La foi n’est pas donnée à tous ». 

 33  St Matthieu 11,25-26 : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté ».

 

 Il  n’y a pas à tirer orgueil de ce que l’on a 

 34  St Paul, Ephésiens 2, 8-9 : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas de nos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil. » 

 35  St Paul, 1 Corinthiens 4,7 : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu et si tu l’as reçu, pourquoi t’en enorgueillir comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

  

Faire grandir sa foi 

 36  Jean-Paul II, Redemptoris missio 2 : « La foi s’affermit lorsqu’on la donne ».

  

Les fruits de la foi 

 37  St Jacques 2,17 : « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte ». 

 38  Jean-Paul II,   Euntes in mundum, 25/01/1988 : « Nous savons et nous soulignons que, lorsqu’on reçoit le Christ par la foi, lorsqu’on fait l’expérience de la présence dans la communauté et dans la vie personnelle, des fruits sont produits dans tous les domaines de l’existence humaine ». 

 39  Jean-Paul II, aux évêques hollandais, 22/01/1983 : « La vie de foi se manifeste surtout par la participation à la vie liturgique et sacramentelle, ainsi que par une vie de prière constante ».

    

16 août 2016

POURQUOI DIEU PERMET-IL LA SOUFFRANCE DES HOMMES ?

 La souffrance de l'homme, comme sa mort physique d’ailleurs , ne vient pas de la création, mais du péché du premier homme qui est à l’origine d’une rupture entre celui-ci et Dieu. 

Nous savons que Dieu laisse l’homme libre de s’opposer à Lui. Il faut maintenant essayer de comprendre pourquoi Dieu laisse l’humanité subir les conséquences du péché que sont la souffrance et la mort ? Nous parlons ici plutôt d’une manière globale car il est évident que de nombreuses souffrances vécues par des personnes n’ont pas pour cause le péché de ces personnes. 

Effectivement, nous pourrions imaginer un Dieu nous laissant faire le mal, mais plein de bonté nous protégeant des conséquences douloureuses de ce mal.

 Cela est impossible car une telle attitude de la part de Dieu nous ouvrirait les portes de l’Enfer (le mal le plus grand) et nous séparerait pour l’Eternité du Royaume de Dieu (le bien le plus grand). 

En effet, si nous pouvions faire le mal sans que cela entraîne des conséquences fâcheuses ni pour les coupables, ni pour les victimes, l’humanité  toute entière serait encouragée à pratiquer encore davantage le mal et les cœurs des hommes s’endurcissant toujours plus, ces derniers seraient définitivement séparés de l’Amour. 

Au contraire, si Dieu laisse notre liberté s’exercer, y compris dans ses conséquences tragiques, il nous laisse capables de prendre conscience que le mauvais usage de cette liberté peut conduire à un chemin de perdition, qu’il existe un lien entre les désordres de l’humanité et le péché, la violence ou la haine auxquels s’abandonnent plus ou moins les hommes. La détresse humaine révèle les limites de l’homme et c’est souvent à travers cette détresse que Dieu va venir révéler qu’Il est Miséricordieux et Père. Notre détresse peut aussi nous révéler ce qu’il y a de vain et d’orgueilleux dans notre vie. Elle nous permet donc de retrouver le chemin de l’humilité, le chemin de la pauvreté, le seul chemin par lequel Dieu rentre dans les cœurs pour les sanctifier et les combler de son Amour.

 

 

11 août 2016

POURQUOI DIEU PERMET-IL LE MAL ?

Devant le mal qui ravage le monde et la révolte humaine qui peut en  résulter, l’Eglise a toujours répondu la même chose : Dieu n’a pas voulu cela

Ce que Dieu a voulu et ce que Dieu continue de vouloir pour l’homme, c’est la communion avec Lui-même. C’est pour cette fin que Dieu nous a créé libre, même s’il sait que cela entraîne le risque de la désobéissance et de la rupture avec Lui comme cela s'est produit au commencement avec le péché originel. La liberté n’est donc pas une fin, mais un moyen pour dire oui à Dieu en vue de notre bonheur éternel. 

L'une des grandes vérités du christianisme, c'est que Dieu a choisi l'impuissance pour se faire aimer. L'Amour ne s'impose pas. Lui qui est Tout-Puissant s'est fait petit enfant et a assumé notre condition d'homme jusqu'à la mort sur une croix. Lui, le Tout-Puissant, s'est laissé crucifier.

