28 janvier 2017

MONARCHIE ABSOLUE NE VEUT PAS DIRE POUVOIR ABSOLU

  Le terme « absolutisme » a été inventé en 1796 dans un but de propagande contre l’Ancien Régime. L’usage qui en est fait dans les manuels scolaires revient à inculquer aux élèves l’idée d’un pouvoir tyrannique et arbitraire. Tel enseignant, par exempls, explique à ses élèves qu'il existe cinq formes d’absolutisme : la monarchie absolue, le fascisme, le nazisme, la théocratie et le communisme à la manière de Staline. Point commun, selon lui, le pouvoir est concentré entre les mains d’un seul et il implique la suppression des libertés individuelles. Pas étonnant après cela de lire dans des copies d’élèves de terminales les affirmations suivantes : « Avant 1789, l’homme n’avait aucun droit et ne pouvait en aucun cas se défendre». A propos du rapport dominant-dominé : « on peut prendre l’exemple du roi qui utilise les paysans autour du royaume en leur prenant tous leurs biens ». Ou encore : « Sous les monarchies, une simple parole en l’air valait la guillotine ». «Les philosophes des Lumières se sont battus pour faire vivre la liberté et l'imposer à tous les niveaux ».

  Le mot absolu est trompeur car la monarchie est bien autre chose que l’absolutisme. Elle ne consiste pas du tout en une suppression des libertés individuelles. Un trait saillant de la conception médiévale est justement la distinction du pouvoir monarchique d’avec la tyrannie. Ce dont témoignent le démocrate Alexis de Tocqueville (1805-1859) : « On aurait bien tort de croire que l’Ancien Régime fut un temps de servilité et de dépendance : il y régnait plus de liberté que de nos jours » et l’historien François Bluche (1993) : « Le monarque absolu n’est ni un tyran ni un despote ». La monarchie absolue, en son temps, n’est pas contestée. L’étude des Mémoires, des journaux intimes, des lettres privées ne révèle pas d’atteinte à la liberté ou de sentiment d’oppression. Jamais la personne du roi ni le principe de sa fonction ne sont remis en cause.

  Le roi n’est pas roi pour lui-même. C’est ce que dit Louis XIV : « Nous devons considérer le bien de nos sujets bien plus que le nôtre puisque nous sommes la tête d’un corps dont ils sont les membres ». La devise d’Hughes Capet (941-996) était « Servir ». Parmi les conseils donnés par saint Louis à son fils, on peut lire : « Cher fils, s’il advient que tu viennes à régner, vois à avoir ce qui appartient à un roi, c’est à dire à être si juste que tu ne déclines et ne dévies de la justice en rien qui puisse advenir ». Jean de Salisbury (1159) écrit que le roi est le serviteur de la loi, au service de son peuple et du bien commun.

  La monarchie absolue n’est pas une création de Louis XIV. Cela remonte au Moyen-Age. La nouveauté au XVIIème siècle c’est la théorie du droit divin. Le roi n’est plus responsable « devant les hommes » mais seulement devant Dieu. Au Moyen-Age, on disait que le roi tenait son pouvoir de Dieu mais par l’intermédiaire du peuple. Le droit divin supprime la formule « per populum ». Le droit divin signifie alors que le roi reçoit son pouvoir de Dieu seul au sens où tout pouvoir vient de Dieu. Cela signifie aussi que le roi doit régner de manière juste en observant la volonté de Dieu. Il a  des comptes à rendre mais à  Dieu seul. De plus, la politique centralisatrice de Richelieu et de Louis XIV au XVIIème siècle aura pour effet de renforcer le pouvoir du roi au détriment des pouvoirs féodaux.

