On pourrait opter pour la seconde hypothèse au regard d’un certain nombre de discours ou d’écrits où Hitler fait usage du terme dieu et d’un certain nombre d’expressions religieuses. Toutefois le terme dieu signifie chez lui la force de la nature. Hitler voue un culte à la toute-puissance de la nature, à la loi naturelle du plus fort, à la loi de la sélection naturelle. C’est cela son dieu. Voici plusieurs de ses propos recueillis sur ordre de Martin Bormann en juillet 1941 et parus chez Flammarion en deux tomes en 1952 et 1954 : « Au fond de chaque être, il y a le sentiment de cette toute-puissance à laquelle nous donnons le nom de dieu … A la longue, le national-socialisme et la religion ne pourront plus coexister. Il n’est pas question que jamais le national-socialisme se mette à singer une religion par l’établissement d’un culte. Son unique ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui soit rien de plus qu’un hommage à la raison. … un mouvement comme le nôtre ne doit pas se laisser entraîner dans des digressions d’ordre métaphysique. Il doit s’en tenir à l’esprit de la science exacte. Le Parti n’a pas à être une contrefaçon de la religion. Celui qui vit en communion avec la nature entre nécessairement en opposition avec les Eglises. Et c’est pourquoi elles vont à leur perte car la science doit remporter la victoire. » Hitler a habilement fait usage du mot dieu car le peuple allemand demeurait en majorité théiste, mais le sens qu’il lui donne personnellement s’apparente bel et bien à une mystique athée. Certains mettent en avant le fait que le ceinturon allemand portait l’inscription « Dieu avec nous ». En fait, c’étaient les soldats de la Wehrmacht et non les SS et les Waffen SS. Ce ceinturon était déjà porté par les soldats allemands au cours de la guerre 1914-1918.

 

Concernant le christianisme, voici diverses réflexions d’Hitler extraites de la même source. « Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique du déchet humain. » (T1 p.51) « Notre époque verra sans doute la fin de la maladie chrétienne. » (T1 p.332) « Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. » (T1 p.60) « Le coup le plus dur qui ait frappé l’humanité, c’est l’avènement du christianisme. » (T1 p.7) « Le christianisme constitue le pire des régressions que put subir l’humanité. » (T1 p.312) « Le christianisme a retardé de mille ans l’épanouissement du monde germanique. » (T. p.78) « C’est un vrai malheur que la Bible ait été traduite en allemand … L’Eglise catholique a choisi des déments pour en faire des saints » (T1 p. 149) « Le christianisme est une invention de cerveaux malades. » (T1 p.141) « Luther a eu le mérite de se dresser contre le Pape et contre l’organisation de l’Eglise. » (T1 p.10) « Nous assistons aux derniers soubresauts du christianisme. Cela a commencé avec la révolution luthérienne. » (T1 p.325) « Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, la face du monde eût changé. Il eût beaucoup mieux valu que le mahométisme triomphât. Cette religion récompense l’héroïsme, elle promet aux guerriers les joies du septième ciel. Animé d’un tel esprit, les Germains eussent conquis le monde. C’est le christianisme qui les en a empêchés. » (T2 p.297) «  Après la guerre, je prendrai les mesures nécessaires pour rendre extraordinairement difficile le recrutement des prêtres. » (T2 p.52) « Mon discernement me dit qu’un terme doit être apporté au règne du mensonge. Il me dit également que le moment n’est pas opportun. Pour ne pas me rendre complice du mensonge, j’ai tenu la prêtraille à l’écart du Parti. Je ne crains pas la lutte. Elle aura lieu, si vraiment il faut en arriver là. Et je m’y déterminerai aussitôt que cela me paraîtra possible. » (T1 p.243)