Dieu a  permis la désobéissance : 

       1/ Parce qu’Il ne veut pas se substituer à l’intelligence et à la volonté de l’homme. Une telle intervention de sa part dans la conscience de l’homme pour l’empêcher de désobéir équivaudrait à détruire sa créature et toute l’humanité avec elle. Dieu permet donc la désobéissance non pour que l’homme souffre des conséquences, mais pour qu’il garde l’existence et donc la possibilité de la vie éternelle. 

       2/ Parce qu’Il sait que les épreuves et les souffrances que l’homme va subir ne sont rien en comparaison du bonheur qu’Il nous prépare et parce que la vie éternelle avec Lui est infiniment supérieure à la vie actuelle séparée de Lui. 

St Paul aux Romains 818  « J’estime que les souffrances du temps présent sont sans proportions avec la gloire qui doit être révélée en nous » 

St Jean 1621   « Lorsque la femme enfante, elle est dans l’affliction puisque son heure est venue, mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de son accablement ; elle est toute à la joie d’avoir mis un homme au monde » 

       3/ Parce qu’Il sait qu’Il est plus puissant que le mal et qu’il  peut nous libérer définitivement de notre péché, par lequel précisément le mal se répand. Dieu est déjà vainqueur et si sa victoire est lente à se dessiner, c’est qu’Il nous laisse le temps de nous convertir. 

              St Jean 1633  « Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde »

 

      

 

15 juillet 2016

POURQUOI LA REDEMPTION SE FAIT-ELLE PAR LA CROIX ET LA MORT DE JESUS-CHRIST ?

1 – Qu’est-ce que la Rédemption ?  

 Le terme grec lutrosis (= rédemption) est formé à partir du mot lutron, qui signifie rachat. La notion de rançon est présente dans le concept de rédemption.

 La rédemption, cependant, n’est pas assimilable à une transaction commerciale. Elle opère, certes, un changement, mais ce changement signifie que nous retournons à Dieu, que nous lui appartenons de nouveau.

 Ce « rachat » est finalement très riche de signification. Il exprime :

-    la réparation du mal que nous avons fait,

-    la libération du péché, du démon,

-    le salut,

-    la réconciliation avec Dieu 

 La rédemption est l’œuvre du Christ. Elle commence avec l’Incarnation (Dieu se fait homme) et s’accomplit par le mystère de la Croix et de la Mort. La Rédemption est en même temps « la voie de la résurrection. » «  La résurrection constitue l’accomplissement définitif de la rédemption du corps » Jean-Paul II (Audience Générale du 27/01/82

 La rédemption se fait donc à travers le sacrifice de Jésus-Christ. Il s’agit d’une véritable offrande de soi. Cette offrande est à la fois :

-    un acte d’obéissance entièrement libre : « me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté » - (He 10, 7)

-    un acte d’humilité,

-    un acte d’amour,

-    un acte de pardon : « Père, pardonne- leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc, 23, 34

 La rédemption est nécessaire car l’homme s’est dressé par le péché contre Dieu. « Par ses seules forces, l’homme ne peut purifier son cœur, se libérer du poids du péché et s’ouvrir à la chaleur vivifiante de l’amour de Dieu » Jean-Paul II (Audience Générale du 13/04/83

 

2 – Le sacrifice rédempteur du Christ 

Mt, 26, 28 : « Ceci est le sang de l’Alliance, versé pour beaucoup, en rémission des péchés » 

1 Jn 4, 10 : « Dieu a envoyé son Fils comme victime de propitiation (en expiation) pour nos péchés » (voir aussi : 1 Jn 2, 2

Ep 1, 7 : « En lui, nous avons la rédemption (le rachat) par son sang » 

Mc 10, 45 + Mt 20, 28 : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » 

Ep 5 ,2 : « Le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur » 

 Jean-Paul II (Audience Générale du 20/04/83) : « C’est en souffrant et en mourant pour nous que le Christ nous a mérité le pardon de nos fautes et qu’il a rétabli l’alliance entre Dieu et l’humanité. Son sacrifice a été un sacrifice expiatoire, c’est-à-dire un sacrifice qui présente une réparation pour obtenir la rémission des fautes […] Le Christ sait parfaitement pourquoi il va à la mort : son sacrifice est le prix, la rançon pour la libération de l’humanité […] Ce sacrifice a été exprimé plus tard, dans la réflexion théologique, par les concepts de satisfaction et de mérite. Le Christ a offert une satisfaction pour les péchés et, par cela, il nous a mérité le salut. » 

 Jean-Paul II (AG du 27/07/88) : « L’œuvre de salut, c’est-à-dire la libération du péché, s’accomplira au prix de la passion et de la mort du Christ. Le Sauveur est en même temps le Rédempteur de l’homme. Il réalise le salut au prix du sacrifice de lui-même. » 

