30 décembre 2015

MARIAGE ET HOMOSEXUALITE : QU'EST-CE QUI FAIT PROBLEME ?

 Deux exigences à prendre en compte

 

1) Première exigence : le respect des personnes homosexuelles

  Ces personnes n’ont pas choisi leur état et le vivent plus ou moins bien. Elles ont pu subir des moqueries ou des rejets. Il n’y a pas à les juger et à les culpabiliser d’être ce qu’elles sont. Nous devons faire preuve à leur égard d’une délicatesse particulière car elles peuvent vivre des déceptions, des blessures, des révoltes profondes.

  Il y a une distinction à faire entre l’homophilie qui désigne simplement la tendance, l’attrait pour les personnes de même sexe, la structuration psycho-affective et l’homosexualité qui concerne le passage à l’acte, le comportement sexuel lui-même. Il n’y a pas contradiction à désapprouver un comportement tout en respectant infiniment l’auteur de ce comportement. 

2) Deuxième exigence : le devoir de vérité

  Nous devons faire preuve d’un grand souci de vérité car nous touchons là à des sujets fondamentaux : le mariage, la famille, la sexualité, mais aussi l’homme et la femme. Leur impact sur la vision de l’homme et sur le devenir de la société dépasse ce que nous pouvons imaginer. La méthode pour parvenir à la vérité objective consiste à s’affranchir des idées à la mode et des désirs individuels pour regarder par la raison ce qui est conforme au réel et à la nature objective des choses.

  Le mot « nature » est ambigu. Distinguons bien la Nature au sens de l’ordre naturel des choses qui est objectif et de portée universelle, ce dont nous parlons ici, et la nature au sens de tendances spontanées dites naturelles. Le fait de ressentir comme naturelle telle ou telle inclination que j’ai ne signifie pas que cela soit forcément conforme à l’ordre naturel des choses. Par exemple, ce n’est pas parce que des personnes se sentent naturellement attirées sexuellement vers des enfants que cela est conforme à la vérité sur la nature et le sens objectif de la sexualité.

  Le besoin de vérité concerne aussi la personne homosexuelle qui s’interroge sur sa véritable identité, le pourquoi de son état, sur ce qui est bien pour elle, sur le chemin à prendre pour plus de liberté et plus de bonheur. C’est un service qui peut pacifier que d’aider quelqu’un à faire la lumière sur lui. A l’inverse ce n’est pas rendre service à la personne homosexuelle que de l’encourager à s’enfermer dans son homosexualité. 

3) Les causes de l’homosexualité

  L’origine n’est pas génétique. Toutes les études en ce sens n’ont rien donné. On n’est pas programmé pour être homosexuel. Il y a un doute d’après certains chercheurs pour un tout petit nombre de cas. L’hypothèse proposée est alors celle d’un dérèglement hormonal.

  A partir de témoignages de nombreuses personnes homosexuelles elles-mêmes, l’explication généralement avancée est psychologique et affective. On ne peut réduire l’homosexualité à une cause unique. De nombreux facteurs peuvent s’additionner tout au long de l’enfance, de l’adolescence, et même parfois de la vie adulte, pour finalement entraîner cette orientation sexuelle. Cela d’autant plus qu’il existe au cours de l’adolescence une période d’ambivalence quant à l’orientation de l’affectivité. Des conflits internes, pas forcément violents, peuvent brouiller la reconnaissance de sa propre identité sexuelle et rendre difficile l’intériorisation de l’autre sexe. L’enfant ou l’adolescent va alors se fixer sur la similitude au lieu de se tourner vers la différence. De nombreuses circonstances peuvent intervenir et avoir pour résultat une identification à l’autre sexe, mais aussi un rejet ou une peur de l’autre sexe, avec pour conséquence l’orientation de son affectivité et de sa sexualité vers une personne du même sexe.

 4) La théorie du genre

  Nous pouvons en parler ici car le « mariage » homosexuel est comme une sorte de cheval de Troie pour nous mener à ce que l’on peut appeler une révolution anthropologique. La théorie soutient que les différences de rôle et d’image entre l’homme et la femme sont uniquement d’origine culturelle. La sexuation des individus, dans ces conditions, est une construction sociale et culturelle. L’homme n’est plus défini par son sexe. La dimension biologique et anatomique est effacée. On naît « neutre ». C’est la société qui imposerait à chaque femme d’être femme et à chaque homme d’être homme.

  Les théoriciens du genre veulent en finir avec la distinction des sexes. Ils considèrent qu’il ne peut y avoir de différence sans inégalité. Pour parvenir à une égalité parfaite entre les hommes et les femmes, ils vont nier le réel en faisant qu’il n’y ait plus ni fille ni garçon, ni femme ni homme, mais que des êtres indifférenciés qui choisissent leur sexe et leur orientation sexuelle.

  Les idées nouvelles ne sont pas forcément les meilleures. Nous ne devons pas confondre changement et progrès. L’évolution peut être régressive.

  

Les conditions d’un vrai débat sont faussées

 

5) L’arme de l’homophobie

  Certes, il faut dénoncer les comportements homophobes  et tout ce qui est injures, insultes, moqueries, mépris et rejet.

  Pourtant, à côté de cela, nous constatons que le mot homophobie est devenu une arme redoutable et qui porte gravement atteinte à la liberté d’expression. L’homophobie est instrumentalisée pour donner mauvaise conscience et pour faire taire par la peur. Les lois anti-homophobies permettent des peines jusqu’à trois ans de prison et 45000€ d’amende. Il n’est plus possible aujourd’hui de parler librement sur le sujet de l’homosexualité car c’est devenu un délit d’opinion. Ainsi, refuser de mettre à égalité le comportement homosexuel et le comportement hétérosexuel, s’opposer au mariage et à l’adoption pour les personnes de même sexe, c’est être homophobe. Le gouvernement va dans ce sens, avec cette déclaration de Mme Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille, « Quand on ne donne pas les mêmes droits aux homosexuels et aux hétérosexuels, n’est-ce pas de l’homophobie ? » Certains n’hésitent pas à associer ce refus à du racisme, tel Lilian Thuram : « Ceux qui refusent le mariage pour tous … sont dans la même démarche que ceux qui refusaient l’égalité à des hommes et à des femmes parce qu’ils étaient noirs. »

 6) Manipulation, prosélytisme, victimisation, agressivité

  Le lobby homosexuel même s’il ne représente qu’une minorité des personnes homosexuelles a acquis beaucoup de puissance. A preuve, la volte-face de Mr Hollande qui, après avoir reconnu aux 36000 maires de France la liberté de conscience pour célébrer ou pas eux-mêmes le « mariage » homosexuel, s’est vu rappeler à l’ordre par le micro lobby de l’inter LGBT, l’a ensuite reçu dans les 24 heures à l’Elysée pour revenir aussitôt sur sa déclaration de la veille.