  Que faut-il donc comprendre par l’expression « monarchie absolue » ? Cela signifie deux choses. Premièrement que le pouvoir royal est souverain, c’est-à-dire qu’il n’est soumis à aucune autorité humaine, ni à l’Empereur ni au Pape. Deuxièmement qu’il est impartagé, c’est-à-dire qu’il est seul à commander et à détenir l’autorité suprême. Il ne partage son autorité avec personne. Néanmoins, le roi est loin d’avoir tous les droits comme on se l’imagine. En pratique, son champ d’action est limité. Il existe d’innombrables barrières qu’il doit respecter. En voici un aperçu : Il doit obéissance aux commandements de Dieu, à la loi naturelle (ex. le droit de propriété), aux lois fondamentales du royaume, aux lois coutumières. Il doit respecter les privilèges (ou droits) des parlements, des cours de justice, des chambres de compte, des assemblées provinciales, de tous les corps provinciaux, municipaux, professionnels, de savants : universités, académies, corps de marchands, d’arts et de métiers, chambres de commerce, corps des auxiliaires de justice, etc… Les magistrats sont inamovibles. Le Conseil d’Etat est présidé par un chancelier inamovible lui aussi. L’Eglise a ses tribunaux, son administration. Dans le Royaume de France, tout est corporatif. Il existe des droits, des privilèges et des coutumes à tous les niveaux. Le roi ne peut les empiéter. On peut dire que la liberté publique est partout. Funck-Brentano (1926) écrit : « La France était hérissée de libertés. Elles grouillent, innombrables, actives, variées, enchevêtrées et souvent confuses, en un remuant fouillis ».

  Dans leur vie privée, les sujets sont libres et propriétaires. Le roi ne peut intervenir que si la raison d’Etat l’exige. De toute façon, comme l’explique Michel Antoine (1989), et de façon tout à fait opposée à la société actuelle, « dans certaines provinces, les sujets du roi pouvaient naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat ».

  L’expression « car tel est notre plaisir » utilisée par les rois depuis Charles VII pour achever leurs lettres patentes ne signifie aucunement que le roi suivait son plaisir personnel. En effet, le mot plaisir, issu du verbe latin « placere » traduit non un caprice, mais une volonté réfléchie, une décision délibérée au service du royaume et du peuple de France. Ajoutons que le roi ne gouverne pas seul. Louis XIV, par exemple, a six ministres et un Conseil du Roi de 130 personnes.

  L’Ancien Régime est une société de privilèges. Ce mot a cependant un tout autre sens que celui que nous lui donnons aujourd’hui. Il vient du latin « lex privata » ce qui signifie « loi privée ». Un privilège, c’est la jouissance d’un régime juridique particulier. En clair, il s’agit d’un droit ! Un droit en lien avec une situation particulière.

  C’est un paradoxe, mais la conclusion de Jean-Louis Harouel (1987) nous semble forte à propos : « La plus libérale des démocraties actuelles est bien plus absolue que la monarchie dite absolue ». L’Etat moderne intervient énormément dans la vie des citoyens et son contrôle ne cesse de s’étendre.

  Cet article doit beaucoup à l’ouvrage de Jean Sévillia : Historiquement correct.

 

 


15 janvier 2017

QU'EST-CE QUE LA FOI AU SENS CATHOLIQUE ?

Cohérence, plénitude, intégrité et unité de la foi 

1  St Paul, Ephésiens 4,5 : « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ». 

2  St Paul, 1 Corinthiens 1,10 : « Frères, au nom de J.C. soyez tous d’accord et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis dans un même esprit et une même pensée. » 

3  Jean-Paul II, A.G. du 10/04/1985 : « Il s’ensuit l’acceptation de tout le contenu de la Révélation. » 

4  Jean-Paul II, aux cardinaux, 21/12/1984 : « Le bien le plus grand que le chrétien possède est l’authenticité et l’intégrité de la foi … chacun doit avoir présent à l’esprit le devoir qu’il a envers la vérité, principalement celle que Dieu a révélée et dont l’Eglise est la  gardienne ». 

5  Jean-Paul II, aux évêques autrichiens, 24/06/1988 : « Il y a aujourd’hui des vérités de foi oubliées, des commandements de Dieu oubliés. Nous avons besoin d’une prédication de la foi radicale et dynamique ». 

6  Acte de foi : « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper ».

 

Comment reconnaître et discerner ce qui fait partie de la foi ? 

7  St Augustin : « Vous qui, dans l’Evangile, croyez ce qui vous plaît et rejetez ce qui ne vous plaît pas, c’est à vous que vous croyez et non à l’Evangile ». 