 Jean-Paul II (AG du 31/08/88) : « Le sacrifice du Christ est devenu le « prix » de la libération de l’homme : la libération de l’esclavage du péché. » 

 Jean-Paul II (AG du 19/10/88) : « Jésus a réparé la désobéissance qui est toujours incluse dans le péché humain, en satisfaisant à notre place les exigences de la justice divine. » 

 Jean-Paul II (« La miséricorde divine », Encyclique du 30/11/80) : « Et voici qu’en Lui, le Christ, justice est faite du péché au prix de son sacrifice et de son obéissance jusqu’à la mort » 

 

3 – Le salut par la Croix de Jésus-Christ est difficile à accepter 

1 Co 1, 18 : « Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. » 

1 Co 1, 23 : « Nous proclamons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs. » 

 Sur un autre plan, les expressions employées au paragraphe précédent sont de nature à troubler l’esprit. On parle, en effet, de « sacrifice d’expiation », de « rançon », de « prix », de « justice à satisfaire ». On pense inévitablement à un Dieu vengeur. Cela contredit l’idée que l’on se fait d’un Dieu qui nous aime et riche en miséricorde. 

 

4 – Le Christ lui-même a connu la détresse face à ce qui l’attendait 

Lc 12, 50 : « Je dois recevoir un baptême et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé. » (Voir aussi : Mc 10, 39 ; Mt 20, 23

Mc 14, 34 : « Mon âme est triste à en mourir » 

Lc 22, 24 : « En proie à la détresse, il priait plus intensément et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. » 

Mt 27, 46 ; Mc 15, 34 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » 

Lc 22, 42 : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse. » 

 

5 – Pourtant Dieu lui-même a voulu qu’il en soit ainsi 

 Jean-Paul II (Audience Générale du 13/04/83) : « Le sacrifice rédempteur n’est pas dû à ceux qui ont condamné Jésus, mais au Père qui a pris la décision d’apporter le salut à l’humanité par cette voie. » 

 Jean-Paul II (AG du 14/09/83) : « Il n’y a aucun doute, Jésus a conçu sa vie et sa mort comme moyen de rachat pour les hommes. Jésus a voulu se livrer pour nous. » 

 Jean-Paul II (AG du 07/09/88) : « Le Christ a été envoyé par Dieu dans le monde pour accomplir la rédemption de l’homme par le sacrifice de sa propre vie […] Dès le début de son activité messianique, Jésus insiste pour inculquer à ses disciples l’idée que le Fils de l’homme soit souffrir beaucoup (Lc 9, 22) […] Tout cela ne provient pas seulement des hommes, de leur hostilité à sa personne et à son enseignement, mais constitue l’accomplissement des éternels desseins de Dieu. » 

Jn 18, 11 : « Ne dois-je pas boire le calice que le Père m’a donné ? » 

 

6 – Jésus savait ce qui l’attendait 

 Jean-Paul II (AG du 05/10/1988) : « Jésus sait qu’il recevra un baptême de sang (Lc 12,50), même avant de constater que sa prédication et son comportement se heurtent à l’hostilité de certains milieux de son peuple qui ont le pouvoir de décider de son sort … Il sait que la raison d’être de l’Incarnation, le but de sa vie, est celui qui est prévu dans l’éternel dessein de Dieu concernant le salut … Jésus savait que sa mission messianique ne pouvait s’accomplir qu’à travers le sacrifice … Etre Messie, pour lui, signifiait donner sa vie en rançon pour la multitude (Mc 10,45). Depuis le début, Jésus savait que tel était le sens définitif de sa mission et de sa vie. » 

 

7 – Si Dieu est pardon, pourquoi demande-t-il une réparation ? 

 Certes, l’offense faite à Dieu par le péché est très grave et « revêt, dit St Thomas d’Aquin, un caractère de malice en quelque sorte infini ». A tel point que l’homme lui-même ne peut pas réparer le mal dont il est responsable. 

 La justice veut qu’on répare le mal dont nous portons la responsabilité. Mais l’amour de Dieu est infini. Il va infiniment plus loin que la justice. Il n’est pas soumis à la stricte observance de la justice. Alors pourquoi une réparation ? 

 St Irénée (« Contre les hérésies ») : « Si Dieu sollicite des hommes une oblation, c’est pour celui-là même qui l’offre, c’est-à-dire pour l’homme […] Dieu n’a pas besoin de notre sacrifice, mais celui qui offre est lui-même glorifié du fait qu’il offre, si son présent est accepté. » 

 Jean-Paul II (AG du 20/04/83) : « Même en étant disposé à pardonner, il demande pour le bien et l’honneur de l’homme lui-même une réparation. » 

 Nous comprenons bien que la réparation honore le fautif. Elle lui permet de se racheter. Mais le péché de l’humanité est trop grand. Pourtant, Dieu veut maintenir l’homme dans sa dignité. C’est pour cela qu’Il envoie son Fils afin que celui-ci répare ce que l’homme ne peut pas réparer par lui-même. 