  Les associations homosexuelles bénéficient de subventions importantes de la part de l’Etat et des collectivités locales. A titre d’exemple, en 2011, la municipalité de Paris a distribué 112000€ au centre LGBT, 35000€ à Act Up, 40000€ à Paris Foot Gay, 10000€ à SOS Homophobie, 8000€ pour l’organisation d’un festival du film lesbien entièrement interdit aux hommes, 8000€ à Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes et, à titre de comparaison, 15000€ au Secours Catholique pour l’année 2012.

  Elles sont particulièrement soutenues par les médias. En 2003, selon Media-G, la TV française a abordé le sujet de l’homosexualité dans 764 émissions. Les journalistes étant acquis à leur cause, les débats, lorsqu’ils ont lieu, sont généralement très orientés dans le sens de leurs revendications.

  L’école n’est pas en reste. La jeunesse française est soumise à un formatage depuis de nombreuses années. Des associations homosexuelles interviennent dans les classes dans le cadre de l’Education Nationale. On joue beaucoup sur les sentiments. Il est facile de manipuler les jeunes à partir de leur sensibilité en leur faisant étudier un témoignage émouvant (texte, livre, film) mettant en jeu un homosexuel, victime d’un méchant homophobe.

  Il y a aussi la victimisation excessive. L’affaire Nouchet (2004) en est une manifestation très significative. Cette personne homosexuelle « violentée » avait donné occasion aux médias et aux politiques de dénoncer l’homophobie ce qui avait débouché sur l’institution de la Halde alors que l’affaire se termina ultérieurement par un non-lieu. En France, cependant, les agressions de personnes homosexuelles et les cas de propos homophobes par voie de presse et qui auraient justifiés  l’application de la loi de 1881 sont quasiment inexistants.

  Cela n’empêche pas certaines organisations comme Act Up de mener des actions provocatrices et agressives comme l’installation d’une banderole sur ND de Paris (1989) ou l’interruption de la Messe de Toussaint au même endroit (1991) ou encore l’agression de Mgr Jacquin, son recteur, frappé et jeté à terre par un commando venu organiser, avec la complicité de France 3 et de France Info, une parodie de « mariage » homosexuel « célébré » par un militant déguisé en prêtre (2005).

  Le problème aujourd’hui, ce n’est plus l’homophobie, ce n’est plus l’irrespect des personnes homosexuelles, mais c’est plutôt ce climat de matraquage et de terrorisme intellectuel qui a été institué et que l’on pourrait appeler homofolie. Ce n’est pas un hasard si on est parvenu en une vingtaine d’années, par le puissant concours des médias et de l’école à modifier l’opinion pour lui faire accepter l’idée du « mariage » et de l’adoption pour les personnes homosexuelles. Il est faux de prétendre comme Mr Peillon, qu’ « il y a un principe dans notre école sur des sujets qui intéressent les adultes, c’est la neutralité de l’école. »

 

Les raisons fondamentales pour s’opposer à la nouvelle loi

 

7) La dénaturation du mariage

  La loi votée est grave car elle revient à enfermer définitivement la société dans le mensonge. Le mensonge porte sur la négation du réel, sur la déformation de plusieurs réalités humaines, sur la remise en cause de vérités objectives fondées sur la nature des choses. En effet, selon la nature, l’homme et la femme sont différents sexuellement, mais aussi affectivement, psychologiquement, humainement pour se compléter afin de donner la vie et perpétuer ainsi l’espèce humaine. La différence des sexes est bien le fondement naturel du mariage et de la famille. Le refus du réel va jusqu’à envisager de supprimer les termes époux, épouse, père et mère. En étant inscrit dans le Code civil, il sera donc proposé comme norme, comme modèle au même titre que le mariage traditionnel entre un homme et une femme. Le changement n’est pas anodin et le gouvernement a raison de parler d’ « une réforme de société et de civilisation ».

  Une objection peut surgir à propos des couples stériles ou d’un certain âge et qui ne sont pas en mesure eux aussi de donner la vie. La situation n’est cependant pas comparable à celle des « couples » homosexuels. C’est seulement accidentellement qu’ils n’ont pas d’enfants. Et cela ne remet pas en cause l’essence du mariage. Il y a toujours cette union fondée sur l’altérité et la complémentarité des sexes. Le « mariage » homosexuel, certes, n’enlève rien aux droits des couples hétérosexuels, mais il modifie l’essence du mariage auquel chacun a droit.

8) Le bien de l’enfant

  Au nom de l’égalité des droits est invoqué le droit à l’enfant. Pourtant  ce droit n’existe pas, ni pour les personnes homosexuelles, ni pour les personnes hétérosexuelles. Chez ces derniers, par exemple, un couple âgé ou un couple à la fois stérile et malade n’ont pas accès à l’adoption. Ce n’est pas le désir de l’enfant qui donne un droit à l’enfant. La souffrance de l’infertilité ne suffit pas à donner le droit d’adopter. Parler d’un droit à l’enfant, c’est en faire un objet, c’est l’instrumentaliser.

  Le cœur du débat, ce n’est pas le désir de tel ou tel adulte, c’est l’enfant en tant qu’il est une personne, un sujet. L’enfant n’est pas un objet de droit, mais un sujet de droit.

  Or, un enfant a besoin d’un père et d’une mère. Et l’enfant adopté qui a déjà connu une privation en a besoin plus qu’un autre. Il est prioritaire de donner à l’enfant une famille où il aura le maximum de chances de se construire au mieux. La finalité de l’adoption est de donner des parents à un orphelin et non pas de donner un enfant à des adultes. L’individualisme ne doit pas l’emporter sur le bien commun.

  Certains mettent en avant le fait que la personne homosexuelle est tout aussi capable d’aimer et d’éduquer un enfant. La question n’est pas là. Le rôle des parents n’est pas seulement d’aimer et d’éduquer. C’est aussi de structurer l’enfant par la paternité et la maternité. La parentalité n’est pas équivalente à la parenté. Il y manque la réalité corporelle, charnelle, intrinsèque d’un père et d’une mère. Il y a injustice à priver volontairement un enfant d’un père en lui imposant deux mères  ou de le priver d’une mère en lui imposant deux pères.

  Un autre problème se pose. En France, on compte 25000 couples agrémentés pour seulement 700 enfants français et 3000 enfants étrangers adoptés. Avec la loi, la possibilité d’adopter se retrouve fortement restreinte puisque seule l’Afrique du Sud accepte de donner des enfants à l’adoption homosexuelle.

 9) L’engrenage

  La loi est une porte ouverte vers d’autres changements. Nous aurons droit tôt ou tard à la Procréation Médicalement Assistée pour les      « couples » de lesbiennes. Ensuite, au nom de l’égalité, ce sera la revendication des mères porteuses pour les « couples » gays. Regardons aussi ce qui se passe dans  les pays qui nous précèdent. Des mariages à trois ont eu lieu aux Pays-Bas, au Canada et au Brésil. En Australie, une femme a pu obtenir un enfant de son petit-fils en faisant intervenir une mère porteuse.