8  Jean-Paul II, allocution à la Com. Théol. Intern. , 6/10/1981 : « Cette foi chrétienne dépend du Nouveau Testament et de la Tradition vivante de l’Eglise, telle qu’elle se manifeste dans les conciles œcuméniques des premiers siècles ». 

9  Jean-Paul II, Espagne, 1/11/1982 : « On ne peut croire au Christ sans croire à l’Eglise - Corps du Christ – On ne peut croire à l’Eglise dans la foi catholique sans croire en son magistère indispensable. La fidélité au Christ implique donc la fidélité à l’Eglise et la fidélité à l’Eglise comporte à son tour la fidélité à son Magistère ». 

 10  Jean-Paul II, A.G. du 24/04/1985 : « Croire de manière chrétienne signifie accepter la vérité révélée par Dieu comme l’enseigne l’Eglise ».

  11  Les évêques français : « Il est grand le mystère de la foi », oct. 1978 : « La foi n’est pas à inventer. Avec tous les fidèles, les évêques la reçoivent de la Tradition ».

  

La foi est un don de Dieu

  12  St Jean, 6,44 : « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». 

 13  St Paul, 1 Corinthiens 2,5 : « Votre foi repose non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu ». 

 14  Concile Vatican II, Dei Verbum 5 : « Pour exister, cette foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité ».

 

La foi est aussi une réponse de l’homme 

 15  Jean-Paul II, A.G. du 19/06/1985 : « La foi est la réponse consciente et libre de l’homme à l’auto- révélation de Dieu … La foi est une œuvre de la grâce qui agit dans l’intelligence et dans la volonté de l’homme et, en même temps, elle est un acte conscient et libre du sujet humain ».

 16  Jean-Paul II, Alaska, 26/02/1981 : « La réponse de la foi est toujours une réponse d’enfant qui reconnaît Dieu comme Père ».

   

La foi dépend d’une annonce 

 17  St Paul, Romains 10,14-17 : « Mais comment invoquer celui en qui on n’a pas encore la foi ? Comment croire en Celui dont on n’a pas entendu parler ? Comment en entendra-t-on parler, s’il n’y a personne pour prêcher ? … Ainsi la foi vient de la prédication et la prédication c’est l’annonce de la Parole du Christ ».

  18  St Paul, 1 Corinthiens 9,16 : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ».

 

 La foi dépend de notre désir 

 19  Sagesse 1, 1-2 : « Cherchez le Seigneur avec un cœur simple car Il se laisse trouver par ceux qui ne veulent pas le mettre à l’épreuve, Il se manifeste à ceux qui ne refusent pas de croire en Lui ». 

 20  Jean-Paul II, Bénin, 16/02/1982 : « La foi est un don de Dieu à demander dans une prière ardente ». 

 21  Blaise Pascal : « Voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur, Dieu tempère sa connaissance, en sorte qu’il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent, et non à ceux qui ne le cherchent pas ».

  

La foi sauve l’homme du péché et lui ouvre les portes de la vie éternelle 

 22  St Jean 8,24 : « Si vous ne croyez pas que Je suis, vous mourrez dans vos péchés ». 

 23  St Luc 18,42 et St Marc 5, 34 et 10,52 : « Ta foi t’a sauvé ». 

 24  Hébreux 10, 38 : « Mon juste vivra par la foi ». 

 25  Actes Apôtres 4,12 : « Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en Lui ; car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés ». 

 26  Concile Vatican II, Apostolicam Actuasitatem  6 : « La mission de l’Eglise concerne le salut des hommes qui s’obtient par la foi au Christ et par sa grâce ». 

 27  Jean-Paul II, A.G. du 30/03/1987 : « Ne pas croire veut dire exactement : refuser le salut offert à l’homme par Dieu ».