 L’homme qui a conscience et qui regrette d’avoir mal agi sent bien qu’il y va de sa dignité et de son honneur de réparer le mal qu’il a fait ou tout au moins de contribuer à sa réparation. 

 Le fait que le salut de l’homme s’accompagne d’une réparation n’est donc pas à mettre sur le dos d’un Dieu qui nous châtie, mais découle tout simplement de la vérité que Dieu nous aime et qu’il nous respecte dans ce que nous avons de plus grand. 

 Les hommes du temps de Jésus avaient un sens développé de l’expiation. Ils pratiquaient régulièrement les sacrifices et les rites purificatoires. Il est compréhensible que les évangélistes et Saint Paul aient exprimé le mystère de la Rédemption avec ce vocabulaire si familier aux gens de l’époque. 

 

8 – Pourquoi la Croix et la Mort de Jésus ? 

 Dieu est entièrement libre. Il pouvait dans sa Toute-Puissance sauver les hommes par d’autres moyens. En nous envoyant son Fils unique pour prendre notre condition humaine avec tout le fardeau de nos péchés pour ensuite connaître la croix, la mort, et enfin la résurrection, Dieu a voulu nous sauver d’une manière parfaite et appropriée à notre nature humaine. 

 Essayons de comprendre l’intention divine dans le choix de la croix. Par la croix, Dieu révèle à l’homme des choses essentielles.

 La croix manifeste la gravité de notre péché

 Jean-Paul II (AG du 20/04/83) : « Le sacrifice expiatoire nous fait comprendre la gravité du péché […] Le Père donne à l’humanité son propre Fils pour qu’il offre cette réparation. Il nous montre par là l’immense gravité du péché, puisqu’il réclame la plus haute réparation possible, celle qui vient de son Fils lui-même. » 

 Aline Lizotte, Albi, 08/84 : « La croix nous montre le Christ crucifié. Il y a toute une pédagogie dans la croix. En effet, le Christ a été crucifié physiquement il y a 2000 ans, mais c’est depuis le péché d’Adam qu’il est crucifié spirituellement, depuis que l’amour de Dieu est rejeté et méprisé par les hommes. Le signe visible du Christ crucifié vient nous faire prendre conscience d’une situation qui existe depuis Adam. La croix nous montre l’état de notre cœur vis-à-vis de Dieu. »

 La croix du Christ nous montre ce à quoi aboutit notre péché.

 La croix manifeste l'amour infini de Dieu pour nous

 Jn 3, 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » 

 St Thomas d’Aquin (III 9, 49 art 3) : « De cette manière, l’homme sait à quel point Dieu l’aime, et l’homme à son tour est amené à l’aimer. » 

 Jean-Paul II (« La miséricorde divine », encyclique du 30/11/80) : « La croix est le moyen le plus profond pour la divinité de se pencher sur l’homme et sur ce que l’homme appelle son malheureux destin. La croix est comme un toucher de l’amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme. » 

 Jean-Paul II (AG du 13/04/83) : « Loin d’être un acte de cruauté ou de sévérité rigoureuse, le geste du Père qui offre son Fils en sacrifice est le sommet de l’amour […] Le Père a voulu un sacrifice de réparation pour les fautes de l’humanité, mais il a lui-même payé le prix de ce sacrifice en donnant son Fils. Par ce don, il a montré dans quelle mesure il était le Sauveur et jusqu’à quel point il aimait les hommes. » 

 Jean-Paul II (AG du 31/08/88) : « Pourquoi cette croix est-elle la puissance et la sagesse suprêmes de Dieu ? Il n’y a qu’une seule réponse : parce que dans la croix, l’amour s’est manifesté. » 

 Jean-Paul II (AG du 07/09/88) : « L’amour reste l’explication définitive de la rédemption par la croix […] Le Fils a pris sur lui le terrible joug du péché de toute l’humanité pour obtenir notre justification et notre sanctification. » 

 Jean-Paul II (AG du 19/10/88) : « Sans la souffrance et la mort du Christ, l’amour de Dieu pour les hommes ne se serait pas manifesté en toute sa profondeur et grandeur. »

 

Conclusion 

 Par sa croix et par sa mort, le Christ est solidaire jusqu’au bout de notre nature humaine pécheresse. Lui qui est sans péché et de condition divine, il se fait homme jusqu’à assumer les conséquences les plus tragiques de notre péché : la souffrance et la mort. Il nous montre que son amour est plus fort que notre péché

 La croix est vraiment le signe de la tendresse infinie de Dieu pour nous. Elle vient briser la dureté de notre cœur. Comment ne pas être touché au plus profond de notre être devant un tel acte d’amour ? 