  La loi est un moyen supplémentaire de limiter la liberté d’expression et de choix. La lutte contre la soi-disant homophobie est accentuée. Certains réclament déjà le mariage religieux pour les « couples » homosexuels au nom de l’égalité. En Angleterre, les dernières agences catholiques d’aide à l’adoption viennent de cesser leur activité. La loi sur « l’égalité » ne leur laisse pas le choix, puisque désormais les agences d’adoption doivent proposer des enfants aux « couples » homosexuels. Dans le même pays, plusieurs journalistes ont été licenciés pour avoir exprimé leur attachement au mariage entre un homme et une femme et un fonctionnaire a subi le même sort suite à son refus de célébrer des unions entre personnes homosexuelles.

  Comment croire ceux qui prétendent le contraire lorsque l’on sait que Mme Guigou avait défendu le PACS en affirmant et en répétant que jamais il ne serait question d’ouvrir le mariage et l’adoption aux « couples » homosexuels. Dix ans plus tard, à l’occasion de l’anniversaire du Pacs, elle avouait avoir menti en expliquant que « la fin justifie les moyens ». 

 

Réponse aux arguments invoqués

 

10) L’argument de l’égalité, de la lutte contre les discriminations

  Il ne faut pas confondre la justice et la stricte égalité. Les différences ne sont pas forcément injustes. Ce n’est pas commettre une injustice que d’autoriser un jeune à boire du vin à table et de le refuser à un enfant de 8 ans.

  L’égalité ne se comprend que dans des situations comparables. Or, il n’y a pas symétrie entre un couple hétérosexuel et un « couple » homosexuel. L’homosexualité n’est pas un strict équivalent à l’hétérosexualité. Ne serait-ce que par rapport à la survie du groupe. Une société homosexuelle ne dépasserait pas une génération. Elle ne se renouvelle que parce qu’il y a, à côté, une société hétérosexuelle. Seul le couple hétérosexuel peut être fécond et être le lieu approprié à l’accueil des enfants, seul il peut participer au renouvellement des générations et seul il peut permettre à la société de perdurer. Il n’est donc pas injuste de traiter différemment ce qui est différent.

  Par contre, il y a injustice, et c’est une discrimination choquante que d’imposer à un enfant l’adoption par un « couple » homosexuel.

  Enfin, la revendication de l’égalité des droits n’a pas lieu d’être car elle existe déjà. La formule « le mariage pour tous » est une tromperie car elle suggère une exclusion qui n’est pas réelle. Tout homme, toute femme, qu’il (ou elle) soit homosexuel ou hétérosexuel a le droit de se marier. Oscar Wilde et André Gide, homosexuels notoires, ont exercé ce droit.

 11) L’argument de l’amour

  Il consiste à dire : « Ils s’aiment, ils ont donc le droit de se marier ». Pourtant, le mariage civil n’est pas une reconnaissance de l’amour. Le mot amour ne figure pas dans les textes. L’officier d’état civil n’a pas pour mission de vérifier que les époux s’aiment effectivement.

  L’amour n’a jamais été un droit au mariage et ne le sera jamais. Ce n’est pas parce que des personnes s’aiment qu’elles ont le droit de se marier :

  -Un homme ne peut pas se marier avec une femme déjà mariée même s’ils s’aiment.

  -Une femme ne peut pas se marier avec deux hommes au motif qu’elle les aime tous les deux et que chacun d’entre eux veut être son mari.

  -Un père ne peut pas se marier avec sa fille.

  -Un frère ne peut pas épouser sa sœur.

  -Un homme de 60 ans ne peut pas épouser une jeune fille de 14 ans.

  Ces exemples montrent bien qu’il n’est pas juste d’invoquer l’égalité et la tolérance pour donner le mariage à tous ceux qui s’aiment. Une nouvelle fois, le slogan « le mariage pour tous » se révèle être une supercherie. Il n’existera jamais. Il y a des règles strictes qui délimitent aujourd’hui et qui délimiteront demain des alliances autorisées et des alliances interdites. De cette façon, la loi crée  une discrimination qui n’existait pas car il y a un droit au mariage pour tous qui est refusé à certains ! 

12) L’argument du vide juridique pour les enfants

  En fait, selon la juriste Aude Mirkovic, il n’y avait pas de vide juridique. Tous les enfants étaient protégés par la loi quelle qu'était leur situation. Le compagnon pouvait accomplir tous les actes usuels de la vie quotidienne de manière tacite. La loi avait également déjà tout prévu pour les actes importants et pour les cas de séparation et de décès. Il suffisait de désigner par testament un tuteur, de signer et de dater. Acte que tous les parents peuvent faire s’il leur arrive quelque chose. La seule différence c’est que le compagnon n’était pas associé de façon automatique à partager l’autorité parentale. Ce qui est une bonne chose car cela peut être contraire au bien de l’enfant. Aussi est-il préférable de conserver le cas par cas comme cela se faisait avant la loi. Ceux qui invoquent le soi-disant vide juridique pour ces enfants sont ceux qui les ont délibérément mis dans cette situation en les privant d’une partie de leur filiation. 

13) L’argument de la protection du conjoint

  La question peut effectivement être posée dans le cas d’un décès ou d’une séparation. On peut déjà dire que si les couples hétérosexuels sont de plus en plus nombreux à choisir le PACS, c’est qu’ils trouvent un intérêt en celui-ci, en particulier sur les paramètres économiques et juridiques. Il faut savoir également qu’un conjoint pacsé peut hériter avec les mêmes réserves et limites que dans le cas d’un couple marié. Pour cela, il doit rédiger un testament et désigner son partenaire comme héritier. L’héritage est alors exonéré de droits de succession comme c’est le cas dans le mariage.

 Des solutions techniques sont possibles pour apporter des améliorations. Cela ne justifie pas de modifier le sens profond de l’institution du mariage et de bouleverser le droit.