 

 Le salut est offert à tous

  28  St Paul, 1Timothée 11,4 : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». 

 29  St Paul, 2 Corinthiens 5,15 : « Jésus-Christ est mort pour tous ». 

 

L’orgueil, obstacle à la foi 

 30  St Pierre 5,5 et St Jacques 4,6 : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne sa grâce aux humbles ». 

 31  St Jean 5,44 : « Comment pouvez-vous croire, vous qui cherchez votre gloire les uns des autres et ne recherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ». 

 32  St Paul, 2 Thessaloniciens 3,2 : « La foi n’est pas donnée à tous ». 

 33  St Matthieu 11,25-26 : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté ».

 

 Il  n’y a pas à tirer orgueil de ce que l’on a 

 34  St Paul, Ephésiens 2, 8-9 : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas de nos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil. » 

 35  St Paul, 1 Corinthiens 4,7 : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu et si tu l’as reçu, pourquoi t’en enorgueillir comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

  

Faire grandir sa foi 

 36  Jean-Paul II, Redemptoris missio 2 : « La foi s’affermit lorsqu’on la donne ».

  

Les fruits de la foi 

 37  St Jacques 2,17 : « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte ». 

 38  Jean-Paul II,   Euntes in mundum, 25/01/1988 : « Nous savons et nous soulignons que, lorsqu’on reçoit le Christ par la foi, lorsqu’on fait l’expérience de la présence dans la communauté et dans la vie personnelle, des fruits sont produits dans tous les domaines de l’existence humaine ». 

 39  Jean-Paul II, aux évêques hollandais, 22/01/1983 : « La vie de foi se manifeste surtout par la participation à la vie liturgique et sacramentelle, ainsi que par une vie de prière constante ».

    

02 janvier 2017

L'ABSTINENCE DE VIANDE LE VENDREDI

  En France, depuis la suppression de cette loi par l’Episcopat, en décembre 1966, la pratique semble avoir plus ou moins disparu. Pourtant, l’intention n’était pas de l’abandonner mais de la remplacer éventuellement par d’autres œuvres de pénitence (privation d’alcool, de friandises, …). Cette pratique garde-t-elle toute son importance ? Avons-nous raison de la laisser se perdre ? Quelle est la position exacte de l’Eglise ?

La pénitence, dans la Constitution apostolique Paenitemini du 17/02/1966

  Ce texte postconciliaire signé par Paul VI présente le sens et l’importance du précepte divin de la pénitence dont le terme ultime est d’aimer Dieu et de s’abandonner à lui. Voici quelques extraits : « La pénitence est une exigence de la vie intérieure. Sa nécessité est particulièrement urgente dans la société d’aujourd’hui. A aucune époque la vraie pénitence ne peut faire abstraction d’une ascèse également physique. Tout notre être, en effet, corps et âme, doit participer activement à l’acte religieux par lequel la créature reconnaît la sainteté et la majesté de Dieu. Le devoir de la pénitence est motivé surtout par la participation aux souffrances du Christ. Il y a trois façons principales de satisfaire au précepte divin de la pénitence : la prière, le jeûne, et les œuvres de charité. L’Eglise a toujours spécialement prôné l’abstinence de viande et le jeûne. »

Les jours de pénitence pour l'Eglise universelle dans le Code de droit canonique de 1983

  Canon 1249 : « Tous les fidèles sont tenus par la loi divine de faire pénitence chacun à sa façon ; mais pour que tous soient unis en quelque observance commune de la pénitence, sont prescrits des jours de pénitence durant lesquels les fidèles s’adonneront d’une manière spéciale à la prière et pratiqueront des œuvres de piété et de charité, se renonceront à eux-mêmes en remplissant plus fidèlement leurs obligations propres, et surtout en observant le jeûne et l’abstinence selon les canons suivants.