 La croix nous donne l’espérance que notre péché n’arrêtera jamais l’élan d’amour de Dieu pour nous.

 

 

 

 

 

 

09 février 2016

MAGISTERE DE L'EGLISE ET INFAILLIBILITE

      Les questions et le thème de cette fiche concernent l’enseignement autorisé de l’Eglise qu’on appelle Magistère et non les comportements faillibles de ses fils et de ses pasteurs au cours de l’histoire. Cet enseignement est communiqué par le Pape seul ou avec le Collège des Evêques et jouit d’une autorité particulière en raison de l’assistance du Saint-Esprit. Son domaine est celui de la foi et des mœurs (Loi naturelle, règles morales).

     L’objectif est de clarifier les questions suivantes :

        - L’infaillibilité de l’Eglise se réduit-elle à l’enseignement « ex cathedra » ?

       - L’Eglise peut-elle se tromper ?

       - Le fidèle doit-il adhérer à tout le Magistère ? 

Plusieurs niveaux d’enseignement sont à distinguer :

 

      1)  Les vérités révélées  

     Il s’agit de ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise et que l’Eglise demande de croire comme divinement révélé. Elle peut le faire de trois façons :

        - par un jugement solennel, un acte définitoire du Pape (ex cathedra).

        - par un jugement solennel, un acte définitoire du Collège des Evêques réuni en concile.

        - par le Magistère ordinaire et universel.    

     On dira que ces vérités sont de foi divine et catholique, formellement révélées, irréformables et infailliblement proposées. Elles sont directement fondées sur la foi dans l’autorité de la Parole de Dieu (doctrine « de fide credenda »).

     Elles requièrent un assentiment de foi.

     Les affirmations opposées sont appelées hérésies.     

     En voici une liste non exhaustive :

         - Articles de foi du Credo (Nicée-Constantinople)

         - Dogmes christologiques (Chalcédoine)

         - Dogmes marials : Immaculée-Conception (Pie IX, 1854), Assomption (Pie XII, 1950)

          - Doctrine de l’institution des sacrements par le Christ et leur efficacité à conférer la grâce. (Trente)

         - Doctrine de la présence réelle et substantielle du Christ dans l’Eucharistie (Trente)

         - La nature sacrificielle de la célébration eucharistique (Trente)

         - La fondation de l’Eglise par la volonté du Christ (Vatican I)

         - Le primat et l’infaillibilité du Pape (Vatican I)

         - L’existence du péché originel (Trente)

         - Immortalité de l’âme spirituelle et rétribution immédiate après la mort (Benoît XII, 1336)

         - Absence d’erreur dans les textes sacrés inspirés (Vatican II)

         - Immoralité de l’avortement (Jean-Paul II, 1995) 

 

     2)  Les vérités proposées comme définitives   

     Il s’agit de vérités nécessairement liées à la Révélation divine. Elles sont connexes aux vérités de la foi. Le rapport peut être historique ou logique. Elles ajoutent à la foi des éléments non formellement révélées ou non encore reconnues expressément comme tels. Avec le développement du dogme et le progrès dans l’intelligence des réalités et des paroles, elles peuvent être proclamées comme dogmes de foi divine et catholique et, donc passer dans le groupe précédent. Elles peuvent être enseignées de trois façons comme les vérités précédentes :

        - par un jugement solennel, un acte définitoire du Pape (ex cathedra)

        - par un jugement solennel, un acte définitoire du Collège des Evêques réuni en concile.

        - par le Magistère ordinaire et universel. 

     Ce sont des doctrines fondées sur la foi dans l’assistance que l’Esprit-Saint prête au Magistère de l’Eglise et sur la doctrine catholique de l’infaillibilité du Magistère en ces domaines (doctrine de fide tenenda).

     Elles requièrent un assentiment ferme et définitif.

     Leur refus fait sortir de la pleine communion avec l’Eglise.

 

     Voici quelques exemples :

         - Illicéité de la contraception (Paul VI, 1968)

         - Illicéité de l’euthanasie (Jean-Paul II, 1995)

         - Illicéité de la prostitution (C. E. C.)

         - Illicéité de la fornication (C. E. C.)