 

 

                                                                                                                        


24 novembre 2015

JEAN-PAUL II, BENOÎT XVI, SIDA ET PRESERVATIF

  En mars 2009, nous avons assisté à un stupéfiant lynchage médiatique de Benoît XVI à partir des propos qu’il a tenus dans l’avion qui le conduisait en Afrique. Il est opportun de rappeler que Jean-Paul II avait été soumis aux mêmes diatribes de la part des médias et des hommes politiques à l’occasion d’un déplacement en Afrique où il avait traité lui aussi cette question  de la lutte contre le sida. Comme cela avait été le cas pour Jean-Paul II, des mots décisifs ont été retranchés de l’intervention de Benoît XVI pour en modifier le sens et ainsi l’accuser à loisir de mettre en danger la vie de nombreux africains, tel homme politique français y voyant « presque du meurtre prémédité »

  Voici les paroles exactes de Benoît XVI : « … on ne peut vaincre ce problème du sida seulement avec de l’argent, qui est nécessaire. S’il n’y a pas le cœur, si les africains ne s’y entraident pas, on ne peut résoudre ce fléau avec la distribution de préservatifs : au contraire, cela augmente le problème. » On voit bien que l’idée n’est pas d’affirmer que le préservatif serait sans efficacité, mais seulement de dire qu’il ne saurait suffire à lui seul à vaincre ce fléau s’il n’est pas accompagné d’une éducation à la sexualité responsable. Effectivement, la seule distribution à grande échelle de préservatifs augmente le problème car cela incite, notamment chez les jeunes, à des comportements sexuels irresponsables par lesquels précisément le sida se développe. Et, comme l’explique également Edward C. Green, directeur du Projet de recherche sur la prévention du sida à l’université Harvard aux Etats-Unis, « Le Pape a raison. Il existe une relation systématique, mise en relation par nos meilleures enquêtes, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de compensation du risque qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne ferait en l’absence de technologie de réduction de risque. »

   Venons-en à cette idée, aujourd’hui bien répandue, d’une interdiction formelle de Jean-Paul II de l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida. Celle-ci a été propagée à partir d’une vive polémique déclenchée en France, accusant le Pape de « non-assistance à personne en danger » et, pis encore, d’ « homicide involontaire ». Un député européen français tenta même de faire voter une motion au parlement européen de Strasbourg pour condamner les propos de Jean-Paul II. Le terme de criminel fût parfois employé et, fin 2004, on pouvait lire sur des autocollants à Angers, « Jean-Paul II, sponsor officiel du sida ». A la fin de la même année, Mulhouse était inondé d’affiches géantes représentant Jean-Paul II « responsable de crime contre l’humanité et promoteur mondial du sida ».

  Que s’était-il passé ? Quels propos le Pape avait-il donc tenu ? Ces prises de position faisaient suite à l’un de ses voyages en Afrique et spécialement à la rencontre avec 60.000 jeunes ougandais au stade de Kampala, le 6/02/1993. En fait, une partie de son discours portait sur la vision chrétienne de l’amour et du mariage et indiquait le chemin de la chasteté et de la fidélité. Juste avant de conclure cette partie, il précisa que ce chemin était aussi « l’unique manière sûre et vertueuse pour mettre fin à cette plaie tragique qu’est le sida ». L’ensemble du discours était magnifique et tout entier protecteur de la vie.

  A aucun moment de cette rencontre ni d’ailleurs sur l’ensemble de son pontificat, Jean-Paul II ne parle du préservatif. Il n’a jamais pris l’initiative de faire une déclaration pour interdire l’usage du préservatif. Néanmoins, sa parole dérange. Les vrais motifs de la polémique sont certainement ailleurs. Son enseignement est tronqué. On lui fait dire que la chasteté est l’unique moyen de lutter contre le sida en laissant tomber les termes « sûre » et « vertueuse » ce qui modifie le sens et revient effectivement à exclure le préservatif. Toute la puissance des médias est utilisée pour faire croire que le Pape est intervenu spécialement pour interdire l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida. Le journal « Le Monde » est en première ligne dans cette violente entreprise de défiguration et de désinformation concernant la pensée du Pape et de l’Eglise. Comme souvent, il existe un étonnant décalage entre le discours tenu réellement par l’Eglise et les propos qu’on lui fait tenir. On lui reproche de ne pas savoir communiquer mais on fait taire son vrai discours pour lui en substituer un autre. 

  Voici les paroles exactes de cet enseignement qui a suscité tant de remous : 

  « En second lieu, la majeure partie d’entre vous prendra le chemin de la vie dans le mariage. Cela aussi demande une éducation. Vous devez vous préparer au merveilleux engagement du mariage et de la fondation d’une famille, l’union la plus importante de la communauté chrétienne. En tant que jeunes chrétiens, vous devez vous préparer avec soin à devenir de bons époux, de bons parents pour votre famille.

  Pour vous préparer au mariage, votre vocation à la chasteté est essentielle. Je sais que les jeunes refusent l’hypocrisie. Vous voulez être honnêtes avec vous-mêmes et avec les autres. Une personne chaste est honnête. Quand Dieu nous a crées, il nous a donné plus d’une manière de parler entre nous. Non seulement nous nous exprimons par des paroles, mais nous nous exprimons aussi par l’intermédiaire de notre corps. Les gestes sont comme des paroles qui révèlent ce que nous sommes. Les actes sexuels sont comme des paroles qui révèlent notre cœur. Le Seigneur veut que nous usions de notre sexualité selon son projet. Il attend que nous parlions en disant la vérité.

  Le langage sexuel honnête exige un engagement qui dure toute la vie. Donner votre corps à une autre personne, c’est vous donner  tout entier à cette personne. Mais si vous n’êtes pas mariés, vous admettez que vous pouvez changer d’idée dans l’avenir. Le don  total serait donc absent. Sans le lien du mariage, les rapports sexuels sont  un mensonge et, pour un chrétien, mariage signifie mariage sacramentel. 

  La chasteté – c'est-à-dire le respect de la dignité des autres, puisque nos corps sont les temples du Saint Esprit (1Co 6,19) – vous fait grandir dans l’amour des autres et de Dieu. Elle vous prépare à réaliser le don mutuel (cf. Gaudium et spes, 48) qui est à la base du mariage chrétien. Et ce qui est encore plus important, elle vous apprend à aimer comme Jésus aime, en donnant sa vie pour les autres (cf. Jn 15,13).

  Ne vous laissez pas tromper par les mots vides de ceux qui tournent en ridicule la chasteté ou votre capacité à vous maîtriser. La force de votre futur amour conjugal dépend de votre effort actuel pour apprendre le véritable amour, une chasteté qui implique que l’on s’abstienne de tout rapport sexuel en dehors du mariage. Le lien sexuel de la chasteté est l’unique manière sûre et vertueuse pour mettre fin à cette plaie tragique qu’est le sida, que tant de jeunes ont contracté.

  Aidés par la grâce de Dieu dans les sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie, soyez forts et tenez bon (Dt 31,6). Le Pape vous invite à vous engager dans cette révolution spirituelle de la pureté du corps et du cœur. Laissez la Rédemption du Christ fructifier en vous ! Le monde contemporain a besoin de ce genre de révolution ! » 

  Les détracteurs du Pape lui ont reproché de ne pas avoir recommandé l’usage du préservatif. Il nous semble, au contraire, que le Pape a agi avec sagesse car de tels propos étaient en cette occasion inutiles et pouvaient par l’exploitation qui en aurait été faite dans le monde entier mettre en danger la vie de nombreuses personnes.  