  Canon 1250 : « Les jours et temps de pénitence pour l’Eglise tout entière sont chaque vendredi de toute l’année et le temps de Carême. »

  Canon 1251 : « L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Evêques, sera observée chaque vendredi de l’année. »

Les dispositions de la Conférence épiscopale française de 1984 

  « Les catholiques doivent traduire en actes, d’une manière habituelle, leur volonté de se conformer à Jésus-Christ, notre Sauveur, d’approfondir la conversion baptismale, de rejoindre tous ceux qui, près de nous et à travers le monde, sont dans la souffrance ou le besoin : Tous les vendredis de l’année, en souvenir de la Passion du Christ, ils doivent manifester cet esprit de pénitence par des actes concrets, soit en s’abstenant de viande ou d’alcool ou de tabac … soit en s’imposant une pratique plus intense de la prière et du partage. »

Plusieurs conférences épiscopales ont décidé de rétablir la loi de l’abstinence du vendredi

  Les évêques d’Angleterre et du pays de Galles prennent cette décision en mai 2011, au terme de leur assemblée plénière. Ils invitent tous les fidèles, dès le 16/09/2011, jour anniversaire de la visite apostolique de Benoît XVI de l’année précédente au Royaume Uni, à s’abstenir de consommer de la viande. Et pour ceux qui ne consomment pas habituellement de viande à se priver d’une autre nourriture. Tous sont invités à ajouter à cette privation un acte particulier chaque vendredi en mémoire du jour où le Christ est mort. Il est « important », remarque la Conférence épiscopale, « que tous les fidèles soient unis dans une célébration commune de pénitence du vendredi » afin également, de donner un « signe clair et distinct de leur identité catholique. »

  Le cardinal Dolan, Président de la Conférence des évêques américains, le 12/11/2012, déclare lors de l’Assemblée plénière : « Le travail de notre Conférence dans les années qui viennent doit inclure une réflexion sur le retour du vendredi comme jour particulier de pénitence, ce qui comporte le rétablissement de l’abstinence tous les vendredis et pas seulement pendant le Carême. »

Récapitulons les principaux arguments qui plaident en faveur de la pratique de l’abstinence chaque vendredi

-  Elle maintient une volonté de pénitence régulière en mémoire de la Passion du Christ.

-  Elle associe le corps à la vie spirituelle.

-  Elle rend visible un témoignage d’union au Christ.

-  Elle rapproche les baptisés dans une observance commune.

-  Elle nous unit par cette tradition ancienne à tous ceux qui nous ont précédés et notamment aux saints qui ont été fidèles à cette discipline.

Il ne s’agit pas cependant de remplacer la viande par du poisson

  Aucune loi religieuse n’a jamais demandé cela. Simplement, il a été admis à l’époque médiévale que l’on pouvait consommer du poisson le vendredi car celui-ci est un aliment maigre qui n’était pas considéré comme un met de choix. Plus tard, l’habitude de manger du poisson est devenue un moyen d’affirmer une identité chrétienne. Il se trouve effectivement que le poisson était le symbole des chrétiens dans les premiers temps de l’Eglise. En effet, le mot grec ICHTHUS qui veut dire poisson correspond à l’acronyme de Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur (Iesous CHristos THéou Uios Soter). Cependant, le fait de manger du poisson le vendredi, plat finalement appréciable, ne nous rapproche pas vraiment de l’esprit de la pénitence qui est un esprit de sacrifice et de privation. Aux yeux des non-croyants, nous paraissons ridicules si nous expliquons que nous faisons pénitence le vendredi par amour du Christ pour nous unir à son sacrifice en remplaçant la viande par du poisson.

Conclusion

  Il n’est pas souhaitable d’abandonner un à un tous les signes extérieurs communs de la foi et toutes les exigences qui expriment l’union au Christ. L’intention des épiscopats qui ont supprimé la loi de l’abstinence était plutôt de renforcer l’esprit de pénitence en favorisant aussi d’autres expressions sans supprimer pour autant l’expression traditionnelle de l’abstinence de viande du vendredi qui reste une pratique juste et bonne. Certes, quelques fidèles vivent la loi de pénitence par des actes qui vont au-delà de ce minimum, mais dans la pratique, la très grande majorité n’a pas remplacé cet acte de pénitence du vendredi par d’autres actes. Le résultat est bel et bien un triste abandon à l’inverse de ce qui était espéré à l’origine. Si on veut être fidèle à l’esprit de la loi, nous devons nous encourager à vivre ensemble cette abstinence et apporter de cette manière un témoignage  communautaire visible d’union au Christ souffrant et de communion entre nous.