         - Doctrine sur l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes (Jean-Paul II, 1994)

         - La célébration d’un concile œcuménique

         - La canonisation des saints

         - L’invalidité des ordinations anglicanes (Léon XIII, 1896)

     [Les quatre dernières sont dites vérités liées avec la Révélation par « nécessité historique »]

  

     Note 1 : Le charisme de l’infaillibilité 

     Contrairement à une idée largement propagée, il n’est pas restreint au Magistère extraordinaire du Pape lorsque celui-ci enseigne « ex cathedra ». Il recouvre aussi le Magistère ordinaire et universel quand il s’agit de vérités présentées comme révélées ou comme définitives.

     L’enseignement infaillible est aussi présent dans l’enseignement du Pape lorsqu’il confirme ou réaffirme une doctrine en déclarant explicitement qu’elle appartient au Magistère ordinaire et universel, soit comme vérité divinement révélée, soit comme vérité de la doctrine catholique.

     Enfin, il est aussi présent dans « une doctrine implicitement contenue dans une pratique de la foi de l’Eglise, dérivant de la Révélation ou, de toute façon, nécessaire pour le salut éternel, attestée par la Tradition ininterrompue », selon la note 17 de la note doctrinale du 29 juin 1998 illustrant la formule conclusive de la Professio fidei.

     Il est à noter que les documents de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, approuvés expressément par le Pape, participent au Magistère ordinaire du successeur de Pierre d’après l’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien, « Donum veritatis » du 24 mai 1990, N°18. 

 

     Note 2 : Les vérités contenues dans Dominus Jesus 

     Le cardinal Eyt - Doc. Cath. N°2234, p.873- indique qu’il s’agit d’un document de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (30/06/2000) approuvé par le Pape « avec science certaine et son autorité apostolique ». Il l’a confirmé et en a ordonné la publication le 6/08/2000.

     Il s’agit d’une déclaration. Le 5/09/2000, Mgr Bertone précise : « Le mot de déclaration signifie que le document n’enseigne pas des doctrines nouvelles qui découleraient du développement et de l’explication de la foi, mais qu’il réaffirme et résume la doctrine de la foi catholique définie ou enseignée dans des documents antérieurs du Magistère. Le document est de nature magistérielle universelle. Il porte sur des vérités de foi divine et catholique (premier groupe) ou des vérités de la doctrine catholique à tenir fermement (deuxième groupe). » On est dans le domaine de l’infaillibilité et l’assentiment requis a un caractère définitif et irrévocable.

 

    Voici ces vérités, énumérées au paragraphe 4 :

         - Caractère définitif et complet de la Révélation de Jésus Christ

         - L’inspiration des livres de la Sainte Ecriture

         - L’unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth

         - L’unité de l’économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit

         - L’unicité et l’universalité salvifique de Jésus Christ

         - La médiation salvifique universelle de l’Eglise

         - La non-séparation entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l’Eglise

         - La subsistance de l’unique Eglise du Christ dans l’Eglise catholique

    «  Des vérités qui appartiennent au patrimoine de foi de l’Eglise » selon Dominus Jesus N°3 

 

      3) Les doctrines non proclamées par un acte définitif     

    Il s’agit de l’enseignement du Pape, seul ou avec le Collège des Evêques, lorsqu’il exerce le Magistère authentique et ordinaire sans avoir l’intention de le proclamer par un acte définitif.

    L’assistance divine est donnée à cet enseignement qui est présenté comme vrai ou au moins comme sûr. On est dans la logique et sous la mouvance de l’obéissance de la foi.

    L’attitude appropriée est l’adhésion, la soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence.

    Les propositions contraires sont considérées comme erronées.

 

    Voici quelques illustrations générales :

         - Décisions magistérielles en matière de discipline

         - Les documents de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi approuvés expressément par le Pape participent au Magistère ordinaire

         - Une doctrine pour aider à l’intelligence plus profonde de la Révélation ou de ce qui en explicite le contenu

         - Pour rappeler la conformité d’une doctrine avec les vérités de la foi

         - Pour mettre en garde contre des conceptions incompatibles avec les vérités de foi 

 

      4) Les interventions d’ordre prudentiel  

    Pour mettre en garde contre des opinions dangereuses pouvant conduire à l’erreur, le Magistère peut intervenir sur des questions débattues dans lesquelles sont impliqués à côté de principes fermes, des éléments conjecturaux et contingents. 

    Il peut arriver que des documents magistériels ne soient pas exempts de déficiences, cependant on ne peut conclure de là que le Magistère puisse ne pas jouir de l’assistance divine et se tromper habituellement dans ses jugements prudentiels.