 Voici les raisons :                                                                                                                                                                                                                                                           

  1) Le Pape n’a rien à apprendre sur les préservatifs que les jeunes ne savent déjà. L’information est largement diffusée et sans cesse répétée. Ils sont venus pour un autre message, celui précisément que la pensée unique occidentale ne veut pas leur donner.

   2) L’Eglise, par l’intermédiaire de nombreux évêques, a déjà parlé du préservatif comme moyen de se protéger pour ceux qui refusent la chasteté et la fidélité. Leurs propos ont été souvent déformés et manipulés pour leur faire dire plus ou autrement qu’ils ne voulaient dire.

  3) Le Pape est conscient que ses paroles sur un tel sujet subiraient le même sort. Il connaît les moyens redoutables des médias pour matraquer l’opinion. Et l’Eglise n’a pas la possibilité de corriger les déformations que son enseignement subirait comme ce fût le cas précisément pour ce discours aux jeunes de Kampala.

  4) L’idéal chrétien de l’amour et du mariage fondé sur la chasteté et la fidélité est en même temps le seul rempart parfaitement efficace contre la transmission du virus dans le domaine de la sexualité. En le  rappelant, Jean-Paul II ne peut que contribuer à sauver des vies.

  5) Maintenant, il nous faut dénoncer le véritable danger, celui de faire croire aux jeunes qu’ils sont en sécurité avec un préservatif. La publicité a souvent dit ou suggéré 100% de fiabilité. En réalité, le préservatif est une prévention à risque. Le danger d’une contamination subsiste et il est assez élevé : entre 10 et 30%. Le risque est plus grand encore dans les pays d’Afrique car l’information pour bien les utiliser passe mal. Une personne atteinte du sida doit savoir qu’elle met la vie de son partenaire en danger. Le préservatif n’est pas une protection absolue. L’amour authentique  commande de s’abstenir de tout rapport sexuel lorsqu’on est porteur du virus. N’oublions pas que l’on recommande aux femmes qui ne veulent pas d’enfants de prendre la pilule et non le préservatif car on sait que sa fiabilité pratique est insuffisante. Or, le spermatozoïde est 450 fois plus gros que le virus en question.

  Sur des tests effectués sur 51000 préservatifs par la « Food and Drug Administration » des Etats-Unis, on a constaté un taux d’échecs de 10% avec des produits américains et de 30% avec des préservatifs importés. Le docteur DIXON, spécialiste du sida, dans son livre Le sida et les jeunes dit : « Je ne confierai pas ma vie à un préservatif ». Interrogé sur les ondes de France-Inter, à propos de la contraception, le docteur JANSE-MAREC, chef du service de la maternité de l’hôpital franco-britannique de Levallois-Perret, notant qu’en France « des idées fausses comme,- le préservatif est un excellent moyen de contraception -, sont véhiculées chez les adolescents », révèle que l’on voit « sans arrêt aux urgences des accidents de préservatif, des demandes d’IVG pour des échecs de préservatif ». Elle ne fait du reste que confirmer l’avis exprimé par le docteur BRUNERIE-KAUFMAN, gynécologue, dans le journal Libération du 11/04/1999, « C’est énorme, le taux de préservatifs qui craquent…le préservatif seul est un mauvais préservatif. » ou celui de Martine AUBRY, à l’époque ministre de la Solidarité, soulignant dans les colonnes du Figaro du 23/07/1999, l’inefficacité du préservatif comme moyen de contraception.

  6) La campagne du « safer sex », du sexe sûr, prend trop souvent l’allure d’une incitation à des relations sexuelles désordonnées et précoces, sans mesure morale et, de ce fait, elle favorise la pandémie du sida au niveau de sa cause fondamentale : la permissivité au niveau du comportement sexuel. Le sida finit par servir d’alibi et le préservatif de justification à la promotion de modèles sexuels par lesquels le virus se transmet beaucoup plus facilement : vagabondage sexuel, expériences multiples, relations de passage, infidélité, sodomie… Dans un rapport à l’Académie Nationale de Médecine, en juin 1996, le professeur MONTAGNIER écrit : « La sodomie est l’équivalent d’une injection intraveineuse du virus ». En effet, la muqueuse rectale résorbe presque tout.  

    Qui est criminel dans cette affaire ?  

  Ne faut-il pas plutôt mettre en cause les accusateurs de Jean-Paul II ? En effet, les criminels sont ceux qui font croire à la population mondiale que le Pape aurait proclamé spécifiquement un interdit du préservatif à propos de la lutte contre le sida, car ce sont eux et non le Pape qui ont fabriqué et répandu cette idée. Et, comme ils le proclament, l’autorité de celui-ci est tellement grande que sa parole peut amener des changements de comportement. La responsabilité est grave aussi du côté de ceux qui font croire aux jeunes que le préservatif apporte une sécurité suffisante. Il y a danger enfin à utiliser les campagnes de prévention tout en faisant en même temps la promotion  de comportements sexuels à risques.

  A l’opposé, il est logique de penser que l’influence de l’Eglise a préservé l’humanité d’un désastre plus grand. La pandémie serait, en effet, plus importante si les millions de femmes et d’hommes qui vivent de nos jours selon les valeurs de la chasteté et de la fidélité avaient eux aussi emboîté le pas de la « libération sexuelle » prônée par la « culture dominante ». 

   Pourquoi Jean-Paul II a  t-il été si vivement attaqué ? 

  Le sida est une maladie contagieuse dépendant essentiellement de comportements sexuels particuliers qui se sont développés à partir de la «  libération sexuelle »  des années 1960-70 en provenance des Etats-Unis. La société est devenue très permissive. Le sida est l’un de ses effets car son développement dépend de circonstances touchant à la culture et à l’évolution des mœurs. On a posé la question suivante au professeur Montagnier, le médecin qui a découvert le virus du sida : « Qu’est-ce qui a donc provoqué cette épidémie ? » Il a répondu par un seul mot : « La pilule ! » puis, il a expliqué que, bien qu’il ne soit pas contre le préservatif, la pilule avait crée tant de promiscuité que le sida avait pris l’allure d’une épidémie (Venezuela, février 1988).

  Les acteurs de cette évolution des mœurs refusent jusqu’à ce jour toute responsabilité et toute remise en cause et préfèrent la fuite en avant en faisant de Jean-Paul II un bouc émissaire de ce fléau alors qu’il enseigne, lui, un style de vie qui ne donne aucune prise au sida. Finalement, ce qu’ils lui reprochent, plus que son silence sur le préservatif, n’est-ce pas plutôt ce qu’il a le courage de dire à propos de l’honnêteté, de la vertu et de la pureté ?  En jetant l’opprobre sur le Pape, ils détournent l’attention et font ainsi oublier leur propre égarement.