    Il faut  prendre en compte que certains jugements ont pu être justifiés à l’époque où ils furent prononcés parce que les affirmations visées mêlaient inextricablement des assertions vraies et d’autres qui n’étaient pas sûres. Seul le temps a permis d’opérer le discernement et, à la suite d’études approfondies, d’aboutir à un vrai progrès doctrinal. 

    La volonté d’acquiescement loyal à cet enseignement du Magistère, en matière de soi non-irréformable, est la règle de l’obéissance de la foi. Une attitude opposée est téméraire et dangereuse. 

 

    Nous pouvons maintenant répondre aux trois questions initiales :

 

    L’infaillibilité se réduit-elle à l’enseignement « ex cathedra » ? 

   Non, celle-ci n’est pas limitée au Magistère extraordinaire mais concerne aussi le Magistère ordinaire et universel lorsque celui-ci porte sur les vérités révélées et les vérités définitives en matière de foi et de mœurs.   

    L’Eglise peut-elle se tromper ?

    Elle ne se trompe pas lorsqu’elle enseigne les vérités précédentes. Le Magistère ordinaire et universel va cependant au-delà de ces vérités tout en étant assisté par le Saint Esprit. Là aussi l’erreur n’est pas enseignée, tout au plus pourra-t-on parler, à l’occasion, de déficiences sur des sujets insuffisamment débattus. Parfois également, des enseignements liés à des circonstances historiques peuvent devenir caduques avec le temps. Le Magistère le reconnaît et apporte les modifications nécessaires.

    La Note doctrinale du 29 juin 1998 illustrant la formule conclusive de la Professio fidei se termine ainsi : « Dans toute profession de foi, l’Eglise vérifie les différentes étapes auxquelles elle est parvenue dans sa marche vers la rencontre définitive avec le Seigneur. Rien de son contenu ne se trouve dépassé avec le temps ; au contraire, tout devient patrimoine irremplaçable par lequel la foi de toujours, de tous, vécue en tout lieu, contemple l’action permanente de l’Esprit du Christ ressuscité qui accompagne et vivifie son Eglise pour la conduire à la plénitude de la vérité. » La Note est signée du Cardinal Ratzinger et de Mgr Bertone. 

    Le fidèle doit-il adhérer à tout le Magistère ?

    La réponse est oui car cet enseignement est vrai, fondé sur la Parole de Dieu, proposé par l’Eglise qui tient sa mission du Christ, et guidé par le Saint-Esprit.

    Donum veritatis du 24/05/1990 précise au N°36 « La liberté de l’acte de foi ne saurait justifier le droit au dissentiment » et au N°38 « Le recours au devoir de suivre sa conscience ne peut légitimer le dissentiment »

   Le dissentiment est un désaccord qui conduit à une opposition de nature conflictuelle.

   Dans St Luc 10,16 nous trouvons aussi « Qui vous écoute, m’écoute »

  

30 juillet 2015

LA TRINITE

  

Le Credo du Concile de Nicée (325)

« Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Il est Dieu, né de Dieu, lumière né de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait […]

Je crois en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. »

 

La révélation de ce mystère

C’est le mystère le plus incompréhensible, le plus ineffable, le plus inscrutable, car c’est le mystère de Dieu lui-même. Il ne peut être saisi que par la foi.

Vatican II : « Un de ces mystères cachés en Dieu, qui ne peuvent être connus s’ils ne sont révélés d’en haut. » 

Dans l’Ancien Testament, il n’est pas encore révélé. Il y a tout au plus des allusions voilées, comme par exemple dans l’utilisation du nom pluriel appliqué au Dieu unique : Elohim.

En fait, c’est Jésus-Christ lui-même qui nous a fait connaître le mystère de la Trinité.

La formule trinitaire la plus claire du Nouveau Testament est peut-être celle de 2 Co 13 13 : « La grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous. »

 

L’unicité de Dieu

Concile de Florence (1442) : « Ces trois personnes sont un unique Dieu |…] parce que unique est la substance des Trois, unique l’essence, unique la nature, unique la divinité, unique l’immensité, unique l’éternité ; car en Dieu tout est une seule chose là où il n’y a pas opposition de relation. » On pourrait compléter et dire unique est l’amour, unique est la sagesse, unique est la puissance.

Jn 14, 8-9 : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. […] Qui m’a vu a vu le Père.»

 

La Trinité

C’est le mystère qui nous dit que Dieu est à la fois UN (nature, substance, …) et TRINE (personnes).

Dieu est à la fois Père, Fils et Esprit-Saint.

Les trois personnes sont de même nature, éternelles, égales.

Et pourtant, elles sont distinctes. Ce qui les distingue, c’est la relation qu’elles ont entre elles.

 

Qui est le Père ?

Le Père est principe. Il est celui par lequel tout l’être de Dieu est dit révélé, manifesté, donné.

Le père est pure paternité. C’est ce qui le distingue des deux autres personnes.

 

Comment le Père engendre-t-il le Fils ?

Il y a en Dieu deux choses qui sont éminemment fécondes :

-          la connaissance : Dieu est Lumière, Dieu est Sagesse

-          L’amour : Dieu est Amour, Dieu est Don 

Le Père révèle et donne la lumière et l’amour qui sont en Lui. Il le fait en se connaissant Lui-même. Et c’est justement en se connaissant Lui-même qu’il engendre éternellement (de toujours à toujours) un Autre lui-même. Cet Autre lui-même, c’est le Fils. Le Fils est donc engendré par le Père sous le mode de la connaissance intellectuelle. Il est le Verbe de Dieu.

« Le Verbe est l’Image du Dieu invisible » Col 1,15 ; He 1, 1 

De toute éternité, le Père est principe de la génération et le fils en est le terme. 

Ce mystère est insondable. L’explication comparative la plus recommandée par l’Eglise pour essayer de comprendre est l’activité intellectuelle de l’esprit humain. L’homme, en effet, se connaît par sa pensée. Sa pensée est comme un reflet, une ressemblance de ce qu’il est. Cette comparaison est toutefois imparfaite car lorsque je me pense moi-même, je n’exprime pas toute la réalité de mon être. A l’inverse, lorsque le Père se pense lui-même, en une seule pensée, il exprime totalement son être.

 

Qui est le Fils ?

Le Fils est la manifestation totale et parfaite du Père. Le Fils est l’Amour donné du Père. Il est le Père révélé.

Jn 10,30 : « Le Père et moi, nous sommes Un. »

Jn 14, 6-7 : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissez, vous connaissez aussi mon Père : dès à présent, vous le connaissez et vous l’avez vu. »

Jn 14, 9 : « Qui m’a vu a vu le Père. »

Jn 14, 10 : « Je suis dans le Père et le Père est en moi. »

Jn 17, 10 : « Tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi. » 

Le Fils est pure filiation. Le Père donne tout au Fils, sauf le fait d’être Père. Il n’y a aucune séparation entre le Père et le Fils.

 

Quelle est la relation entre le Fils et le Père ?

Toute l’œuvre du Fils est de dire, de révéler, de manifester le Père. Le Fils retourne vers le Père et rend au Père tout ce qu’il a reçu, tout ce qu’il est, sauf le fait d’être Fils.

 

Comment le Saint-Esprit procède-t-il du Père et du Fils ?

Dans la Trinité, le Père se donne totalement et communique toute sa substance au Fils. Il est donc dans le Fils. Celui-ci se rend en action de grâces au Père et lui rend toute sa substance. Il est donc dans le Père. Le Père et le Fils sont alors l’un dans l’autre comme aimant-aimé ; De cette union jaillit (spire) encore l’Amour, et cet Amour, c’est la troisième personne de la Trinité : le Saint-Esprit. C’est en ce sens que l’Esprit-Saint procède à la fois du Père et du Fils. S’il ne procédait que du Père, il n’y aurait que le Père qui serait aimant et le Fils serait seulement aimé.

L’Esprit-Saint est pur lien d’amour entre le Père et le Fils. 

Paul VI : « Nous croyons au Père qui engendre éternellement, au Fils, Verbe de Dieu qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils, comme leur éternel Amour. » - Profession de foi catholique. 

Par convenance, au Père sont appropriées les œuvres de puissance (création), au Fils les œuvres de sagesse, à l’Esprit-Saint les œuvres de l’amour (la Providence). Mais en fait, c’est la Trinité qui est Puissance, Sagesse et Amour. 

 

Résumé :

 

Dieu est Amour signifie d’abord la communion d’amour des trois personnes divines : Amour donné, Amour reçu, Amour échangé.

La Trinité, c’est tout le Père donné, tout le Fils donné, tout l’Amour donné.

La Trinité, c’est le don total de l’Aimant (Père) et de l’Aimé (Fils) d’où jaillit l’Amour (Esprit-Saint).

La Trinité, c’est la compénétration réciproque (circumincession) des trois personnes.

 

Concile de Florence (1442) : « Le Père est tout entier dans le Fils, tout entier dans l’Esprit-Saint ; le Fils est tout entier dans le Père, tout entier dans l’Esprit-Saint ; l’Esprit-Saint est tout entier dans le Père, tout entier dans le Fils.

 

 

 

                       

 

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