  Un autre facteur qui a joué dans cette campagne est le refus par beaucoup de l’enseignement de l’Eglise présentant la contraception comme un mal moral et donc comme une pratique illicite contraire à la vérité sur l’amour. On a essayé à travers  ces évènements de faire pression sur elle pour qu’elle remette en cause cet enseignement. Cela n’est pas possible explique Jean-Paul II car, « il appartient au patrimoine permanent de la doctrine morale de l’Eglise » –Allocution du 14/03/1988 – et « qu’il a été inscrit par la main créatrice de Dieu dans la nature même de la personne humaine » - Allocution du 12/11/1988 - . 

  La baisse du sida en Ouganda témoigne en faveur de Jean-Paul II 

  L’Ouganda est, en effet, l’un des seuls pays d’Afrique et d’Asie à avoir enregistré une diminution des cas d’infection par le virus. La prévalence du virus est passée de 12,87 en 1991 à 5 en 2001. Le Nouvel Observateur du 27/11/2003 indique que les citadines de 20-24 ans porteuses du VIH sont passées de 38%  en 1990 à 8% en 2002. Le Père George-Marie LOIRE, grand acteur de la lutte contre le sida en Afrique noire, précise que « Les ougandais ont fait reculer le sida en pratiquant la chasteté et la fidélité. Les occidentaux devraient en faire autant. » - Famille chrétienne du 7/06/2003 -. 

  L’action de l’Eglise contre le sida  

  Au terme de ces remarques au sujet d’une polémique qui a laissé beaucoup de traces, il est utile de rappeler l’intervention de Mg. BARRAGAN à l’Assemblée Générale de l’ONU sur le sida, le 27/06/2001, «  L’Eglise catholique assure 25% du total des soins donnés aux malades du sida dans le monde entier, ce qui l’accrédite comme le meilleur soutien des Etats dans la lutte contre cette maladie. »

  

                                 

26 août 2015

LE MOT RACE DOIT-IL DEVENIR TABOU ?

   L’espèce humaine provient d’une origine unique que l’on peut faire remonter à 50 000 ou 100 000 ans, on ne sait trop. Depuis, la descendance humaine s’est éparpillée aux quatre coins de la terre ce qui a entraîné des différenciations entre les populations. Ce phénomène porte le nom de raciation. Chez l’homme, il n’a pas pu atteindre une grande ampleur car l’isolement des populations a été très relatif et d’une trop courte durée. Il a quand même permis l’émergence de ce que l’on a appelé les races blanches, noirs et jaunes et aussi la formation de groupes raciaux plus précis tels les esquimaux ou les pygmées, par exemple. Cette variation à l’intérieur de l’espèce humaine ne brise nullement son unité. Tous les individus sont interféconds. Les différences raciales ne peuvent permettre de douter de l’égale dignité entre les hommes.

  Des théoriciens ont fait l’hypothèse qu’il existait peut-être des gènes propres à chaque race. Ils ne les ont pas trouvés. On a donc renoncé à parler de races humaines au sens strict. La génétique nie aujourd’hui qu’il existe des races parfaitement distinctes d’autres races et réfute toute idée de classification rigoureuse entre elles. Il n’y a pas de races au sens de groupes étanches définissables par un ensemble de caractères physiques invariables et étendus à toute une population permettant un classement sans ambiguïté.

  Certains veulent aller plus loin et bannir le mot « race » du langage comme si ce terme était devenu une insulte. Cependant à vouloir faire dire à la science plus qu’elle ne dit, on finit par heurter le bon sens et la vérité des faits. Le terme « race », au sens large, désigne bien une réalité que nous expérimentons. A l’œil nu, on observe que les différences n’existent pas seulement entre les individus, mais aussi entre les populations. Ces différences concernent la couleur de la peau, le visage, la taille … à tel point qu’on distingue aisément un patagon d’un chinois, un scandinave d’un africain. Le terme « ethnie » qu’on veut substituer à celui de « race » est insuffisant puisqu’il concerne les différences culturelles et n’exprime en rien les différences physiologiques. Précisément la génétique ne nie pas qu’il existe des constantes géniques dominantes dans les populations, que les fréquences d’allèles sont différentes d’un groupe à l’autre et qu’il peut aussi exister des gènes distincts entre deux groupes donnés. Ainsi les juifs et les arabes ont un y plus grand que celui des autres caucasiens – cf. COHEN (USA) et LEJEUNE (France)-

  L’association races-racisme n’est pas admissible et ne sert pas la cause du respect que l’on doit à tout homme. Plutôt que d’occulter les différences raciales qui peuvent exister entre les populations de la terre en créant un nouveau tabou, n’est-il pas préférable de se réjouir de cette diversité et en admirer la beauté ?

 

 

25 août 2015

LIBERTE DE CONSCIENCE : PIE IX ET JEAN XXIII SE CONTREDISENT-ILS ?

 

  C’est ce que soutient Yves Chiron dans l’article « la controverse des bienheureux », paru dans le numéro de septembre 2000 de la revue Spectacle du Monde : « impossibilité de concilier la doctrine des deux nouveaux bienheureux ». Il est vrai que la plupart des commentateurs se sont plu à opposer les deux papes au sujet de la liberté de conscience, l’un l’ayant condamnée au siècle dernier, l’autre ayant affirmé le droit à la liberté religieuse au travers du Concile Vatican II. Le choix de Jean-Paul II de célébrer le même jour les deux papes est cependant une invitation à unir et non à opposer. Et cela est possible. En effet, la liberté de conscience condamnée par Pie IX ne correspond pas à la liberté religieuse défendue par le Concile Vatican II.

 

  Pour comprendre et interpréter correctement la condamnation de Pie IX, il est nécessaire de prendre en compte le contexte historique, culturel et doctrinal de l’époque, antichrétien et marqué par le relativisme. La déclaration du pape vise en fait les présupposés philosophiques de l’indifférentisme « tout se vaut », du libéralisme et du rationalisme « il n’y a pas d’ordre objectif au-dessus de l’homme ». Ces présupposés ont pour conséquence que la conscience n’est soumise à aucune loi devant Dieu. Le Concile Vatican II n’est pas venu remettre en cause ces enseignements. Au contraire, dans « Dignitatis humanae » ch. 2, on peut lire que «  les hommes ont le devoir de chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité ».

 

  Avec Jean XXIII et le Concile Vatican II, une étape nouvelle est franchie. Cependant, il ne s’agit pas d’une remise en cause, mais plutôt d’un complément. Ce développement de l’enseignement de l’Eglise tient compte lui aussi d’un contexte culturel et politique particulier marqué par les totalitarismes (communisme, nazisme, fascisme). Il s’agit maintenant de protéger la conscience contre l’Etat totalitaire. L’Eglise met donc l’accent sur la dignité de la personne et sa vocation à chercher Dieu et la vérité sans contrainte. Il s’agit de ce que l’on appelle un droit négatif : celui de ne pas être contraint à agir contre sa conscience. Cela ne signifie pas que les religions se valent ni que l’erreur est un droit. Le document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, « Dominus Jesus », apporte un éclairage à cette question. Il rappelle, en effet, que Jésus est l’unique Sauveur de toute l’humanité et que l’Eglise du Christ existe en plénitude dans la seule Eglise catholique. La liberté religieuse est avant toutes choses un devoir de vraie liberté, celui de chercher Dieu.

 

  Au XIXème siècle, l’Eglise défendait l’homme contre l’indifférentisme, le relativisme et le rationalisme ; au XXème, elle le défendait contre le totalitarisme. La synthèse peut être exprimée ainsi : il ne peut y avoir de contrainte extérieure pour adhérer au vrai et au bien, mais il y a une obligation morale à les chercher et à y être fidèle.

 

09 août 2015

AVORTEMENT : J'AI ETE UN EMBRYON

                                                                                    

 A quoi reconnaître qu’un être est un être humain ?

  De nombreuses réponses ont été avancées : la taille : un fœtus serait trop petit ; l’âge : dix, douze, vingt semaines, ou plus, avant la naissance, selon les avis ; le fait d’être désiré ; la reconnaissance par autrui ; le fait d’être conscient ; l’autonomie ; la possibilité d’une relation avec autrui. Mais alors, dans ces conditions, un bébé de quelques semaines, un autiste, un malade mental, un grabataire, un exclu pour tel motif social, racial, médical, ne méritent plus d’être traités comme des êtres humains ! Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose d’extrêmement scandaleux à décider par soi-même, en fonction de ses vues qui est humain et qui ne l’est pas ? Tous les critères énumérées précédemment sont arbitraires, discriminatoires et sans fondement. Il n’y a qu’une seule réponse objective qui puisse s’imposer à la raison, nous semble-t-il, de façon logique et irréfutable : 

                   Tout être vivant qui appartient à l’espèce humaine possède la nature humaine et est un être humain

  Il n’y a aucune exception. Tout membre de notre espèce possède la nature humaine et doit donc être traité comme une personne. Cette nature humaine est fondée biologiquement sur le caryotype commun à toute l’espèce. A cet individu unique de notre espèce s’applique la dignité attachée à la nature humaine et on doit dès lors lui reconnaître les droits de l’homme qui en découlent avec en premier lieu le droit à la vie.

 

Quand commence un être humain ?

  L’homme débute au moment où toute l’information nécessaire et suffisante se trouve rassemblée. Ce moment est la fécondation. 

  Lorsque l’ovule est fécondé par le spermatozoïde, un nouveau vivant existe et ce nouveau vivant est un individu appartenant à l’espèce humaine. Cette première cellule appelée zygote a été le point de départ dans la vie de chacun d’entre nous. Le moment de la conception est vraiment le moment de notre venue à l’existence. Tout ce que nous deviendrons ultérieurement physiquement trouve son origine ici. La génétique et la biologie moléculaire nous ont démontré que, dès la fécondation, l’œuf contient toute l’information nécessaire à son plein développement. Son information constitutive est complète. Plus rien ne sera ajouté à son programme. La science a révélé qu’il y a continuité de développement de la conception jusqu’à la naissance.

   A la conception, une vie nouvelle et unique est là avec la totalité de son patrimoine génétique. C’est le même être de la conception  à la mort. Professeur Jean-François Mattei : « Comme avant lui l’œuf fécondé et, après le fœtus, le nouveau-né, l’enfant, l’adolescent, l’adulte et la personne âgée, l’embryon n’est qu’à un moment donné l’expression morphologique d’une seule et même vie. » -Le Monde, 12/10/1993-

 

L’embryon est-il est un être humain ? 

1 : Tout être possédant la nature humaine est un être humain.

2 : Or, l’embryon humain possède la nature humaine. La nature humaine est communiquée au moment de la conception.

3 : Donc, l’embryon humain est un être humain. C’est un être vivant et unique appartenant à l’espèce humaine.

 

Peut-on ôter la vie à un embryon humain ?

1 : Tout être humain a droit à la vie et doit être respecté.

2 : Or, l’embryon humain est un être humain puisqu’il possède la nature humaine.

3 : Donc, l’embryon humain a droit à la vie et doit être respecté.

 

07 août 2015

L'EUTHANASIE

        

1/Qu’est-ce que l’euthanasie ?

 Sens étymologique : Mort douce sans cruelles souffrances, mort facile.

 XIXème siècle : Action qui tue une personne pour des raisons de «  pitié » ; meurtre « par pitié »

 Actuellement : Action  ou omission dont l’intention est de donner la mort afin de supprimer toute douleur ou d’empêcher une vie de souffrances ou une vie que l’on juge d’avance inhumaine. L’euthanasie fait partie de la catégorie de l’homicide, avec la particularité qu’elle dit s’accomplir « par pitié » et sans faire souffrir.

2/Il y a plusieurs situations d’euthanasie

 1) Mettre fin à la vie d’un malade pour lui éviter des souffrances. Le plus souvent, il s’agit d’une maladie mortelle. Trois cas peuvent alors se présenter :   a/ la demande vient du malade à suicide.   b/ la demande vient de la famille à homicide.   c/ la demande vient du médecin à homicide.  Le moyen utilisé peut être soit une intervention (ex. en pratiquant sur lui une injection mortelle), soit l’omission des soins nécessaires (ex. en ne l’alimentant pas).

 2) Eliminer un nouveau-né gravement handicapé pour lui éviter, à lui et à ses parents de graves souffrances : a) à la demande des parents.  b) à la demande du corps médical. En le tuant directement ou en le faisant mourir par privation  de soin ou de nourriture. à homicide, eugénisme.

3/Euthanasie et acharnement thérapeutique

 Attention à ne pas confondre ces deux problèmes. La solution de l’euthanasie est souvent présentée comme le moyen de lutter contre l’acharnement thérapeutique. La décision de stopper l’acharnement thérapeutique n’est pas un acte d’euthanasie. L’acharnement thérapeutique consiste à imposer au malade avec des moyens souvent coûteux et très sophistiqués, une lutte interminable et inutile contre la mort en prolongeant son agonie au-delà de toute limite raisonnable et supportable. Ainsi, il n’y a pas euthanasie lorsqu’on cesse de maintenir artificiellement en vie quelqu’un qui se trouve en état de mort  cérébrale irréversible et dont la vie est purement végétative, par exemple en interrompant le traitement de réanimation.

 Certains parlent dans ce cas d’euthanasie passive, mais l’expression n’est pas satisfaisante. Autre chose est d’accepter la mort (refus de l’acharnement thérapeutique), autre chose est de provoquer la mort (euthanasie).

 Cardinal Villot (1970) : « Dans nombre de cas, ne serait-ce pas une torture inutile d’imposer la réanimation végétative dans la phase dernière d’une maladie incurable ? Le devoir du médecin consiste plutôt à s’employer à calmer la souffrance, au lieu de prolonger le plus longtemps possible, par tous les moyens et à tout prix, une vie qui va naturellement vers sa conclusion. »

4/Les soins palliatifs

 En s’appuyant sur les techniques pointues en matière  de lutte contre la douleur et d’aide psychologique, ils visent à accompagner avec respect la vie jusqu’à la mort. Les spécialistes de l’anesthésiologie font observer qu’il n’existe aujourd’hui aucune douleur qui ne puisse partiellement du moins, profiter de la thérapie antalgique, de médicaments analgésiques de puissance exceptionnelle et qu’on peut employer contre la douleur des techniques hautement sélectives, avec des résultats bons, et parfois excellents. On peut prévoir que l’on fera dans l’avenir de nouveaux progrès dans la lutte contre la douleur, de façon à la rendre supportable dans ces rares cas où aujourd’hui les techniques analgésiques sont insuffisantes.

 Attention, il n’y a pas euthanasie lorsqu’on cherche à soulager les souffrances d’une personne arrivée au stade ultime de la maladie, en lui administrant des remèdes qui peuvent accélérer, comme effet secondaire, le processus mortel. En effet, encore une fois, l’intention ici n’est pas de faire mourir, mais de soulager les souffrances.

 Sur ce point, cependant, les dérives existent. Il est possible d’utiliser ces médicaments non pour soulager, mais pour provoquer la mort.

5/La demande d’euthanasie par un grand malade n’est pas un choix libre

 Les demandes sérieuses d’euthanasie sont extrêmement rares. Les professionnels des soins palliatifs assurent qu’un malade bien accompagné ne demande jamais l’euthanasie. La supplication d’un malade demandant la mort est ordinairement une demande angoissée d’aide et d’affection, un appel au secours. Il est courant de voir des gens proclamer à distance leur volonté de recourir à l’euthanasie et y renoncer au moment opportun ou de voir des malades en proie à un paroxysme de souffrance physique ou morale, réclamer à grands cris la mort et se féliciter de ne pas avoir été exaucés une fois la crise passée.

 C’est la souffrance qu’il faut vaincre. L’attitude vraiment humaine est d’aider, de soulager, de diminuer la souffrance et non d’ôter la vie. Le problème, c’est l’accueil du malade, son accompagnement, l’environnement humain. Les soins palliatifs suffisent souvent à chasser les demandes d’euthanasie.

6/La légalisation de l’euthanasie serait une menace pour la vie des gens fragiles.

 On vient de voir que la liberté d’un grand malade est diminuée par sa souffrance. Il est facile de peser sur cette liberté fragile en diminuant les soins palliatifs, en adoptant aussi un comportement indifférent, désagréable ou même culpabilisant afin de l’amener à une « demande » d’euthanasie.

 La « pitié » de la famille peut cacher, même inconsciemment, un égoïsme et servir de prétexte pour échapper à des situations pénibles et onéreuses. Il y a aussi l’attente possible d’un héritage.

 La « pitié » des praticiens peut cacher une priorité économique. Les soins palliatifs demandent du temps, du personnel et de l’argent alors que l’euthanasie ne demande qu’une injection. Cela peut être un moyen de libérer un lit d’hôpital.

7/L’acceptation de l’euthanasie conduirait à un engrenage et à des dérives inacceptables.

 En s’attaquant au respect de la vie humaine, c’est une certaine société que l’on prépare pour demain.  Voici les propos tenus par Jacques Attali, conseiller personnel de François Mitterand, dans l’Avenir de la vie : « Dans la logique même du système dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du Pouvoir. Dès qu’on dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher alors à la société. En effet, du point de vue de la société, il est préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. » Au début, la procédure sera encadrée. Puis, l’euthanasie se banalisera et élargira son champ d’application. De dérive en dérive, et c’est déjà le cas aujourd’hui, on se passera de plus en plus de l’avis du patient. Ainsi l'European Journal of Cancer met en avant le chiffre suivant : 40% des demandes d’euthanasie enregistrées en France dans une étude de février 2011 étaient formulées par d’autres personnes que le malade lui-même. Selon Pierre-Olivier Arduin, « L’ensemble des publications scientifiques internationales que nous avons examinées sur le sujet montre qu’une fois l’euthanasie institutionnellement approuvée, cette pratique développe sa propre dynamique et résiste à toutes les procédures de surveillance censées l’encadrer… Les pratiques euthanasiques se banalisant et le sentiment de transgression s’estompant, plusieurs enquêtes ont montré que les tiers, famille et médecins, se concertent pour passer outre le consentement du malade. » Il faut rappeler ce qui s’est passé dans le cas de la légalisation de l’avortement. Une loi d’exception qui devait répondre aux seules situations de détresse est aujourd’hui devenue un droit, un acquis social revendiqué pour passer à l’acte par simple convenance personnelle. S’habituer maintenant  à l’euthanasie, c’est peut-être accepter demain l’élimination des vies humaines jugées inutiles et pénibles pour la société (vieillards, maladies chroniques irrécupérables, fous, personnes handicapées, bébés difformes…). C’est la porte ouverte à l’eugénisme et aux notions utilisées par les nazis de « vies sans valeur », « citoyens improductifs », « sous-hommes ». C’est précisément en souvenir de cette idéologie que les allemands sont aujourd’hui si opposés à l’euthanasie.

8/Toute vie humaine a une valeur.

 Nous ne devons pas nous limiter à juger l’intérêt d’une vie en fonction de critères purement productifs, utilitaires ou hédonistes. Il n’y a pas de malade indigne. Les dimensions relationnelle, spirituelle et religieuse sont aussi à prendre en compte. Le malade peut simplement être heureux d’être là, d’avoir du temps pour Dieu, pour la réflexion, de pouvoir côtoyer sa famille, ses amis, d’entendre une musique…

9/La confiance doit être protégée.

 Un patient va à l’hôpital pour se faire soigner. Il doit avoir une totale confiance en son médecin et en l’équipe soignante. Quel genre de rapport une personne âgée, affaiblie et seule pourra-telle entretenir avec un praticien qui peut prendre la décision de le supprimer ? Il est important que le public sache que le médecin ne peut en aucun cas arrêter la vie, car sinon, impulsifs, affectifs, comme le sont les grands malades, ils en viendraient à se demander si telle injection, tel comprimé qu’on leur donne, ne sont pas destinés à les achever.

10/L’euthanasie est une fausse pitié.     JEAN-PAUL II, L’Evangile de la vie, n°66, 25 mars 1995 :

« Alors même que le motif n’est pas le refus égoïste de porter la charge de l’existence de celui qui souffre, on doit dire de l’euthanasie qu’elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante perversion de la pitié : en effet, la vraie compassion rend solidaire de la souffrance d’autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l’euthanasie paraît d’autant plus une perversion qu’il est accompli par ceux qui -comme la famille- devraient assister leur proche avec patience et amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles. »